<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.communautarisme.net/capve/xml/atom.xsl" type="text/xsl" media="screen"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.communautarisme.net/capve/xml/atom.css" type="text/css" media="screen"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>Cap Vivre Ensemble | Recherches sur le nationalisme basque</title>
 <subtitle><![CDATA[Dernières infos du site de l'association CapVE sur le nationalisme basque]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.communautarisme.net/capve" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="http://www.communautarisme.net/capve/xml/atom.xml" />
 <id>http://www.communautarisme.net/capve/</id>
 <updated>2010-03-19T13:12:00+01:00</updated>
  <entry>
   <title>Feu le département basque</title>
   <updated>2009-11-18T22:54:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Feu-le-departement-basque_a147.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-1665456-2246000.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-10-26T16:51:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il y a dix ans, le 9 octobre 1999, se déroulait à Bayonne une grande manifestation réclamant la création d’un département « Pays basque » (on avait abandonné l’appellation département basque qui laissait un arrière-goût d’ethnicisme, pour ne pas dire plus).  Le 9 octobre 2009, des membres de l’association Batera déposaient à la sous-préfecture de Bayonne « 16 boîtes qui contiennent une pétition ayant réuni 32049 signatures exactement –issues d’un trentaine de communes– afin de réclamer une consultation sur cette question (de la création d’un département Pays basque). » (Sud-Ouest du 10/10/2009). Ils « étaient reçus par … (le) secrétaire général de la sous-préfecture, en l’absence du sous-préfet. » C’est dire l’importance accordée au sujet… Ces boîtes étaient, aux yeux de tous, des urnes funéraires.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/1665456-2246000.jpg" alt="Feu le département basque" title="Feu le département basque" />
     </div>
     <div>
      <b>PAVANE POUR UNE        <br />
       REVENDICATION DÉFUNTE. </b>       <br />
               <br />
       <b>PREMIER MOUVEMENT</b>       <br />
       La manifestation du 9/10/1999 marqua le sommet de l’action du lobby pour un département basque de l’époque, menée par deux associations, l’une se voulant issue des « forces vives » avec à sa tête un ancien président de la CCI, l’autre regroupant des élus du Pays basque, animée par un banquier à la retraite déçu de n’avoir pu mener une carrière politique locale au delà d’un poste de conseiller municipal. Ceci relève aujourd’hui de l’anecdote, sauf qu’il est intéressant de noter que les <span style="font-style:italic">abertzale</span> (nationalistes basques) qui étaient pourtant à l’origine de l’idée (<span style="font-style:italic">Enbata</span> en 1963) prenaient soin de ne pas se montrer sur le devant de la scène revendicatrice (même s’ils n’en étaient pas absents).       <br />
       12.000 personnes selon les organisateurs, 8.000 selon la Préfecture qui avait fait survoler la manifestation par un hélicoptère. La presse locale qui appliquait équitablement en la matière la recette du pâté d’alouette (un cheval en faveur des pro-département, une alouette pour les opposants) trancha, sans le moindre élément objectif : 10.000 manifestants. Le Préfet, nouvellement nommé dans le département des Pyrénées-Atlantiques, apprit ainsi, à ce qu’il nous dit, à connaître la manière dont les media rendaient compte des affaires relatives à la question basque.       <br />
              <br />
       Mais la création d’un département est du domaine de la loi ; à défaut de pouvoir persuader une majorité de députés de l’intérêt de la chose, il fallait en convaincre le gouvernement. Rendons grâce au Premier Ministre Jospin de deux nominations.        <br />
       La première, celle de JP Chevènement au ministère de l’Intérieur, donc en charge des Collectivités locales : pour lui, les notions républicaines d’égalité des citoyens devant la loi et d’unicité du peuple français n’étaient pas vides de sens. Il ne fit rien qui pouvait paraître favorable au département Pays basque.        <br />
       La seconde est celle de la député PS de la 5e circonscription des P.A. à la tête d’un obscur Secrétariat d’Etat. Elle était d’autant plus favorable à la scission du département des P.A. que cette position lui permettait de ramener sur son nom au second tour des législatives les voix obtenues par les <span style="font-style:italic">abertzale</span> au premier tour et de battre son adversaire Alain Lamassoure. Mais, par application d’une règle établie par le général de Gaulle, elle dut céder son poste de député à son suppléant, farouchement anti-département, et elle dut appliquer le principe de solidarité gouvernementale et donc en dire le moins possible sur ce sujet.       <br />
              <br />
       Malgré les nombreuses gesticulations des uns et des autres, l’idée de création d’un département Pays basque piétinait, au grand dam des <span style="font-style:italic">abertzale</span> qui voyaient là « la première marche de l’escalier qui conduira à la réunification (sic) d’Euskal Herria. » C’est pourquoi, parmi eux, un groupe de jeunes membres d’<span style="font-style:italic">Abertzaleen Batasuna</span> ayant compris que l’argument politique seul ne pouvait faire aboutir leurs revendications, créaient « démocratie en Pays basque » en se présentant en « défenseurs » de la langue basque. Les « démo » comme ils se faisaient appeler, se lançaient dans des opérations spectaculaires pour le plus grand plaisir des médias locaux qui les suivaient pas à pas.       <br />
              <br />
       <b>SECOND MOUVEMENT</b>       <br />
       Après la présidentielle de 2002, le Premier ministre Raffarin annonçait que sa grande œuvre serait la décentralisation, impliquant une réforme des collectivités territoriales, notamment régions et départements. Mais il précisait immédiatement que son intention n’était pas de diviser mais plutôt de rassembler. Tout le monde ici comprit le message implicite.        <br />
       Sauf Alain Lamassoure, du haut de sa fonction de président du Conseil des élus du Pays basque. Il avait réussi, après bien des manœuvres, à se faire désigner à la tête de cet organisme sans pouvoir exécutif lié à l’existence du pays (au sens des lois Pasqua-Voynet) « Pays basque ». Il pouvait alors exhiber sur sa carte de visite un ancrage local en plus de son engagement européen. Il se lançait dans des digressions en tout genre sur les référendums locaux ou la nécessité d’institutions spécifiques au Pays basque.       <br />
              <br />
       Les partisans du département Pays basque, tirant les leçons des expériences précédentes annoncèrent la création d’une nouvelle association <span style="font-style:italic">Batera</span>, avec quatre revendications, ce qui permettait d’élargir leur domaine d’intervention et leur public : la co-officialisation de l’<span style="font-style:italic">euskara</span>, le département Pays basque, une Chambre d’agriculture du Pays basque et une université de plein exercice à Bayonne.       <br />
       L’empreinte des nationalistes est ici évidente.       <br />
       La première revendication est, bien plus qu’un département, un premier pas vers l’autonomie du territoire concerné. Elle est calquée sur la situation de la Communauté Autonome Basque où l’espagnol et le basque sont les deux langues officielles. Elle prend appui sur un sentiment commun à tous les bascophones, la nécessaire défense de leur culture et de leur langue. La confusion recherchée se produira puisqu’on verra des participants aux manifestations de <span style="font-style:italic">Batera</span> déclarer qu’ils sont là pour la défense de la langue basque.       <br />
       La troisième revendication est liée à celle du département puisqu’en France, il n’existe qu’une Chambre d’agriculture par département. Le syndicat agricole ELB, proche des <span style="font-style:italic">abertzale</span> par ses dirigeants, apportera à <span style="font-style:italic">Batera</span> le renfort de ses troupes (50 % des voix chez les agriculteurs du Pays basque, voir notre article « <a class="link" href="http://communautarisme.net/capve/Les-masques-sont-de-saison-a-Bayonne_a78.html?preview=1">Les masques tombent à Bayonne</a> »).       <br />
       La quatrième revendication est aussi calquée sur la situation de la CAB où existe une université du Pays basque, active dans les « capitales » des trois <span style="font-style:italic">provincias</span> de la Communauté. Aujourd’hui n’existe à Bayonne qu’une antenne de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA).       <br />
       Enfin, un signe qui ne trompait pas : la nomination au poste de « coordinateur principal » de Jean-Noël Etcheverry. Cet apparatchik de l’« abertzalisme » qui fut permanent d’<span style="font-style:italic">Abertzaleen Batasuna</span> sait créer l’événement : parmi ses références, la création du festival de rock basque de St Martin d’Arrossa et la fondation des « démo ».       <br />
              <br />
       L’« exploit » de <span style="font-style:italic">Batera</span> fut la campagne de recueil de signatures en vue de la mise en œuvre d’un référendum local sur la création du département Pays basque. On retrouvait à cette occasion tous les ingrédients qui font ces affaires tordues agitant régulièrement le <span style="font-style:italic">mundillo</span> politico-médiatique local. Au départ une volonté des abertzale et autres autonomistes d’occuper le terrain politique : il faut donner l’impression que les questions mises en avant procèdent des préoccupations principales de la population. Peu importe que l’argumentation présentée soit complètement spécieuse. C’était à l’évidence la cas ici puisque la création d’un département est du domaine de la loi (voir notre article « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/Supercherie-a-tous-les-etages_a56.html?preview=1">Supercherie à tous les étages</a> »).        <br />
       Certains notables locaux jouaient avec naturel les « idiots utiles » (voir notre article « <a class="link" href="http:///www.communautarisme.net/capve/Nouvelle-poussee-de-fievre-article-du-bulletin-CAPVE-n-22_a74.html?preview=1">Nouvelle  poussée de fièvre</a> »). Les grands élus, notamment les parlementaires, comme le député-maire de Bayonne ou le sénateur-maire de Biarritz, se taisaient ou assuraient le service minimum. Ils devraient tout de même être capables, s’ils en avaient la volonté politique, d’expliquer le sens d’un texte législatif ou réglementaire… Les médias locaux, ravis de trouver matière à développements, se précipitaient sur le sujet. Mais ils évitaient tout approfondissement ou tout commentaire qui pourrait fâcher : les textes officiels (lois et règlements) doivent être inaccessibles aux journalistes. C’est ça la presse de non-investigation… Le maelström était lancé et allait alors s’auto-alimenter.        <br />
              <br />
       Mais les faits sont tenaces et même un cyclone finit par s’épuiser. Les signatures recueillies proviennent « d’une trentaine de communes » nous apprend <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span>. Quelles sont ces communes, parmi les 549 qui forment le département des Pyrénées-Atlantiques ? Et que faire de ces signatures ? On s’en débarrassera subrepticement à la sous-préfecture. On ne prendra même pas le risque de se présenter devant le Conseil général à Pau…       <br />
              <br />
       <b>FINALE</b>       <br />
       Finalement, c’est globalement un échec pour <span style="font-style:italic">Batera</span> et ses quatre revendications. Les nationalistes basques et leurs alliés le reconnaissent plus ou moins explicitement.       <br />
       <span class="fluo_rose"><span style="font-style:italic">Batasuna</span></span>, bras politique de ETA au nord et au sud de la frontière, a toujours trouvé trop tiède cette revendication d’un département. Il lui préfère celle plus radicale d’autonomie, s’alignant sur les positions du grand frère ETA.        <br />
       Le <span class="fluo_rose">PNB</span> (branche du <span style="font-style:italic">Partido Nacionalista Vasco</span>) en fut un chaud partisan, car un département Pays basque aurait mieux pu faire corps avec la Communauté autonome basque voisine, gouvernée alors par le PNV.C’est pourtant le PNB qui exprima le premier, en avril 2009, dans un communiqué, la mort du département : « … la pertinence d’un département Pays basque est posée ».  Mais c’est pour le remplacer aussitôt par un projet de « collectivité territoriale du Pays basque ».       <br />
       <span class="fluo_rose"><span style="font-style:italic">Abertzaleen Batasuna</span></span>, comme souvent (par exemple, quand il s’agit de condamner les attentats de ETA, voir la fin de notre article « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/Les-terroristes-et-les-autruches_a102.html?preview=1">Les terroristes et les autruches</a> »), ne s’exprime pas clairement sur le sujet, réclamant une hypothétique « consultation populaire » : « Seules des démarches politiques nouvelles et audacieuses pourront apporter ce changement institutionnel nécessaire à une normalisation politique. » (exemple de langue de bois dans un communiqué du 17/02/2009). Il est clair qu’AB n’est plus le moteur de la revendication d’un département qui n’est plus porteuse et qu’il s’est déjà tourné vers d’autres horizons. Ce qui explique la présence de Jean-Noël Etcheverry, devenu salarié d’une fondation financée par un syndicat nationaliste d’Euskadi, à la tête des manifestations genre écolo de la nouvelle association <span style="font-style:italic">Bizi !</span>, très suivies par les médias locaux.       <br />
              <br />
       Dans ces conditions, <span class="fluo_rose"><span style="font-style:italic">Batera</span></span> se retrouve sans troupe et les propos de ses participants à la réunion de mai 2009 (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 16/05/2009) sont empreints de la nostalgie des vieilles rengaines : « cette nouvelle organisation territoriale (proposée par la commission Balladur) est la chronique annoncée de la mort du département » (y compris du département Pays basque mort-né, comprend le lecteur…). Au point que le rédacteur de l’article se permet d’ironiser : « Alors <span style="font-style:italic">Batera</span> serait devenu le grand défenseur du département ? ».       <br />
              <br />
                                                                      * * * *        <br />
                                                                        ***
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/1665456-2246071.jpg" alt="Feu le département basque" title="Feu le département basque" />
     </div>
     <div>
      Après le retrait de facto de la revendication d’un département, peut-on considérer que le mouvement constitué par les <span style="font-style:italic">abertzale</span> et leurs alliés objectifs, régionalistes ou autonomistes, s’essouffle ? Sans doute pas.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_vert">1.</span> D’abord parce que la « basquité active », selon l’expression de l’anthropologue Pierre Bidart, reste vive dans certains milieux et est soutenue par l’air du temps. On peut s’en rendre compte même dans le courrier des lecteurs de <span style="font-style:italic">Sud-Ouest Dimanche</span>. Le 5/09/2009, un lecteur bayonnais, M. Goldring, fustigeait une revendication d’autonomie du Pays basque qui se déclarait démocratique alors que les différents partis qui s’en réclament « obtiennent avec une grande régularité moins de 10% des voix » aux élections. La réponse ne se fit pas attendre (12/09/2009) : « Nous sommes un peuple avec une langue, une culture, une université propre, des traditions, une histoire. Nous ne sommes pas un melting-pot culturel. Nous ne représentons peut-être que 10 % de la population du Pays basque nord (et non du Pays basque français), c’est peut-être vrai sur le plan politique puisque nous avons été colonisés par les jacobins français. M. Goldring ne peut pas s’exprimer au nom des Basques, faisant partie des 90 % restants, il ne revendique pas sa basquitude, il ne l’est pas. Il n’y a pas de purification ethnique ou de terrorisme politique. Il y a simplement l’affirmation d’une identité propre dont M. Goldring ne fait pas partie. »         <br />
       Ces propos ont le mérite de la clarté. On peut en entendre ailleurs de moins abrupts, mais tout aussi significatifs.       <br />
       « Le Pays Basque a une spécificité reconnue qui doit être rappelée et traité en conséquence. » insiste, le 13/02/2009, Jean-Baptiste Etcheto, président du Conseil de développement du Pays basque, dans une interview à Eitb.com, le site de la radio-télévision d’Euskadi. D’où vient cette « spécificité » ? De la partie de ses habitants se qualifiant de « Basques » ? Le président n’apporte pas de précisions sur ce point. Or, comme le fait remarquer avec satisfaction l’interviewer et comme on le constate sur la photo illustrant l’article, « l’<span style="font-style:italic">ikurriña</span> est en bonne place dans (son) bureau ». Rappelons que ce drapeau a été conçu vers 1850 par les fondateurs du nationalisme basque et qu’il est devenu le drapeau officiel de la Communauté autonome basque à la naissance de celle-ci. Ce drapeau, là ou il est placé, bien en apparence, a bien sûr une signification :  par exemple « nous sommes un peuple etc. » voir la suite plus haut.        <br />
       « En politique, les symboles comptent plus encore que les déclarations » écrit l’éditorialiste de <span style="font-style:italic">Courrier International</span> (n° 990). La « basquité » la plus active ne se trouve pas toujours là où elle se manifeste le plus.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_vert">2.</span> Ensuite parce que les opinions de certains élus locaux fluctuent en fonction de leur intérêt électoral. On a cité plus haut M. Lamassoure. Les palinodies de Jean-Jacques Lasserre qui fut de 2001 à 2008 président du Conseil général des P.A. constituent un vrai cas d’école. À ce poste, il fut un adversaire ardent de la scission du département ; normal, il n’allait pas se faire hara-kiri. En 2003, il fit approuver par le Conseil une « stratégie territoriale fondée sur un diagnostic du territoire des Pyrénées-Atlantiques » qui « s’appuie sur l’existence en P.A. de plusieurs systèmes territoriaux différents, ce qui induit des politiques territoriales différenciées » (magazine du C.G. du 3e trimestre 2003). L’étude déterminait « quatre systèmes territoriaux distincts, aux caractéristiques diversifiées, … fortement indépendants » et qui n’avaient rien à voir avec la séparation habituelle Pays basque-Béarn. Sans doute effrayé de sa propre audace, M. Lasserre s’empressa de ne rien faire de cette étude. Aujourd’hui, un autre président du C.G. a été élu au bénéfice de l’âge car il n’y a plus de majorité dans l’assemblée. M. Lasserre se console ( ?) de la perte de son titre en occupant le poste de président du Conseil des élus du Pays basque. Il ne jure que par les spécificités du territoire Pays basque et a complètement passé à la trappe l’étude qu’il patronna en 2003 ; normal, il ne va pas se faire hara-kiri et sacrifier un possible avenir… sénatorial.       <br />
              <br />
       Ainsi le Conseil des élus et le Conseil du développement nous invitent à des « réflexions/chantiers » sur le thème « Aménageons le Pays basque » par une plaquette qui commence par cette phrase : « Comment appréhender l’aménagement et l’urbanisme futur de notre territoire ? ». Pourtant, nous disait-il à l’époque, en 2003, l’étude ne fait que prendre en compte des réalités sociales, économiques et démographiques, évidentes pour tous ceux qui ne sont pas aveuglés par des considérations politiques.       <br />
       Aujourd’hui il a oublié que Bayonne, « capitale » du Pays basque pour certains, est limitrophe du département des Landes et qu’il existe depuis 2000, un SCOT de l’agglomération de Bayonne et du sud des Landes.        <br />
              <br />
       Le projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales mentionne dans l’article 12, « l’abrogation du  dispositif des pays ». Qui va regretter la disparition du Conseil des élus du Pays basque ?       <br />
              <br />
       <span class="fluo_vert">3.</span> Enfin, parce que les médias locaux s’alimentent de ces « spécificités », manifestations politiques, culturelles, folkloriques ou même sportives. Est-ce vraiment utile pour eux et nécessaire pour l’information de leur public de se précipiter à la moindre conférence de presse tenue par le nième « collectif » en faveur de l’autonomie du Pays basque ou de la défense de la langue basque menacée, et d’en rendre compte le lendemain ? Il y a des jours où le citoyen lambda se sent submergé par le flot de la « basquitude ».       <br />
              <br />
       ---------------------------       <br />
              <br />
       Des revendications avancées par <span style="font-style:italic">Batera</span> et d’autres, qui ont abouti à des impasses, il ne reste que des considérations ethnocentriques<span class="fluo_jaune">*</span> qui tendent à distinguer ou même à séparer ce territoire du reste de la nation. Arrivera-t-il le jour où certains (la majorité) de ses habitants seront considérés comme des intrus parce qu’étrangers à la culture basque ?        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">(*) ethnocentrisme</span>, subst. masc. « Comportement social et attitude inconsciemment motivée qui conduisent à privilégier et à surestimer le groupe racial, géographique ou national auquel on appartient, aboutissant parfois à des préjugés en ce qui concerne les autres peuples »       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Feu-le-departement-basque_a147.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le dit et le non-dit</title>
   <updated>2009-10-29T23:47:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Le-dit-et-le-non-dit_a139.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-1128566-1446831.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-11-30T22:16:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un véritable tsunami d'obamania a submergé la France. Pour quelques propos documentés ou réfléchis, que n'a-t-on subi comme clichés, lieux communs et billevesées. On croyait avoir touché le fond avec « l'Obama français ». Or un ami nous adresse une tribune parue dans Le Journal du Pays Basque du 13/11/2008, signée Xipri Arbelbide (qui se dit « auteur »), intitulée (quelle originalité !) « Aurons-nous un Obama Français ? ». Ce papier aurait dû rejoindre les autres divagations de même type, sitôt oubliées que lues, mais notre association s'y trouvait interpellée. Malgré notre faible appétence pour les discussions stériles, nous nous sommes résolus à rédiger, non pas une réponse, mais quelques commentaires de lecture voire quelques digressions.
Pour un meilleure compréhension de l'ensemble, nous reproduisons ici la tribune initiale (en italique) paragraphe par paragraphe.

     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/1128566-1446831.jpg" alt="Le dit et le non-dit" title="Le dit et le non-dit" />
     </div>
     <div>
      <b>1er paragraphe</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">La France a massivement voté pour Obama. Ou pour être plus juste, 80 % des Français ont applaudi avec enthousiasme à l'élection d'un président de couleur aux Etats-Unis. Ils s'étonneraient même que les Américains n'aient donné que 52 % à ce métis. Mais il s'agit d'un enthousiasme à usage externe. Pas question que la France suive la même voie bien que Sud Ouest titre en première page «Aurons-nous un Obama français ?</span>       <br />
              <br />
       Ah ! Cette fringale des Français pour les sondages et surtout pour les commentaires qui les accompagnent... Nous avions, en son temps, saisi l'occasion d'un sondage local et de ses commentaires plus que contestables pour exprimer toute la méfiance que nous inspiraient ces pratiques (voir les articles « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/Decryptage-d-un-sondage-article-paru-dans-le-bulletin-CAPVE-n-9-_a134.html?preview=1">Décryptage d'un sondage</a> » dans notre bulletin n° 9 et « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/Decryptons,-encore-et-toujours-article-paru-dans-le-bulletin-CAPVE-n-10-_a135.html?preview=1">Décryptons, encore et toujours</a> » dans le bulletin n° 10).       <br />
       Dernièrement, on a donc demandé aux Français pour qui ils voteraient ... s'ils étaient Américains. Hypothèse des plus probables... Pourquoi pas, dans la foulée, une question du genre « si vous étiez cardinal, est-ce que vous voteriez en faveur d'un pape noir ? ». Et ensuite, chacun pourrait gloser sans fin sur le fait qu'une église qui se veut universelle et qui a aujourd'hui une majorité d'adeptes en dehors de l'Europe continue à se choisir un guide suprême européen comme elle le faisait au XIV e siècle.       <br />
              <br />
       <b>2e paragraphe</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">Aux USA il ne s'agit pas d'une génération spontanée. Les hommes de couleur comptent là-bas plus de 50 députés, et quatre gouverneurs, tous élus par le peuple : le premier de ces derniers, Douglas Wilder, a été élu il y a une vingtaine d'années... en Virginie, haut lieu de la ségrégation. Cela fait un quart de siècle que le parti démocrate avait démocratiquement choisi comme candidat au même poste pour la Californie, Tom Bradley, le maire de Los Angeles, deuxième métropole des USA. Mais il y eut ce que l'on appelle depuis, «l'effet Bradley». Le fruit n'était pas encore mûr.</span>       <br />
              <br />
       Notre « auteur » semble fort renseigné sur la situation politique aux USA. Pourtant, il ne rappelle pas que Barack Obama a commencé sa carrière politique (élection au Sénat de l'Illinois) dans une circonscription électorale de Chicago (district 13) où seul un Noir pouvait être élu : pour les primaires correspondantes du parti démocrate, il n'y avait d'ailleurs que des candidats noirs. Car, aux USA, s'il y a maintenant égalité dans les droits civiques,  la ségrégation sociale et partant géographique est encore de mise. Le passage de l'ouragan Katrina sur la ville de La Nouvelle-Orléans nous en a donné la démonstration. Une partie des habitants, celle qui vivait dans les quartiers les plus exposés, a dû être évacuée. « La Nouvelle-Orléans qui était une ville à majorité noire est devenu une ville blanche » lit-on dans l'article de Wikipédia sur les « <a class="link" href="http:///fr.wikipedia.org/wiki/Conséquences_de_l'ouragan_Katrina_sur_la_Nouvelle-Orléans">Conséquences de l'ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orléans</a> ». Quant à l'assimilation, les mariages mixtes ne sont pas légion. Emmanuel Todd a d'ailleurs coutume de rappeler que « le taux de mariage mixte des femmes noires reste insignifiant ».       <br />
              <br />
       <b>3e paragraphe</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">En France, par contre, il n'y a aucun préfet fils d'immigré : ils sont nommés par le gouvernement. Mais il n'y a pas non plus, je l'ai déjà écrit, un seul député ou sénateur de couleur élu par les Français de l'Hexagone alors que les immigrés représentent près de 10 % de la population. En ce pays où le fronton de la moindre mairie se doit de proclamer «égalité» !</span>       <br />
              <br />
       Il est question d'immigrés en France. Sans doute parce qu'on voit écrit ici ou là que Barack Hussein Obama est fils d'émigré kényan. Certes son père venait du Kenya, mais il y avait été remarqué par les missionnaires-enseignants qui l'avaient envoyé parachever ses études supérieures à Hawaï (cf Wikipédia). Il a rejoint ensuite une université américaine (Harvard). Tout cela grâce « au "pont aérien Kennedy" dans les années 1960, un programme américain qui offrait des bourses à des jeunes issus des nouvelles nations africaines pour aller poursuivre leurs études dans des universités américaines », comme le rappelle, dans un article publié par <span style="font-style:italic">The Guardian</span> et repris dans <span style="font-style:italic">Courrier International</span>, la kényane Wangari Maathai, prix Nobel de la Paix 2004. Après la séparation de ses parents et le remariage de sa mère, vers 10 ans, le petit Barack revient à Hawaï, 50e État des USA, chez ses grands parents maternels. Grâce à ses capacités intellectuelles et sans bénéficier de mesures particulières comme l'<span style="font-style:italic">affirmative action</span>, Barack Obama intégrera, comme son père, une université du continent (Columbia) et effectuera plus tard une brillante carrière universitaire. Sans forcer le trait, on peut dire que le 44e Président est un pur produit de la méritocratie américaine.       <br />
       « <span style="font-style:italic">En France, il n'y a aucun préfet fils d'immigré.</span> » Voilà que 44 ans après Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, notre « auteur » s'apprête à re-écrire <span style="font-style:italic">Les Héritiers</span>. On pourrait lui rappeler que l'entrée dans le corps préfectoral est règlementée, ce qui n'est pas le cas de la fonction ministérielle. C'est pourquoi  il y a  trois ministres « fils d'immigrés » dans ce gouvernement qui nomme les préfets, sans parler du Président de la République. On a bien vu la nomination d'un « préfet musulman », mais la religion est-elle vraiment un critère de choix dans un État laïque ?       <br />
       Sur la différence entre les systèmes politiques américains et français et sur la représentation politique, on peut lire avec intérêt sur le blog de Laurent Bouvet, professeur de science politique, l'article « <a class="link" href="http://laurentbouvet.wordpress.com/2008/11/10/un-obama-francais-est-il-possible/#more-777">Un Obama français est-il possible ?</a> »       <br />
              <br />
       <b>4e paragraphe</b>       <br />
        <span style="font-style:italic">Surtout ne voyez pas là de mise à l'écart systématique des gens de couleur d'Afrique du Nord, d'Afrique noire, d'Asie etc. Non ! Aucun relent de communautarisme ou d'identitarisme. Encore moins de racisme. C'est moi qui vais me faire accuser de ces vilains défauts pour avoir osé écrire qu'en France il y a des blancs, des noirs, des jaunes et même des Basques alors qu'il n'y a qu'un seul et unique peuple français.</span>       <br />
              <br />
       Notre « auteur » s'essaie à l'ironie, en chaussant de gros sabots. En plus,  il nous balance des mots en -isme, sans la moindre tentative d'un début de définition. Le procédé est classique pour semer la confusion. Fort à propos, l'« auteur » va mettre dans un même pot, « les blancs, les noirs, les jaunes et même les Basques » (qui ont droit, eux, à une majuscule). On est en pleine confusion intellectuelle ! Ce n'est plus alors le bout du nez qui pointe mais le museau tout entier. En plus, pour mieux taper sur les valeurs de la République, en l'occurrence la notion d'unicité du peuple français, il utilise pour cette notion juridique une formulation à sa façon.       <br />
       A propos de communautarisme, rappelons que nous avons publié dans notre bulletin n° 18 de larges extraits d'un article de Pierre-André Taguieff intitulé « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Vous-avez-dit-communautarisme-_a1.html">Vous avez dit communautarisme ?</a> » dans lequel étaient données quatre définitions possibles de cette  «  notion floue ». On y trouve cette phrase : « La communautarisation constitue une contestation interne de la construction nationale ». Nous sommes bien dans le sujet, non ?       <br />
       « Identitarisme » est un terme utilisé par les mouvements de l'extrême droite européenne. Il ne fait pas partie de notre vocabulaire.       <br />
       Quant à la notion d'« unicité du peuple français », nous l'évoquions, en nous inspirant des travaux du professeur de droit public Gérard Marcou, dans notre brochure n° 11, à l'article « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/Vous-avez-dit-Republique-article-paru-dans-notre-bulletin-n-11-_a140.html?preview=1">Vous avez dit République ?</a> ». Nous écrivions alors : « Dans sa décision du 9 mars 1991 sur la Corse, le Conseil (Constitutionnel) indique que « la Constitution ne connaît que le peuple français composé de tous les citoyens français sans distinction d'origine de race et de religion. » » Plus loin : (Avec sa décision sur la Charte européenne des langues régionales), « le Conseil est resté fidèle à l'apport fondamental de la Révolution, qui avait été de fonder la nation sur la citoyenneté, c'est-à-dire sur la liberté politique dans le cadre d'une constitution librement acceptée. » Évidemment, on peut avoir la nationalité française, ne pas se considérer comme un citoyen français et alors refuser la Constitution Française. Mais elle s'impose à tous...       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/1128566-1451409.jpg" alt="Le dit et le non-dit" title="Le dit et le non-dit" />
     </div>
     <div>
             <br />
              <br />
       <b>5e paragraphe</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">Les militants de Cap-Vivre ensemble ou ceux du Parti Socialiste Bayonnais, bien ancrés à la gauche de leur parti (le dernier vote le confirme) ne me contrediront pas. Mais ils ne m'ont toujours pas expliqué pourquoi il n'y a ni noir, ni arabe parmi les 900 parlementaires hexagonaux du Palais Bourbon et du Palais du Luxembourg.</span>       <br />
              <br />
       Voilà que l'« auteur » nous interpelle : « <span style="font-style:italic">Les militants de CAP Vivre Ensemble ne nous contrediront pas.</span> » Mais, avant de <span style="font-style:italic">contre-dire</span>, il faudrait d'abord comprendre ce que l'interlocuteur veut <span style="font-style:italic">dire</span>.  Avouons que jusqu'à présent, ceci nous est bien difficile. Peut-être s'il avait osé aller jusqu'au bout de sa démarche...  Certes, le lecteur peut discerner dans l'article une contestation latente de la République et de ses valeurs, mais on se demande si l'arbre ne cache pas une vrai forêt.       <br />
       Il faudrait que l'« auteur » explicite ce qu'il entend lorsqu'il mentionne (en minuscule) « noir » et « arabe ». « Noir », nous pourrions encore comprendre « de race noire », mais « arabe » ? Certes, on parle de « pays arabes » mais, que nous sachions, la France ne fait pas partie du lot. L'« auteur » évoque-t-il les personnes nées dans un de ces pays ? Ou les personnes dont les parents sont nés dans un de ces pays ? Ou les personnes dont l'arabe est la langue maternelle ? Lui qui semble un chantre de la diversité, englobe-t-il dans l'appellation « arabe », les Berbères d'Algérie et du Maroc dont la langue maternelle est une forme du tamazghirt ? Pour notre part -- <span style="font-style:italic">mea culpa</span> -- nous ne pourrions « <span style="font-style:italic">expliquer pourquoi il n'y a pas d'Arabe parmi les parlementaires</span> » parce que nous n'abordons pas les problèmes posés par la démocratie représentative par ce biais.       <br />
       Par contre, nous nous sommes clairement prononcés, dans l'article « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/Proche,-si-proche,-tout-contre-article-paru-dans-le-bulletin-CAPVE-n-13-_a132.html?preview=1">Proche, si proche, tout contre</a> » qui traitait de la décentralisation dans notre bulletin n° 13, pour le non-cumul des mandats. Cette mesure amènerait automatiquement un renouvellement dans la caste des élus nationaux et locaux.       <br />
       L'« auteur » voudrait nous faire dire que les parlementaires ne sont pas représentatifs de la diversité de la population française. Mais il faudrait préciser les critères d'appréciation de cette diversité. Pour l'« auteur », il s'agit, si nous l'avons bien compris, de critère de race. Pour d'autres, il s'agit de critère socio-professionnel. On pourrait ajouter la fortune personnelle, le niveau d'étude, la  filiation, etc. Les études de sociologues sur le sujet sont nombreuses. Bornons-nous à renvoyer l'« auteur » (et nos lecteurs) au blog de Christophe Bouillaud, professeur de sciences politiques à l'IEP de Grenoble et à son article « <a class="link" href="http://bouillaud.wordpress.com/2008/11/12/un-obama-francais/">Un Obama français ?</a> ».       <br />
       D'autre part, placer côte à côte CAP Vivre Ensemble et le PS bayonnais n'est pas très judicieux. Notre association se veut en dehors de tout parti politique. Ses membres n'admettraient aucune compromission avec le nationalisme basque, de celles qui tentent régulièrement les dirigeants du PS bayonnais. Ainsi, récemment encore, ceux-ci ont jugé pertinent de faire figurer, dans la liste qu'ils présentaient aux dernières municipales, un membre es qualité du parti indépendantiste Eusko Alkartasuna. Qu'est-ce que ce parti, EA, venant d'Euskadi, que quasiment personne ne connaît ici ? Barbara Loyer, dans son livre « Géopolitique du Pays basque » (L'Harmattan, 1998) nous renseigne : « En 1984, le PNV connut une scission qui aboutit à la naissance d'un autre parti nationaliste, Eusko Alkartasuna, plus nettement indépendantiste. » ; et plus loin : « EA se définit donc comme une option nationaliste  réclamant l'introduction du droit à l'autodétermination dans la Charte constitutionnelle espagnole, mais refusant de s'écarter des voies démocratiques et non-violentes. » Si on souhaite rester dans l'actualité, on peut lire sur le site Internet de France 24 : « Allié traditionnel du PNV, le parti nationaliste basque de gauche Eusko Alkartasuna (EA) a récemment lancé, dans la perspective des élections régionales basques de mars 2009, un appel du pied aux indépendantistes radicaux, leur demandant de se distancier de la violence pour créer un "grand mouvement souverainiste" de gauche. » Construire une alliance avec ce parti, même pour des municipales à Bayonne, c'est normaliser cette option « souverainiste » ou « indépendantiste » pour le Pays basque. Le PS bayonnais l'a fait pourtant sans état d'âme, pour gagner quelques voix en vue d'une très hypothétique conquête de la mairie. À moins que, tout bêtement, il ait désiré se conformer à l'air du temps. C'est, pour nous, vendre son âme au diable.       <br />
              <br />
       <b>6e paragraphe</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">Nouvelle question : célébrer en France l'élection en Amérique d'un homme de couleur est-il aussi du communautarisme ou de l'identitarisme ?</span>       <br />
              <br />
       L'élection d'un président de l'hyper-puissance (selon la définition d'Hubert Védrine) que sont les États-Unis d'Amérique induit des conséquences dans le monde entier. Chacun y voit ce que bon lui semble et aura quatre ou peut-être huit ans pour juger si ses analyses ou ses espoirs du jour de l'élection étaient fondés. Wangari Maathai, dans l'article cité plus haut, après avoir rappelé qu'il y a quelques mois, le Kenya a été déchiré par un conflit ethnique, poursuit ainsi : « Aujourd'hui, Obama nous montre qu'une société peut élire son meilleur élément pour la diriger et tourner le dos aux catégories ethniques dans lesquelles nous nous sommes si souvent enfermés. Dans le monde entier, et particulièrement en Afrique, trop de dirigeants ont exploité les différences ethniques pour diviser leur peuple  et semer la misère et la discorde. (...) J'espère que les chefs d'État et de gouvernement de toute l'Afrique trouveront dans cette histoire une source d'inspiration. »       <br />
       Comme les signataires du « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Manifeste-republicain-pour-l-egalite-des-droits-et-contre-les-discriminations-positives-_a1030.html">Manifeste républicain pour l'égalité des droits et contre les discriminations positives</a> », nous avons noté que <span class="dq_open">«</span>&nbsp; M. Obama, contrairement à beaucoup de nos enfants issus de l’immigration, adhère pleinement aux valeurs de son pays d’adoption, à son drapeau, à son hymne national et à ses ambitions planétaires. Il semble, en particulier, n’avoir jamais évoqué, pour exiger une quelconque repentance, le passé esclavagiste de son pays, le génocide des Indiens ou son impérialisme impénitent de \"peuple élu\" appelé à la direction des affaires du monde. Au contraire, il n’a eu de cesse de revendiquer son attachement à l’histoire américaine, de s’en glorifier, d’exprimer son patriotisme et d’affirmer sa foi dans les grandes destinées de sa nation. &nbsp;<span class="dq_close">»</span> Ajoutons qu'il s'est clairement prononcé contre l'<span style="font-style:italic">affirmative action</span> et a déclaré qu'il voulait dépasser les querelles du passé.       <br />
              <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
       On connait la chanson. Ça devient même une rengaine. Elle est souvent interprétée par des acteurs du milieu culturel basque.       <br />
       1er couplet : La diversité culturelle est bénéfique à tous. Toute langue est un patrimoine de l'humanité. Sauvons la culture et la langue basques en danger. (applaudissements de rigueur ; qui n'approuverait pas le maintien des langues de France qui ont composé notre identité ?)       <br />
       2e couplet : Le jacobinisme républicain nous assassine. L'État français nous méprise. Débarrassons nous de cette oppression. Vive le peuple basque (on voit s'agiter des <span style="font-style:italic">ikurrina</span>)        <br />
       3e couplet (optionnel selon l'engagement de l'interprète) qui reprend les propos du <span style="font-style:italic">lehendakari</span> Ibarretxe devant le Parlement basque (cf l'article « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/Muda-el-lobo-los-dientes-mas-no-las-mientes-article-paru-dans-le-bulletin-CAPVE-n-17-_a109.html?preview=1">Muda el lobo los dientes más no las mientes</a>» dans notre bulletin n° 17) : L'existence du Peuple Basque ou Euskal Herria comme Peuple ayant une identité propre au sein de l'ensemble des peuples d'Europe, dépositaire d'un patrimoine historique, social et culturel distinctif, qui s'étend géographiquement sur sept Territoires articulés sur trois domaines juridiques et politiques différents et situés sur deux états. (...) Le Peuple Basque a le droit de décider de son propre avenir.        <br />
       « Et quand on est à court d'idées, on fait la la la, la la la » chantait Charles Trenet.       <br />
       On trouve ce genre de refrain dans tous les communiqués de ETA.       <br />
       _________________________________       <br />
               <br />
       <span class="fluo_rose">Sur l'identité individuelle</span>, Amartya Sen, prix Nobel d'économie 1998 a écrit dans son livre « Identité et violence » (éditions Odile Jacob, 2007) : « Nous appartenons tous, d'une manière ou d'une autre, à des groupes très différents, et chacune de ces collectivités peut nous conférer une identité forte. Il nous appartient de décider de l'importance que nous entendons donner à tel ou tel groupe parmi ceux auxquels nous appartenons. Cette décision fait intervenir deux étapes distinctes bien qu'interdépendantes : 1) la détermination de toutes les composantes de notre identité propre et  2) l'évaluation de leur importance relative. Ces deux étapes font jouer nos facultés de raisonnement et de choix. »       <br />
       <span class="fluo_rose">Sur la notion d'identité nationale</span>, nous nous référons une fois de plus à Dominique Schnapper : « L'identité nationale est vécu par chaque individu comme spontanée et naturelle. Elle est d'autant plus profondément intériorisée – au point de faire partie de la définition de soi --  que les institutions de la socialisation sont nationales. L'école, les formes de la vie et de la transmission familiales, les institutions politiques, les valeurs collectives sont différentes d'une nation à l'autre malgré un fond commun à tous les pays européens. Elles créent entre tous les nationaux, malgré les différences d'origines ou de croyances et les inégalités sociales qui les séparent, une communauté vécue comme immédiate. Ce sentiment est nourri par l'utilisation de la même langue, à la fois source d'émotions communes et instrument de la vie collective démocratique. » (extrait de l'article « La notion d'identité nationale : quelles significations ? » dans Les Cahiers français 342 « L'identité nationale » à La documentation française, janvier-février 2008)       <br />
              <br />
       C'est pourquoi certains propos ou procédés nous paraissent inspirés par un nationalisme de dissociation.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Le-dit-et-le-non-dit_a139.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Son cadre de pensée</title>
   <updated>2008-12-02T17:24:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Son-cadre-de-pensee_a131.html</id>
   <category term="Dans la presse" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-950646-1180286.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-05-29T22:21:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Nous reproduisons ici le mail que nous avons adressé à une journaliste de Sud-Ouest édition Pays basque après deux articles regroupés qu'elle écrivit sur le sujet des langues régionales.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/950646-1180286.jpg" alt="Son cadre de pensée" title="Son cadre de pensée" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Madame,       <br />
       Le journal <span style="font-style:italic">Sud-Ouest Pays basque</span> publie aujourd’hui deux articles que vous consacrez aux langues régionales, après les débats récents (7 mai et 22 mai 2008) à l’Assemblée nationale.        <br />
       Le premier est formé principalement  de l’analyse faite par le Président de l’Office public de la langue basque. Notre association se réjouit de connaître – enfin – son avis autorisé. Nous nous en réjouissons d’autant plus que nous avons l’impression que les deux textes que nous avons diffusés par notre site Internet et largement propagés auprès des élus locaux sont pour quelque chose dans cette publication. L’attentisme de M. Brisson ne nous surprend pas. À côté de ses propos, vous faites état des positions des uns et des autres. Vous allez même – une fois n’est pas coutume – jusqu’à évoquer notre dernier écrit.       <br />
       Le second article, en annexe pourrait-on dire, est censé informer le lecteur sur la situation de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires que la France n’a pas ratifiée. Le ton est tout différent. Vous vous gardez bien, alors que c’est un point qui revient sans cesse dans les discussions d’aujourd’hui comme d’hier, d’expliciter la décision n° 99-412 du 15 juin 1999 du Conseil Constitutionnel déclarant que cette Charte est contraire à la Constitution. Pourtant, c’est ce qu’avaient tenu à faire Mme Albanel et M. Warsmann, président de la Commission des lois, lors des débats mentionnés. Pour votre information, je vais donc citer une phrase (il y en a d’autres) de Mme Albanel : « Cette ratification engagerait notre noyau dur constitutionnel qui interdit de conférer des droits particuliers à des groupes spécifiques, et qui plus est sur des territoires déterminés ». Notez qu’on trouve l’intégralité des débats sur le site de l’A.N..       <br />
       Dans notre région, certains n’admettent pas un des principes fondamentaux de la République Française ; « Elle (la France) assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion » (article 1er de la Constitution). Ils n’admettent donc pas la décision du C.C. sur la Charte, qu’ils ramènent au seul argument de l’existence dans l’article 2 de la phrase « La langue de la République est le français ». Manifestement, ce n’est pas dans votre article que vos lecteurs trouveront des informations démentant cette thèse. Il est en effet bien difficile de sortir de son cadre habituel de pensée.       <br />
       Peut-être qu’un jour les décisions d’une institution fondamentale dans le fonctionnement de la République trouveront-elles dans <span style="font-style:italic">Sud-Ouest Pays basque</span> autant de retentissement que les communiqués ou les propos de <span style="font-style:italic">Batasuna</span>, d’<span style="font-style:italic">Abertzaleen Batasuna</span> et de leurs satellites. On peut toujours espérer…       <br />
       Salutations.       <br />
       Jacques Betbeder, association CAP Vivre Ensemble
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Son-cadre-de-pensee_a131.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>(Re)-tire ta langue ! ou Quand la procédure tient lieu de pensée.</title>
   <updated>2008-12-02T17:29:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Re-tire-ta-langue-!-ou-Quand-la-procedure-tient-lieu-de-pensee_a129.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-947328-1176057.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-05-26T18:34:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Les jours passent et ne se ressemblent pas… Le 7 mai, lors du débat sur la « déclaration du gouvernement sur les langues régionales », la ministre de la culture, Mme Christine Albanel, indiquait : « Le Gouvernement ne souhaite pas s’engager dans un processus de révision constitutionnelle pour ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. » Le 22 mai suivant, la garde des sceaux, Mme Rachida Dati, a donné un avis favorable à l’amendement proposé par la commission des lois qui tend, dit le rapporteur, à « donner un ancrage constitutionnel aux langues régionales » et à « compléter (sic) l’article premier de la Constitution en vue d’affirmer que ces langues régionales appartiennent au patrimoine de la France. » Bigre, l’article premier !!!                                                                                            <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/947328-1176057.jpg" alt="(Re)-tire ta langue ! ou Quand la procédure tient lieu de pensée." title="(Re)-tire ta langue ! ou Quand la procédure tient lieu de pensée." />
     </div>
     <div>
             <br />
       <b>On attendait Le Fur, ce fut Warsmann qui vint. </b>       <br />
       Pour le débat en cours sur la « modernisation des institutions », l’habituel amendement de M. Le Fur était prêt. « Lors de trois révisions constitutionnelles successives, je me suis exprimé pour l’introduction des langues régionales dans la Constitution » rappelait-il. M. Bayrou, autre habitué (cf. l’encadré « Le débat » dans notre brochure n° 15) avait également préparé son texte. Mais, ô surprise, un amendement fut proposé par le président de la commission des lois Jean-Luc Warsmann, agissant en la circonstance comme rapporteur de cette commission. Dans le débat précédent sur ce sujet, le 7 mai, le même M. Warsmann avait rejeté toute modification de la phrase de l’article 2, « La langue de la République est le français » et rappelé que « la Charte (des langues régionales ou minoritaires) remet en cause trois principes constitutionnels. » Il avait bien lu la décision n° 99-412 du Conseil constitutionnel.       <br />
       Que s’était-il passé entre temps ? Les députés sont en pleine préparation d’une importante révision de la Constitution que la commission Balladur avait précédemment proposée. Or, pour que cette révision aboutisse, il faut qu’elle soit votée par un certain nombre de députés de l’opposition. Certains s’y sont déjà déclarés favorables. Mais il faut en trouver d’autres. Pourquoi pas ceux qui sont favorables à la « reconnaissance » des langues régionales et qui se sont véhémentement manifestés le 7 mai. Mais il ne faut pas toucher à la fameuse phrase de l’article 2, car ce serait un casus belli pour d’autres parlementaires (les députés et les sénateurs doivent approuver un texte écrit dans des termes identiques avant la réunion du Congrès à Versailles). De plus, on ne peut se contredire à quinze jours d’intervalle.       <br />
       Alors jaillit l’idée géniale. M. Raffarin avait montré la voie en 2003. Il suffirait d’ajouter une phrase sans conséquence dans l’article 1 de la Constitution, qui déclarait initialement les principes fondamentaux de la République. « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » En 2003, M. Raffarin, grand gourou de la décentralisation, n’ayant pas réussi à  imposer le qualificatif « décentralisée »  à la suite des adjectifs de la première phrase, avait dû se contenter du rajout d’une phrase anodine « Son organisation est décentralisée » à la fin de l’article 1. De nombreux commentateurs s’étaient d’ailleurs demandé ce que cette phrase faisait là, dans la Constitution, et, de plus, à côté des grands principes fondements de la République.        <br />
       On va donc proposer l’adjonction dans l’article 1 d’une phrase du même acabit. M. Le Fur (« L’évolution est positive, ne la ternissons pas » déclare-t-il) et les autres députés de la majorité qui soutiennent globalement le gouvernement dans la révision constitutionnelle approuveront la manœuvre. Hors de la majorité (MM. Bayrou et autres), les députés seront amenés à accepter car ils ont compris que c’est ça ou rien. Le point délicat de la modification de l’article 2 est donc contourné. L’affaire est rondement menée. Un signe marquant l’intérêt du gouvernement pour la question : la ministre réduit son intervention dans le débat à trois phrases très techniques, le minimum minimorum indispensable.       <br />
       Quel poisson le gouvernement va-t-il retirer de cette affaire ? L’hameçon n’est-il pas un peu gros pour être caché par l’asticot ? Il sera toujours possible, si la reforme de la Constitution échoue, de reprocher aux opposants d’avoir précipité la mort des langues régionales. Mais qui prendra ce pseudo-argument au sérieux ?        <br />
              <br />
       <b>Ce qui est encore visible d'un monde qui nous est devenu invisible (Pierre Nora)</b>       <br />
       Ainsi « les langues régionales font partie de son patrimoine » (de la France). Un patrimoine, c’est ce qu’on a hérité de ses ascendants, dit le petit Robert. En ce sens, ce terme, appliqué aux langues régionales, convient parfaitement puisque « ce n’est jamais par le moyen de l’enseignement que les langues régionales, quelles qu’elles soient, ont été reproduites, mais par le milieu social, aussi bien d’ailleurs le milieu qui correspondait à la vie quotidienne et, lorsqu’il en relevait, le milieu professionnel, que celui de la première éducation (en particulier sous l’aspect de langue maternelle, au sens strict du terme). » (in <span style="font-style:italic">Les langues minoritaires en Europe</span>, de Bernard Poche, Presses Universitaires de Grenoble, 2000).  Ce « patrimoine de la France » n’est pas forcément le patrimoine de l’ensemble des Français. On peut prendre l’exemple de Mme Dati, ministre du gouvernement de la France, qui se déclare elle-même  « française d’origine française » (cf. Wikipédia). On peut penser que, comme pour tant d’autres de nos compatriotes, ses ancêtres lui ont légué, en matière de langue maternelle, l’arabe dialectal, langue « minoritaire » en France. Alors, « qu'est-ce que le patrimoine aujourd'hui ? En substance, ce peut être tout - mais pas n'importe quoi. Tout est patrimoine, qui nous permet de conserver la mémoire d'un monde qui s'éteint devant nous, toutes les traces, matérielles et immatérielles, de la vie et des générations passées. » (<span style="font-style:italic">État et culture. Le Patrimoine.</span> La Documentation Française, 1992, p.9).       <br />
       Mais, comme l’a affirmé un député : « Le critère géographique qui définit une langue régionale est essentiel. » Tiens, tiens ! Voilà le duo langue-territoire qui pointe son nez. Après tout, ce n’est pas si étonnant… Y aurait il des députés plus conséquents (ou moins dupes) que d’autres ?       <br />
       On avait lu en son temps dans le rapport Poignant : « Nos langues et nos cultures régionales sont aussi notre patrimoine commun, une partie du patrimoine de l’humanité (…). Notre pays aime protéger ses monuments et ses œuvres artistiques. » En effet, les monuments historiques font partie du patrimoine de la France. Si on ne les entretient pas, ils s’écroulent, minés par le temps. Si on les restaure trop profondément, on les reconstitue ou même on les dénature. Pour autant, il existe des lois et règlements pour les préserver. Mais on n’a pas jugé nécessaire de les « reconnaître » dans notre Constitution.       <br />
              <br />
       <b>« Ça ne change pas grand-chose. »</b>       <br />
       Intégrer une langue dans le patrimoine culturel, ce n’est pas lui permettre de fonctionner comme un instrument de communication publique et privée à l’égal de la langue d’État. C’est là tout le sel de la manœuvre gouvernementale. Mais la ficelle est un peu grosse. C’est pourquoi le journal <span style="font-style:italic">Sud-ouest</span> s’est peu étendu sur le sujet, le traitant de manière très elliptique dans le cadre général de la réforme constitutionnelle. La télévision  locale FR3 <span style="font-style:italic">Euskal Herri</span>, dans la partie de son journal parlée en basque, a interrogé un membre d’<span style="font-style:italic">Euskal Konfederazioa</span> ; comme <span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque </span>(proche des idées de <span style="font-style:italic">Batasuna</span>). On connaît les positions de cette confédération « regroupant un grand nombre d’associations travaillant pour l’officialisation de l’<span style="font-style:italic">euskara</span> (dont <span style="font-style:italic">Seaska</span>, <span style="font-style:italic">AEK</span>, <span style="font-style:italic">Uda Leku</span>…) » (<span style="font-style:italic">Le JPB</span> du 24/05/08). « Les langues minorisées doivent jouir d’un statut légal égal à celui du français. Seul ce statut permettra la mise en place de politiques linguistiques réelles et ambitieuses. » « Cette réécriture de l’article 1 de la Constitution ne changera rien. »       <br />
       Ce doit être également clair pour le président de l’Office public de la langue basque. Cet organisme avait pourtant reçu de nombreux éloges lors du précédent débat sur les langues régionales. Mais M. Brisson, son président, que l’on avait vu plein d’enthousiasme avant la déclaration du 7 mai, ne s’est plus manifesté sur le sujet, ni dans la presse écrite ni à la TV locale. On aimerait pourtant connaître son avis sur toutes ses décisions. Peut-on qualifier ce silence d’embarrassé ?       <br />
              <br />
       <b>La confusion érigée en système       <br />
       </b>La morale de l’histoire est qu’une fois de plus, les langues régionales sont instrumentalisées dans une perspective politique plus large ; ici, une révision constitutionnelle, là une recomposition territoriale. Est-il d’ailleurs possible, au point où en sont les esprits, qu’il en soit autrement ?        <br />
       Car, lorsqu’on aborde ce sujet, c’est la confusion érigée en système. Confusion chez tous ceux, députés en tête, qui réclament, à cor et à cri, la ratification de la Charte européenne en omettant de rappeler qu’elle confère des « droits spécifiques à des groupes de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de territoires dans lesquels ces langues sont pratiquées. » Confusion chez ceux  qui, à l’exemple de M. Bayrou, crient haro sur le baudet : « Je rappelle que les difficultés des langues régionales sont nées d’une juridiction hostile du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État, inspirée par l’article 2 de la Constitution… », comme si la non-transmission par le milieu social et familial n’était pas l’élément essentiel du déclin (voir plus haut). Confusion chez les élus locaux qui n’osent distinguer la défense de la langue des visées nationalistes souvent clairement exprimées ; à l’exemple de ce Conseiller général, aujourd’hui président du CG (il est vrai au bénéfice de l’age) prétendant, alors qu’il participait à une manifestation réclamant la co-officialisation du basque au côté du français, qu’il agissait pour la défense des langues régionales (voir l'écho "Le sens des mots" dans notre brochure n° 14). Confusion dans les pouvoirs publics au niveau local comme on l’a constaté par la présence significative de l’Inspecteur d’Académie lors du dernier <span style="font-style:italic">Herri Urrats</span>, fête des <span style="font-style:italic">ikastola</span>, écoles pratiquant l’enseignement du basque par immersion (méthode d’enseignement interdite par les lois actuelles dans l’Éducation nationale). Confusion quand on prend comme exemple à suivre la Communauté autonome basque voisine, où le basque et l’espagnol sont langues officielles. Ainsi l’Office public de la langue basque a établi des liens de partenariat avec le ministère de la culture du gouvernement régional d’Euskadi (accord de coopération signé en  février 2007).       <br />
       Par contre, les tenants du nationalisme de dissociation, « modérés » ou radicaux, savent par quelle voie ils sont en mesure d’avancer vers leur objectif d’unification d’<span style="font-style:italic">Euskal herria</span> : une revendication pour un territoire disposant d’institutions propres (le département basque), un statut de l’euskara plaçant le basque à égalité avec le français sur ce territoire. Tout petit pas allant dans ce sens est bon à prendre. C’est ainsi que l’« adjointe à la langue basque » de la ville de Biarritz vient de « Biarritz autrement », c’est à dire d’<span style="font-style:italic">Abertzaleen Batasuna</span>. C’est, apprend-on dans <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 26/05/08, une situation qui réjouit M. Brisson, président de l’OPLB et premier adjoint à Biarritz.        <br />
       Cherchez à qui profite la manoeuvre…       <br />
              <br />
       CAP Vivre Ensemble, BP 442, 64604 Anglet cedex       <br />
       CAPVivreEnsemble@neuf.fr       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Re-tire-ta-langue-!-ou-Quand-la-procedure-tient-lieu-de-pensee_a129.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Communiqué de CAPVE après un nouvel attentat mortel de ETA</title>
   <updated>2008-05-15T14:45:00+02:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Communique-de-CAPVE-apres-un-nouvel-attentat-mortel-de-ETA_a128.html</id>
   <category term="Dans la presse" />
   <published>2008-05-14T19:02:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué adressé aux médias locaux le 14 mai 2008     <div>
             <br />
       Après l'aéroport de Madrid, après Capbreton, après Mondragon, ETA a encore tué, en Alava. Face à de tels actes, la riposte doit venir des autorités (gouvernement, justice, police) espagnoles et françaises, appuyées par leur opinion publique respective.       <br />
       De Batasuna, bras politique de ETA et de ses satellites (Askartasuna, Segui...) nous n'attendons rien. Par contre, nous serons attentifs à la position exprimée par Abertzaleen Batasuna, qui s'était fait remarquer par son silence après ces derniers attentats mortels. Comme dit l'adage : "Qui ne dit mot consent." Rappelons qu'A.B. est ce parti auquel adhèrent des personnalités aussi connues que M. Alain Iriart, maire de Saint Pierre d'Irube et conseiller général, M. Jakes Abeberry, ancien adjoint au maire de Biarritz et représentant cette ville à la CABAB, ou M. Mikel Ithurbide, ancien adjoint au maire d'Anglet et conseiller municipal (aujourd'hui dans l'opposition).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Communique-de-CAPVE-apres-un-nouvel-attentat-mortel-de-ETA_a128.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Tire ta langue !</title>
   <updated>2008-12-02T17:28:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Tire-ta-langue-!_a126.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-933786-1157458.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2008-05-12T19:25:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

À l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, pour le mercredi 7 mai 2008, était programmée, en séance publique, une « déclaration du gouvernement sur les langues régionales », suivie d’un débat. Ce serait, nous annonçait la veille le journaliste de FR3 Euskal Herri, « une première à l’Assemblée Nationale », sur « un sujet sensible voire tabou ». M. Brisson, Conseiller général (UMP) de Biarritz et président de l’Office public de la langue basque se déclarait « particulièrement satisfait ». Pourtant, curieusement, la presse locale n’a fait quasiment aucun compte-rendu de ce débat, comme si ce que pouvaient dire la ministre et les députés était dénué d’intérêt. Par contre, nombreux ont été les commentaires des uns et des autres, après et avant le débat. Pour nous informer, nous sommes donc allés à la source, sur le site Internet de l’Assemblée Nationale. Après lecture du compte-rendu intégral de la séance (qui dura 3 h 10), nous nous permettons, nous aussi, quelques commentaires.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/933786-1157458.jpg" alt="Tire ta langue !" title="Tire ta langue !" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Commençons par le commencement, la déclaration de <b>Mme Christine Albanel</b>, ministre de la culture et de la communication. Quelques extraits : « … on ne recense pas moins de 75 langues différentes en France… Parmi ces langues, les langues régionales ont le privilège d’avoir une assise territoriale depuis plusieurs siècles…  Moins de 10 % des Français pratiquent aujourd’hui une langue régionale de façon régulière et les langues de France ne se transmettent plus guère dans le cadre familial… En 1999, seul un Français sur quatre avait reçu de ses parents une langue autre que le français, et un Français sur huit une langue régionale. Au sein de cette minorité, seul un Français sur trois avait à son tour transmis cette langue à ses enfants… La transmission n’est quasiment plus assurée sur le mode traditionnel, c’est-à-dire par l’intermédiaire de la famille et du milieu d’origine. » Elle précisera plus tard qu’il existe également, en plus des langues régionales, « cinq langues parlées par des ressortissants français sur notre territoire : berbère, arabe dialectal, yiddish, romani, arménien occidental. »       <br />
       Dans le débat qui suivit, s’exprimaient chacun des quatre groupes parlementaires, les deux présidents des commissions concernées (temps limités entre 5 et 15 mn) plus dix-neuf députés à titre individuel (temps de parole de chacun limité à 5 mn). Les vingt-cinq interventions ont un caractère répétitif qui rend leur lecture quelque peu indigeste. Les expressions comme « patrimoine culturel », « richesse linguistique », « diversité culturelle et linguistique » sont abondamment reprises et développées. Quelques perles rompent parfois la monotonie : une telle évoque « l’uniformisation factice de l’identité française », tel autre « les humiliations historiques … lourdes pour les Catalans », tel autre encore la nécessité de « réfléchir … à une identité française sereine. » On évoque souvent l’histoire : « Le traité des Pyrénées, signé en 1659, a engendré des incompréhensions. » Ou bien  « Pourquoi occulter notre passé dans nos manuels d’histoire ? Eh oui, les troubadours s’exprimaient en occitan ! »        <br />
       La palme du n’importe quoi revient sans conteste à la député PS du Finistère, <b>Mme Marylise Lebranchu</b>, qui réussit à concentrer trois contrevérités dans une seule phrase : « Je rappelle que la loi permettant l’enseignement en langue régionale, notamment dans les écoles <span style="font-style:italic">Diwan</span>, avait été censurée par le Conseil constitutionnel. » Il n’y a jamais eu de loi de ce genre ; l’enseignement des langues régionales est toujours légal et les écoles <span style="font-style:italic">Diwam</span>, comme les écoles <span style="font-style:italic">Seaska</span>, le pratiquent toujours, en utilisant la méthode dite par immersion. Pas de loi donc pas de censure du CC. Par contre, par « arrêtés et circulaires », un ministre, M. Jack Lang, avait tenté d’intégrer ces écoles dans le système de l’Éducation nationale. Saisi par différents organismes, le Conseil d’État (et non le Conseil Constitutionnel) avait interdit cette opération car l’enseignement par immersion d’une langue autre que le français ne peut légalement se pratiquer dans l’Éducation nationale. Voir à ce sujet nos « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=933043&preview=1">Réflexions sur l’enseignement des langues régionales</a> » du 15/12/02 jointes à notre brochure n° 13. Distinguer un arrêté d’une loi ou ne pas confondre deux juridictions aussi importantes que le Conseil Constitutionnel et le Conseil d’État, c’est le b.a.-ba dans la connaissance du fonctionnement de l’État. Et pourtant, Mme Lebranchu…       <br />
       <b>Mme Lebranchu</b>, très en verve, fit dans le courant du débat une autre intervention remarquable : à propos de la non-ratification par la France de la Charte des langues régionales ou minoritaires, comme on lui faisait remarquer « vous étiez  garde des Sceaux, à cette époque ! », elle répondit : « C’est le Président Chirac qui m’a empêché de ratifier ! » Cette interprétation personnelle du titre VI (Des traités et accords internationaux) de notre Constitution est originale et devrait intéresser tous les juristes. Quand on pense que Mme Lebranchu fut un temps Ministre de la Justice…        <br />
              <br />
       Mais revenons aux choses sérieuses. On peut tout de même constater divers degrés dans la véhémence des députés.        <br />
       Le député UMP des Côtes d’Armor, <b>M. Le Fur</b>, qui fut pendant plusieurs législatures, l’initiateur d’amendements tendant à introduire une « reconnaissance » des langues régionales dans la Constitution (voir <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=558472&preview=1">l’encadré « Le débat » </a> en page 8 de notre brochure CAPVE n° 15) parlait au nom de son groupe. C’est presque au détour d’une phrase qu’il demande la ratification de la Charte européenne :  « Et au-delà de la Charte que nous devons évidemment adopter à l’instar des autres pays européens… » Par contre, il réclame avec beaucoup plus de conviction « une loi qui (…) traitera à la fois de principes, de questions concrètes, de méthode et de moyens. » Très en retrait sur ses positions antérieures, il se calque sur les positions du Gouvernement que présentera la Ministre dans son intervention finale. Les neuf intervenants de l’UMP  adoptent peu ou prou la même attitude. <b>M. Schneider</b> (Bas Rhin) précise : « avec ses collègues de la délégation française à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, je n’ai pas voté la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ; il s’agit là d’un autre débat, qui ne doit pas être confondu avec la défense de notre patrimoine. » <b>Mme Marland-Militello</b> (Alpes-Maritimes) ose une note presque discordante en se disant « persuadée que, dans notre État unitaire décentralisé, la langue est un des ingrédients les plus importants qui composent notre unité » et en concluant son intervention par « une langue pour notre nation, des langues pour nos régions ! ».       <br />
       Le président de la Commission des lois <b>M. Warsmann</b> (UMP, Ardennes) est clair. Il parle de « l’impasse (…) qui consiste à dire que la seule solution pour sauvegarder les langues régionales serait de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires… » Et plus loin, sur le même sujet : « Ceci est une fausse voie : la ratification de la Charte ne me semble pas constitutionnellement possible. » Par contre, « il s’agit de prendre des mesures à droit constant… » Il annonce la position du Gouvernement.       <br />
       Les membres du groupe SRC (Socialistes-Radicaux-Citoyens) réclament une révision constitutionnelle visant à compléter l’article 2 en précisant que « la langue de la République est le français, dans le respect des langues régionales qui font partie de notre patrimoine » (<b>Mme Olivier-Coupeau</b> , Morbihan) « afin de permettre la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. » (M. <b>Renucci</b>, Corse du Sud) « Il serait bien archaïque d’en rester à notre conception actuelle d’une République une et indivisible, et il serait tout aussi archaïque d’interdire à nos concitoyens de s’exprimer dans une langue régionale. » (<b>M. Jung</b>, Bas-Rhin). Toutefois, remarque <b>M. Mach</b> (Pyrénées-Orientales) « il n’est pas normal que d’un département à l’autre, la défense des langues régionales n’ait pas les mêmes soutiens financiers ! ». On notera l’intervention d’un député aquitain, <b>M. Rousset</b> (Gironde), d’autant qu’il cumule ce mandat de député avec celui de Président de la Région . On ne sera pas étonné de l’entendre déclarer : « Le défi à relever n’est pas celui de l’identité nationale mais celui de l’achèvement de la décentralisation. Le blocage jacobin est, dans notre pays, un fait culturel lié à des peurs. »        <br />
       Le porte-parole du groupe GDR, <b>M. Vaxès</b>  (PC, Bouches du Rhône) réclame une « mobilisation de ressources financières complémentaires ». « S’il n’est guère pertinent de revendiquer une parité absolue entre le français et les autres langues … », il n’en demande pas moins « le développement … de l’enseignement par immersion dans l’Éducation nationale… » Son collègue de groupe <b>M. de Rugy</b> (Loire-Atlantique) n’hésite pas à avancer : «  En Bretagne, on pouvait lire dans les cours des écoles, à une certaine époque : « il est interdit de cracher par terre et de parler breton. » ». Quiconque s’intéresse avec un tant soit peu de sérieux à cette question des langues régionales sait que cette citation est une « invention » ( Fañch Broudic in Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome CXXX, daté 2001).       <br />
       Le porte-parole du Nouveau Centre, M. <b>Hunault</b> (Loire-Atlantique), reste modéré : « Être favorable aux langues régionales soulève nécessairement la question de la Charte européenne. (…) Je ne pense pas qu’il soit souhaitable de donner à un juge européen les moyens de se prononcer sur un élément fondateur de notre pacte républicain. »       <br />
       Un député des P.A., <b>M. Lassalle</b> (N.I.), fait également une intervention, plutôt courte, qu’il termine ainsi :  « L’autre danger, c’est que, déçus par les espoirs qu’avait fait naître un objectif qui semble à portée de main, des nationalistes furieux se relèvent demain comme ils le firent naguère pour ensanglanter le pays. » Faut-il entendre qu’on pourrait imputer au Conseil Constitutionnel cette résurgence d’<span style="font-style:italic">Iparretarak</span> qu’on évoque en ce moment ?       <br />
       <b>Mme Albanel</b>, dès le début de son intervention finale met le points sur les i. « Le Gouvernement ne souhaite pas s’engager dans un processus de révision constitutionnelle pour ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, et cela tout d’abord pour des raisons de principe.. (…) Cette ratification engagerait notre noyau dur constitutionnel, qui interdit de conférer des droits particuliers à des groupes spécifiques, et qui plus est sur des territoires déterminés. »  « <span class="fluo_jaune">Ratifier la Charte serait donc contraire à nos principes.</span> » Le lecteur-citoyen que nous sommes respire enfin : il y a tout de même dans cet hémicycle une personne qui a lu en entier la décision n° 99-412 du 15 juin 1999 du Conseil Constitutionnel… Après avoir rappelé « qu’aucune disposition n’interdit à une collectivité locale de traduire ses propres délibérations » et que l’État peut « développer des conventions avec des collectivités locales et les associations, à l’image de celles qui régissent l’enseignement et la promotion de la langue basque dans les Pyrénées-Atlantiques, avec le très remarquable office public de la langue basque », la ministre annonce que « le Gouvernement proposera un texte de loi » dont le « texte ne devrait pas tarder à être présenté. »       <br />
       La séance est levée à 19 h 30.       <br />
              <br />
       Évidemment, personne, ni parmi les hommes politiques locaux, ni parmi les commentateurs, n’a repris les arguments de Mme Albanel sur l’impossibilité de principe de ratifier la Charte européenne. En fait, la ministre a fait comprendre, indirectement, pourquoi les nationalistes (basques ou autres) sont si attachés à cette Charte européenne ; justement à cause de ces « droits particuliers » qui appuieraient leurs revendications sécessionnistes. Il serait temps que certains, s’ils acceptent d’ouvrir leurs yeux, s’en rendent compte dans notre région.       <br />
       D’autre part, on constate que si les débats concernaient exclusivement les « langues régionales », la Charte mentionne également les « langues minoritaires », les cinq langues citées plus haut par la ministre. Peut-on traiter des unes sans les autres ?       <br />
       Qui n’a dit, à un moment ou à un autre, tout le bien qu’il pensait de cette fameuse Charte ? A commencer par <b>M. Lamassoure</b> qui, au moment de la décision du Conseil Constitutionnel, avait claironné qu’il faisait « une affaire personnelle » de sa ratification. Aujourd’hui, son unique mandat de député européen  lui évite de s’intéresser à une simple affaire franco-française. Que dire de l’attitude de <b>M. Grenet</b>, député-maire de la « capitale du Pays basque », qui, depuis longtemps, a cru nécessaire d’afficher, sur le fronton de sa mairie, l’ikurrina et un ancien drapeau de Gascogne, mais qui n’est pas intervenu dans ce débat et n’a même pas « souhaité confirmer sa présence à l’hémicycle. » (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 6/05/08) ? Même dans ses propos à la presse (<span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 9/05/08), il reste très sibyllin et ne souffle mot de la Charte. On pourrait aussi s’étonner du silence de <b>M. Brisson</b>, dont la ministre a cité en exemple l’organisme qu’il préside. Peut-être craint-il de braquer ses interlocuteurs habituels, ceux qu’il a rencontrés à l’Herri Urrats et qui réclament à cor et à cri la ratification.        <br />
       Quant aux socialistes, ils démontrent une fois de plus qu’il est plus facile de palabrer dans l’opposition que d’agir au Gouvernement. Si certains tiennent tellement à cette modification de l’article 2 de la Constitution qui ne s’est pas imposée sous le Gouvernement Jospin, pourquoi le parti ne fait-il pas aujourd’hui campagne pour qu’elle soit intégrée à la révision constitutionnelle actuellement en préparation ? Nous n’avons entendu ni M. Hollande, ni d’autres responsables du parti, s’exprimer à ce sujet. Quant à <b>M. Rousset</b>, on sait que le « jacobinisme de l’État » est un de ses leitmotivs (on peut même parler d’obsession puisque ce thème revient pratiquement dans toutes ses interventions). Et quand, dans un débat sur les langues régionales, on évoque la « bataille à mener, (…) celle de la Francophonie » ou bien « le défi majeur de l’illetrisme », le citoyen moyen a du mal à suivre la logique du raisonnement et donne sa langue au chat.        <br />
       En conclusion, une séance défouloir dans laquelle les moins sectaires auront pu percevoir le bien-fondé juridique de la position du ministre. Quant à la loi annoncée « sans préciser le calendrier » indique l’AFP, <span style="font-style:italic">wait and see</span>.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Tire-ta-langue-!_a126.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Non, ce n'est pas de la bêtise !</title>
   <updated>2008-12-02T17:53:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Non,-ce-n-est-pas-de-la-betise-!_a123.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-700420-856749.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2007-08-16T21:16:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Depuis plusieurs semaines, l’ensemble du Pays basque de France subit une vague d’attentats aux conséquences matérielles plus ou moins importantes : destructions partielles de résidences secondaires, incendies de voitures immatriculées en dehors du département, engins explosifs de faible puissance devant des agences immobilières ou des résidences de vacances… Avec une « nouvelle signature » (dixit Sud-Ouest du 04/07/07) : « Le Pays basque n’est pas à vendre ». Nombreux sont ceux qui, comme le maire d’Hasparren, visé par un de ces attentats, évoquent l’époque où sévissait le mouvement séparatiste Iparretarak.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/700420-856749.jpg" alt="Non, ce n'est pas de la bêtise !" title="Non, ce n'est pas de la bêtise !" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Les réactions des élus locaux sont diverses mais on note une constante : le nationalisme basque n’est jamais mentionné, même pas par allusion. En Corse, il y a des attentats couramment qualifiés de « nationalistes » mais au Pays basque de France, ça n’existe pas. D’ailleurs, il n’y a pas des nationalistes mais des « <span style="font-style:italic">abertzale </span>», mot auquel chacun donne sa propre signification (voir dans notre brochure n° 10, <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=700451&preview=1">l’article</a> « Le nationalisme n’est plus ce qu’il était ») et qui rappellerait une sorte de folklore plutôt plaisant.       <br />
       Certains élus locaux ne pipent mot, comme le député-maire (UMP) de Bayonne ou le sénateur-maire (UDF) de Biarritz, qui se prétendaient, en d’autres temps, « élus du Pays basque », mais qui se trouvent aujourd’hui trop occupés à promouvoir l’activité touristique de leur ville. Au point que le président du Conseil général, se sentant quelque peu isolé, s’en est ému dans une réaction publiée dans <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 27/07/07.       <br />
       Ceux qui sont directement concernés s’indignent. Le maire d’Anglet se distingue dans le style jocrisse en évoquant l’hypothèse d’enfants susceptibles d’être atteints dans une éventuelle explosion.       <br />
       Mais les pires sont les faux naïfs, à la tête desquels il faut placer M. Lamassoure, qui, dans le rôle de la mouche du coche, ne rate jamais une occasion de faire du vent. « Il est temps de dire halte à la bêtise » a-t-il déclaré, péremptoire, lors d’une manifestation en Soule.       <br />
       <span class="fluo_cyan">Non, ce n’est pas de la bêtise</span>. Les auteurs de ces actes délictueux agissent dans le cadre d’une opération globale bien orchestrée. Ils ont d’ailleurs de l’autre côté de la frontière franco-espagnole, un grand frère nommé ETA qui leur montre clairement l’exemple, avec notamment la <span style="font-style:italic">kalle boroka</span> (violence urbaine) et éventuellement leur fournit le matériel adéquat, stocké par ci par (même en pleine ville de Biarritz). <span class="fluo_cyan">Il s’agit de l’aboutissement logique d’une démarche politique</span>.  Tous les nationalistes basques proclament l’existence d’un peuple basque qui vit sur un territoire appelé <span style="font-style:italic">Euskal Herria</span> et devrait disposer du droit à décider lui-même de son avenir. Ces deux revendications, territorialité et autodétermination, sont les conditions régulièrement évoquées par ETA pour une amorce de dialogue (voir nos rubriques antérieures). Mais elles ne sont pas l’exclusivité du nationalisme radical. On les retrouve dans le plan Ibarretxe (voir, dans notre brochure n° 17, <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=553850&preview=1">l’article</a>  « <span style="font-style:italic">Muda el lobo los dientes mas no las mientas</span> »), proposé par le chef (PNV, nationalisme « modéré ») du gouvernement de la Communauté autonome basque. Il y évoque les « sept territoires » (dont trois en France) faisant partie d’<span style="font-style:italic">Euskal Herria</span>.       <br />
       Ça commence par le nationalisme et ça finit inéluctablement dans la xénophobie. D’ailleurs, il y a longtemps que le parti Abertzaleen Batasuna s’est lancé ici dans une campagne de même finalité, mais avec des méthodes plus <span style="font-style:italic">soft</span> : barbouillages de vitrine d’agences immobilières, manifestations dans des villages de vacances en construction, rassemblement devant des résidences secondaires de notabilités « étrangères ». Et, dans ce cas, on n’hésite pas à poser pour la presse locale. Il est donc logique que ce parti se soit allié, lors des dernières élections législatives, avec le bras politique d’ETA, le parti Batasuna.       <br />
       Mais nos élus se gardent bien d’aborder cette donnée du problème, surtout à la veille des élections municipales. Abertzaleen Batasuna fait partie de la majorité municipale de Biarritz, d’Anglet (à l’initiative de M. Lamassoure), le maire de Saint-Pierre d’Irube est, de manière plus ou moins camouflée, membre d’AB, des socialistes de Bayonne envisageraient sans vergogne une alliance avec les nationalistes d’AB, le parti du président du Conseil général a fait alliance, aux dernières législatives, avec le PNV... La liste est longue. Alors, par calcul, on occulte volontairement l’existence du nationalisme et on fait comme si les auteurs de ces actes terroristes avaient pour unique motivation le prix, jugé abusif, du foncier. Et on se garde bien de signaler que ce phénomène se constate dans de nombreuses autres régions de France, touristiques ou non. De même qu’on s’abstient d’évoquer l’existence de propriétaires vendeurs : si « le Pays basque est à vendre », c’est bien qu’il y a des vendeurs, basques vraisemblablement…       <br />
       On voudrait faire croire aux électeurs qu’il s’agit de mouvements de colère spontanés. Pourtant, la simultanéité de ces attentats, leur mise en scène d’un bout à l’autre du territoire (lors du passage du Tour de France ou bien le jour du 15 août choisi pour signaler, par un coup de téléphone anonyme, la présence d’explosifs aux abords du club-house de Chiberta à Anglet) ressortent bien d’une volonté de la part d’un groupe bien préparé de créer un climat rappelant celui d’Euskadi. Sans doute avec l’espoir d’amener le pouvoir central à aborder les questions politiques. Comme en Euskadi, il se trouvera alors des « gens de bonne volonté » pour préparer ce dialogue avec les extrémistes, en négligeant les institutions légales et leurs représentants élus. Soyons sûrs que M. Lamassoure s’y voit déjà, lui qui sait distinguer les nationalistes « bêtes » (qu’il dénonce) des nationalistes « intelligents » (ceux qu’il a introduits dans la majorité municipale d’Anglet ou qu’il a présentés au ministre de l’Intérieur Sarkozy lors de sa visite à Bayonne).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Non,-ce-n-est-pas-de-la-betise-!_a123.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La langue de la République est-elle toujours le français ?</title>
   <updated>2008-12-02T18:50:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/La-langue-de-la-Republique-est-elle-toujours-le-francais_a122.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-650161-793581.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2007-06-03T23:15:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On peut en douter à la lecture d’un article paru dans le journal Sud-Ouest édition « Pays basque » du 17/05/07, signé par un journaliste de l’agence de Bayonne, Emmanuel Planes. Si ce journaliste termine son article par l’exclamation « historique », c’est qu’il pense qu’il ne rapporte pas là un fait anodin. En effet, la participation active du Préfet des Pyrénées-Atlantiques, représentant local de l’État, à cette entreprise ne laisse pas d’étonner.
Nous reproduisons cet article in extenso pour que nos lecteurs puissent juger sur pièce. Nous apportons ensuite quelques informations complémentaires sur les différents acteurs mentionnés. Puis nous nous posons quelques questions.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/650161-793581.jpg" alt="La langue de la République est-elle toujours le français ?" title="La langue de la République est-elle toujours le français ?" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Article de <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span>       <br />
       « « LANGUE BASQUE. -- L'Office public prend le relais d'Euskal Konfederazioa. Six techniciens de la langue sont déjà en place.       <br />
       <b>Passage de relais</b>       <br />
       Une lettre en français et en basque cosignée par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, c'est sans doute une première. Et Max Brisson, président de l'Office public de la langue basque, et cosignataire de la lettre, était, ma foi, assez heureux, d'en donner lecture, hier, au siège bayonnais du Conseil général, en présence des deux vice-présidents, François Maitia et Vincent Bru.       <br />
       « II revient à chaque municipalité qui souhaiterait promouvoir la présence de la langue basque de définir librement ses choix et ses pratiques qui peuvent aller de l'usage partiel du basque à un bilinguisme généralisé, étant entendu que, dans tous les cas de figure, une rédaction complète en langue française reste obligatoire », peut-on lire notamment. Cette réunion avait pour objet de rendre public le passage de relais entre Euskal Konfederazioa et l'Office public pour la promotion de la langue basque dans les mairies. Dressant le bilan du travail effectué depuis cinq par Euskal Konfederazioa, sa présidente, Marie-Jeanne Mercapide, a rappelé que le but poursuivi était de « donner une place officielle, de facto, à la langue basque dans le domaine public. »       <br />
       S'inspirant d'une méthodologie rigoureuse, détaillée dans un copieux document qui sera remis à tous les futurs « techniciens de la langue », la démarche d'Euskal Konfederazioa a obtenu des résultats significatifs : 42 mairies (soit 26 % des 159 communes du Pays Basque) ont accepté de signer une convention par laquelle elles s'engagent à prendre des mesures en faveur de l'euskara.       <br />
       <b>A amplifier. </b>       <br />
       Max Brisson a exprimé la gratitude des élus pour ce bilan, « photographie très précieuse de la situation dans chaque commune », et promis que l'Office public reprendrait à son compte toutes les préconisations contenues dans le document, notamment sur la formation du personnel ou les traductions. II va s'efforcer de « relayer et si possible amplifier » cette action via les structures intercommunales ou les communes. D'ores et déjà la communauté de communes Sud Pays Basque, celle de Soule, Errobi, les communautés de communes de Basse-Navarre, la ville de Bayonne ont signé une convention. Six techniciens de la langue seront opérationnels en juillet. Max Brisson a annoncé également que, dans le cadre d'une convention entre l'Éducation nationale et le Conseil général, l'Office public avait reçu mission d'organiser le volet « qualitatif » de l'enseignement du basque et en basque, c'est-à-dire de faire des préconisations sur les modes d'affectations des postes dans les écoles bilingues, les procédures administratives à adapter, les quotités horaires, etc. Une façon de combler les carences de la carte scolaire.       <br />
       Par ailleurs, l'Office public a obtenu l'ouverture de négociations officielles entre la fédération Seaska et l'Education nationale qui pourraient aboutir, a indiqué Max Brisson, à un « document conventionnel » portant sur l'affectation de moyens, les procédures d'ouverture d'une ikastola, les modalités d'évaluation des compétences linguistiques des élèves, etc.        <br />
       Historique. » »       <br />
       Fin de l'article de <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span>       <br />
              <br />
       GLOSSAIRE       <br />
       <span style="font-style:italic"><b>Euskal Konfederazioa</b></span> (extrait du glossaire complétant l’article paru dans notre brochure n° 16 daté du 3e trimestre 2003) : "fédération regroupant des associations militant en faveur de la langue basque. Occupe le devant de la scène médiatique depuis la création de la plate-forme Batera.        <br />
       Une de ses actions les plus en vue est la signature de conventions avec les municipalités dans lesquelles celles-ci s'engagent à apporter à leurs administrés, avec le soutien de l'association, « un service quotidien en euskara au sein de la mairie, avec notamment l'utilisation de l'euskara dans les relations aussi bien orales qu'écrites dans les avis et les documents » (<span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 17/05/03, édition Pays basque). L'article précise : « Les communes peuvent envoyer à la sous-préfecture leurs compte-rendus municipaux en bilingue » et « Selon le 10e article (de la loi Toubon), l'utilisation de langues minoritaires dans les communes est encouragée. » (sic)".       <br />
       Au delà de l’oxymore remarqué dans les propos de Mme Mercapide rapportés dans l’article ci-dessus, l’objectif de co-officialisation du basque est clairement énoncé.        <br />
       Dans le même glossaire, à la rubrique « Abertzaleen Batasuna », nous avions mentionné que Marie-Jeanne Mercapide, présidente d’<span style="font-style:italic">Euskal Konfederazioa</span>, avait activement soutenu le candidat nationaliste présenté par AB aux élections législatives de 2002 et qu’elle participe régulièrement aux multiples réunions organisées par les partis nationalistes, AB ou Batasuna (bras politique d’ETA), comme par exemple en son temps le « Forum de débat national ».       <br />
              <br />
       <b>Office public de la langue basque</b> : Il y eut d’abord le « Conseil de la langue basque » que les pouvoirs publics (sous-préfet de Bayonne en tête) avait institué en vue de la défense de la langue basque dans le cadre d’une convention État-Région-Département, la « convention spécifique Pays basque ». Les nationalistes l’avaient, comme à leur habitude, très rapidement et trop visiblement noyauté. Marie-Jeanne Mercapide en était bien sûr membre. La goutte d’eau qui fit déborder le vase fut la nomination au poste de secrétaire devenu vacant d’un activiste d’Abertzaleen Batasuna et des « démo » réunis. Le Conseil fut vidé de sa substance. Fut alors créé en janvier 2005 « l’Office public de la langue basque », placé sous la coupe directe du Conseil Général. Cet organisme est chargé de coordonner et gérer les financements destinés au soutien de la langue basque en provenance de l’État ou des collectivités territoriales. Et également ceux en provenance de l'Euskadi, riche voisin du sud, ayant des vues sur cette partie nord faisant partie d'<span style="font-style:italic">Euskal Herria</span>.       <br />
       Son président Max Brisson, vice-président du Conseil général des P.A., conseiller général (UMP) de Biarritz et adjoint au maire (UDF) de Biarritz, n’est pas de culture basque mais se dit « basque » puisque habitant Biarritz depuis plusieurs décennies. Dans la majorité du Conseil municipal à laquelle il participe, il côtoie des basques « authentiques », dont un des fondateurs du nationalisme basque en France, adjoint comme lui, Jakes Abeberry. Il est donc solidaire de leurs actions dans cette majorité municipale. Ainsi il s’est montré curieusement silencieux quand le public a appris le refus des conseillers nationalistes de ceindre l’écharpe tricolore quand ils avaient à célébrer un mariage dans le cadre des lois de la République.       <br />
       L’intérêt de Max Brisson pour la langue basque semble relativement récent. Par ailleurs, il s’est toujours déclaré opposé à la création d’un département Pays basque. Peut-être souhaite-t-il atténuer certaines aspérités de ses positions politiques antérieures en œuvrant pour la défense de la langue : ce sujet serait susceptible de lui attirer la sympathie de la partie de la population plus ou moins bascophone, surtout présente dans le « Pays basque intérieur ». Cela pourrait s’avérer utile si un jour on était amené à briguer un mandat électif ou une fonction représentative dépassant le cadre d’une commune de la côte. Il ne faut jamais injurier l’avenir.       <br />
              <br />
       <b>Seaska</b> :  association loi 1901 regroupant les parents d’élèves des établissements (<span style="font-style:italic">ikastola</span>) pratiquant l’enseignement en basque par la méthode dite de l’immersion. Depuis 1982, après divers aléas (voir le site www.seaska.info/fr/1histoire.html), l’État assure un certain financement dans le fonctionnement de ces établissements. Dans une interview récent au <span style="font-style:italic">Journal du Pays basque</span>, François Bayrou rappelait que c’était lui qui « avait sauvé les ikastola » quand il était ministre de l’Éducation nationale du gouvernement Balladur. Il avait, de sa propre initiative et sans en référer au Premier Ministre, signé une convention avec Seaska qui assurait le financement des enseignants des ikastola, en leur garantissant le même statut que les enseignants des établissements sous contrat. C’est cette convention qu’il s’agit de  renouveler aujourd’hui. Dans les faits, cela revient, pour le Ministère de l’Éducation nationale, à financer une méthode d’enseignement, l’immersion, que le Conseil d’État, dans une décision d’octobre 2002, lui a interdit de pratiquer dans ses établissements.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/650161-1451642.jpg" alt="La langue de la République est-elle toujours le français ?" title="La langue de la République est-elle toujours le français ?" />
     </div>
     <div>
      QUESTIONS SANS RÉPONSE       <br />
              <br />
       1. <span class="fluo_cyan">La langue de la République est le français.</span> C’est ce que dit l’article 2 de la Constitution. De plus, nous pensions que, depuis août 1539 et l’ordonnance de Villiers-Cotterêts, la langue française s’imposait dans les actes officiels et de justice. Ainsi, avant cette ordonnance, les actes officiels de la ville de Bayonne étaient-ils rédigés en langue gasconne. Pourtant, le représentant local de l’État républicain signe une lettre écrite dans deux langues, dont une à laquelle il ne comprend goutte. Il semblerait que le Préfet des P.A. reprenne à son compte l’argumentation d’Euskal Konfederazioa qui prétend qu’un acte officiel bilingue reste valable, la présence du français garantissant la légalité. En quelque sorte, le français n’aurait pas d’exclusivité.       <br />
       Cette lettre est-elle écrite sous le timbre de la République française ? Quel est son contenu exact ? Nous n’en savons rien. Nous avons donc demandé par écrit au préfet de nous en communiquer copie puisqu’elle est aujourd’hui publique, après avoir été remise à la presse par M. Brisson. Après lecture, nous pourrons discuter sur le fond et tous les bons conseils argumentés seront alors les bienvenus.       <br />
              <br />
       2 <span class="fluo_cyan">La position du préfet est-elle celle du gouvernement ?</span> Le préfet s’exprime-t-il <span style="font-style:italic">motu proprio</span> ou sa position reflète-t-elle celle du gouvernement ? Il s’agissait, au moment de la rédaction de la lettre, du gouvernement de Villepin. C’est là que l’histoire devient quelque peu cocasse. On se souvient en effet de la visite à Bayonne, en novembre 2004, du ministre de l’intérieur de l’époque, Dominique de Villepin. Dans les locaux de l’antenne bayonnaise du Conseil général, il avait refusé de parapher (il savait ce qui l’attendait et sa position était bien réfléchie) un document écrit en français et en basque. Dans son allocution, il avait parlé « du français, socle de notre unité et voix d’universalité dans le monde. » Mme Alliot-Marie, élue du département, était à ses côtés. Puisqu’elle est devenue ministre de l’intérieur, ministre auquel les préfets sont directement rattachés, et parce qu’elle connaît bien les « problèmes basques », nous lui avons écrit Place Beauvau pour connaître son opinion.       <br />
              <br />
       3 <span class="fluo_cyan">Ce qui est possible en Pays basque l’est aussi en Corse, en Bretagne ou en Picardie.</span> La question soulevée par la lettre du préfet des P.A. dépasse donc largement le cadre local. Elle devrait intéresser tous ceux qui considèrent l’unité du peuple français comme un des fondements de la nation. Comme l’écrit Dominique Schnapper dans <span style="font-style:italic">Les Cahiers Français</span> de janvier-février 2007 : « La nation reste aujourd’hui encore le lieu d’une identification personnelle et collective forte. (…) Les valeurs collectives (…) créent entre tous les nationaux, malgré les différences d’origines et les inégalités sociales qui peuvent les séparer, une communauté vécue comme immédiate. Ce sentiment est nourri par l’utilisation de la même langue. » Serons- nous amenés à consulter le nouveau ministre de l’Identité nationale à ce sujet ?       <br />
              <br />
       4 On ne peut pas ne pas remarquer que la conférence de presse tenue par M. Brisson a eu lieu l’avant veille de la nomination de Mme Alliot-Marie au poste de ministre de l’Intérieur dans le nouveau gouvernement. Or, chacun sait dans la région que leurs relations, même à l’intérieur de l’UMP, sont franchement à couteaux tirés.       <br />
              <br />
       Nous attendons donc ces réponses (ou ces non-réponses) avant de nous lancer dans des actions plus ciblées. Tous les appuis sont les bienvenus.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/La-langue-de-la-Republique-est-elle-toujours-le-francais_a122.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Tous aux abris !</title>
   <updated>2008-12-03T17:44:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Tous-aux-abris-!_a121.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-578093-705775.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2007-03-04T17:38:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Les habitants du Pays basque font comme s’ils ne l’avaient pas remarqué. Les Français dans leur quasi totalité l’ignorent. Mais les lecteurs de Sud-Ouest édition Pays basque du 27/02/07 en ont pris conscience en découvrant  la première page locale. Nous sommes dans un « processus de guerre ». C’est le conseiller général de Saint-Étienne-de-Baïgorry qui l’affirme. Le maire d’Hendaye va plus loin : « Il s’agit d’une décision politique qui n’est pas de nature à ramener la paix en Pays basque ». La paix ne règne déjà plus en Pays basque de France. La situation est donc particulièrement grave.      <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/578093-705775.jpg" alt="Tous aux abris !" title="Tous aux abris !" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Restons calmes et analysons froidement la situation.        <br />
       Comme pour la guerre de 70, c’est un courrier qui a mis le feu aux poudres. Dans une lettre adressée à <span style="font-style:italic">Euskal Herriko Laborantza Ganbara</span>, l’ersatz de Chambre d’agriculture du Pays basque monté par les nationalistes du syndicat agricole ELB, les services fiscaux départementaux informent les responsables de cette association : « On se pose la question de savoir si les aides accordées à EHLG peuvent être déductibles des impôts » (les guillemets figurent dans l’article de <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span>). Le sang de ces responsables ne fait qu’un tour… enfin…  plusieurs tours, car la lettre est datée du 12 septembre 2006 et ceux-ci font part à la presse de leur « colère » le 26 février 2007. Manifestement une « colère » rentrée.       <br />
       Heureusement, leur avocat, Jean-René Etchegaray, par ailleurs membre actif de Batera, de l’UDF local et de la municipalité bayonnaise, est là pour dire la vérité vraie : « cette démarche est illégale comme l’a confirmé un arrêt de la Cour d’État (sic) en 2002. » Ses arguments juridiques sont irréfutables : «  … l’organisation du salon de l’agriculture du Pays basque qui a réuni plus de 30.000 personnes à Bayonne (qui) a montré le désir d’ouverture (de EHLG) » (les guillemets figurent dans l’article). Les services fiscaux devraient donc consulter le Code des impôts à l’article désir d’ouverture. Pourtant, ils ont, comme beaucoup d’autres, entendu l’adjoint au maire de Bayonne, un certain Jean-René Etchegaray, proclamer haut et fort que ce « salon de l’agriculture » était organisé par une association d’agriculteurs basques dénommée « Lurrama », qu’il ne fallait pas confondre avec <span style="font-style:italic">Euskal Herriko Laborantza Ganbara</span>. Cette affirmation a été reprise sans hésitation par le député-maire de Bayonne, ce qui prouvait bien qu’il n’y avait pas lieu de la mettre en doute (<a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=492503&preview=1">relire notre article</a> « les masques sont de saison à Bayonne » du 12/11/06). Et voilà qu’aujourd’hui, M. Etchegaray nous dit qu’EHLG et Lurrama, c’est du pareil au même. C’est Zorro qui apparaît derrière l’écran de fumée.       <br />
       En tout cas, apprend-on à la lecture de l’article de <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span>, l’avocat a introduit une action en référé (…) et aussi une action au fond « pour faire juger illégale la décision ». Quelle décision ? celle, pour les services fiscaux, de « se poser des questions » ? Serait-il interdit, même à une administration, de s’interroger ? Voilà qui nous promet un procès de nature inédite. On ne doute pas que M. Etchegaray saura y mettre en valeur tout son talent. Comme lors des procédures où il défendait, avec une conviction comparable, les maires qui avaient apporté un soutien financier à l’association des élus pour un département Pays basque (<a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=194513&preview=1">voir notre article</a> « Choqué … mais prudent tout de même » du 20/08/05)       <br />
       En attendant les décisions de la justice, le Pays basque vit dans cette atmosphère proprement insupportable de ni guerre ni paix, décrite avec justesse par des élus particulièrement clairvoyants. Ne faudrait-il pas envisager une interposition des casques bleus de l’ONU ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Tous-aux-abris-!_a121.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les terroristes et les autruches</title>
   <updated>2009-10-26T18:16:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Les-terroristes-et-les-autruches_a102.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-543353-663765.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2007-01-21T22:21:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Nous ne reviendrons pas sur les faits en eux-mêmes, attentat terroriste à l’aéroport de Madrid, réactions diverses notamment dans le gouvernement espagnol, communiqué d’ETA, manifestations dans les rues, débat parlementaire. Nous essayerons de comprendre comment on est arrivé à cette situation de rupture. Nous observerons évidemment les réactions côté français, et nous ne priverons pas de noter certains silences d’aujourd’hui qui contrastent singulièrement avec les rodomontades des « interventionnistes » d’il y a quelques mois.      <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/543353-663765.jpg" alt="Les terroristes et les autruches" title="Les terroristes et les autruches" />
     </div>
     <div>
      En mai 2005, le Parlement espagnol, après avoir rappelé « le principe démocratique imprescriptible selon lequel les questions politiques sont débattues uniquement par les représentants légitimes de la volonté populaire », avait donné son approbation pour « un processus de dialogue entre les institutions compétentes de l’État et ceux qui décident d'abandonner la violence». Les négociations devaient donc porter sur les conditions dans lesquelles ETA allait « se dissoudre et déposer les armes » (propos du Président Zapatero). Après la décision d’ETA de « cessez-le-feu permanent » le 22 mars 2006, nous écrivions dans notre rubrique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=338006&preview=1">Le début de la fin, en échange de quoi ?</a> » qu’il fallait « se réjouir de cette annonce » mais qu’il nous semblait que la vigilance s’imposait. En effet, le gouvernement espagnol se trouvait dans la situation délicate d’un État de droit amené à discuter avec des terroristes des conditions de leur disparition, sinon de leur reddition.       <br />
       Le 29 mai 2006, le Président Zapatero annonçait le début du dialogue officiel gouvernement/ETA. Il nous est vite apparu que tout se déroulait « dans le domaine de l'ambigu, de l'allusif et du non-dit » (cf. notre rubrique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=408556&preview=1">Processus tortueux</a>  » du 12/07/06). Mais, écrivions-nous, « malgré les sinuosités du chemin, les participants ont parfaitement conscience de la direction qu'ils ont à prendre et du but qu'ils poursuivent ». Cette phrase s’appliquait en particulier à ETA et à son bras politique Batasuna dont les communiqués et déclarations ne laissaient aucun doute sur leur volonté d’aborder dans les discussions en cours les questions politiques (cf. nos rubriques « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=392381&preview=1">La France et la "question basque" vues par ETA</a> » du 15/06/06 et « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=399081&preview=1">Des faits éclairants</a> » du 26/06/06). Étaient ainsi régulièrement cités le droit à l’autodétermination du « peuple basque » et <span class="fluo_cyan">la territorialité d’<span style="font-style:italic">Euskal Herria</span> </span>(l’affirmation de l’unité territoriale de l’Euskadi, la Navarre et du Pays basque de France constituant « le grand » Pays basque), impliquant la modification du statut actuel de la communauté forale de Navarre.       <br />
       Rapidement, les observateurs constatèrent un « dialogue en crise » (<span style="font-style:italic">Le Monde</span> du 11/11/06) , ponctué par la violence urbaine (<span style="font-style:italic">kale borroka</span>) provoquée par les <span style="font-style:italic">Segi</span> (organisation des jeunes de Batasuna, normalement interdite) et les plaintes d’entrepreneurs, de Navarre notamment, pour des tentatives d’extorsion de fonds. Certains, parmi les plus pessimistes – ou les plus lucides – rappelaient que ETA avait fixé comme limite de ses attentes la fin de l’automne. Le 30 décembre, ce fut l’explosion d’une camionnette bourrée d’explosif dans un parking souterrain de l’aéroport de Barajas à Madrid, avec deux morts et des dégâts matériels considérables.       <br />
       Le Président Zapatero, dans ses premières déclarations après l’attentat, ne parvenait pas à sortir de l’ambiguïté qui avait été la sienne pendant toute la période antérieure, comme s’il ne se résolvait pas à effacer de son esprit son désir de passer dans l’histoire pour  l’homme qui aurait apporté la paix à laquelle aspirent tant d’Espagnols. Et du coup d’être installé au pouvoir pour longtemps. Il fallut que le ministre de l’intérieur Rubalcaba, officiellement chargé des négociations, prononcent les propos définitifs qui s’imposaient.       <br />
              <br />
       <b>Le communiqué d’ETA</b>       <br />
       Le communiqué que l’ETA a fait parvenir à son correspondant habituel, le journal indépendantiste <span style="font-style:italic">Gara</span>, est une fois de plus, révélateur. « ETA est une organisation terroriste qui au nom d’une représentation supposée populaire que personne ne lui a conférée, prétend à des objectifs politiques par la pratique de la violence. » (Josu Jon Imaz, président du PNV, dans un long texte publié après l’attentat). Sa logique est la violence et son moyen d’expression la terreur. Transformer ces terroristes en interlocuteurs de l’État de droit, ce qui implique une certaine égalité au niveau des discussions, est déjà en soi une opération périlleuse ; c’est pourquoi les Parlementaires avaient énoncé les précautions mentionnées ci-dessus. Mais le point de vue des terroristes est tout autre. En renonçant de manière « permanente » à la violence, c’est-à-dire en sacrifiant une part de lui-même, ETA estimait avoir fait un pas considérable dans le sens de son adversaire, l’État espagnol, alors que ce dernier avait fait de l’arrêt de la violence un préalable. ETA attendait donc de ses interlocuteurs, en plus du rapprochement des prisonniers sur lequel il y avait tacitement accord de principe, des concessions politiques : fin des actions de police et de justice contre ETA et ses affiliés, retour à la légalité de Batasuna, "nouveau cadre juridico-politique fondé sur le droit à l'autodétermination et sur <span class="fluo_cyan">la territorialité</span>" impliquant des discussions immédiates sur le rapprochement institutionnel de la Navarre et de l’Euskadi (ces deux points étant également énoncés dans le plan Ibarretxe). Les dés étaient pipés. C’est pourquoi on peut lire dans le communiqué de ETA des phrases de ce genre : « Les dirigeants du gouvernement espagnol devraient savoir qu’ils ne pourront construire un processus de paix en maintenant les limites politiques qui ont produit le conflit. » « Le gouvernement de l’Espagne n’a pas encore fait de pas pour annuler ses mécanismes de guerre et de répression. »        <br />
       D’après le journal <span style="font-style:italic">Gara</span> du 15/01/07, ETA aurait obtenu de la part de ses interlocuteurs des promesses qui n’auraient pas été suivies d’actes concrets. Quoi de vrai dans ces affirmations ? Le saurons-nous un jour ? Alors, en restant dans sa logique de violence, pour marquer sa réprobation, ETA va faire exploser 300 kg d’explosif dans un parking souterrain. S’il y a eu deux morts, c’est parce qu’« on n’a pas su faire évacuer le parking en une heure, après trois appels expliquant la situation exacte de la bombe » lit-on dans le communiqué. Pour les temps à venir, « les décisions de ETA et ses réponses dépendront du comportement du gouvernement de l’Espagne. (…) Tant que se maintiendra la situation actuelle d’attaque contre Euskal Herria, (…) ETA est totalement déterminé à répondre. » Rien n’a changé…       <br />
              <br />
       <b>« Pour la paix »</b>       <br />
       Le gouvernement espagnol, et principalement son président, ont fait montre d’un optimisme exagéré bien qu’au départ le Président Zapatero ait pris la précaution d’annoncer un processus « long et difficile ». Les termes « processus de paix » qui allaient sans doute dans le sens des attentes de la population n’étaient en rien réaliste. D’autant que le ministre Rubalcaba, en charge des négociations, qui avait promis de tenir les partis politiques informés du déroulement des discussions, se taisait, ce silence étant particulièrement éloquent. De même, dire comme le fit le 29 décembre 2006 le Président Zapatero, au sujet de « la lutte pour la fin de la violence » que « nous allons mieux… » parce qu’il n’y avait pas eu d’attentat en 2006, c’était valoriser l’attitude d’ETA et son « cessez-le-feu permanent ». Comme on peut le lire dans un article « <span class="fluo_jaune"><span style="font-style:italic">Los principios y los leyes (errores que favorecen a ETA)</span> </span>» signé Marcos Aguirre sur le site de <a class="link" href="http://www.bastaya.org">Basta ya !</a> « <span style="font-style:italic">tout le "processus de paix" s’est accompagné de confusion, de perversion du langage, d’inversion des principes, et, comme conséquence de tout cela, d’une insurmontable division sociale. La crédulité presque générale à laquelle nous avons assisté n’aurait probablement pas été possible si la société n’avait pas été soumise à un déluge de confusion verbale et conceptuelle. (…) On parlait de dialogue comme s’il s’agissait d’un échange rationnel et pacifique d’arguments entre démocrates ; les évêques nous "exhortaient au pardon mutuel et à la réconciliation" ; la paix ne paraissait pas dépendre des terroristes mais de notre bonne volonté (nous devions tous "faire des efforts" pour la paix, le lehendakari nous le rappelait pour le Nouvel An). (…) Depuis les premiers jours, s’est mis en marche un projet délibéré de mystification et de confusion ; depuis le début est devenue très perceptible l’intention d’instaurer un consensus d’optimisme bébête imposé par la pression sociale et médiatique (le pire était "rester seuls") ; ceux qui ne gobaient pas ça, ceux qui avaient décidé de "rester seuls" (…) étaient des "ennemis de la paix". </span>» Comment ne pas penser au climat politique en France lors des accords de Munich ?       <br />
       On retrouve cette attitude dans les péripéties concernant le mot d’ordre de la manifestation de Bilbao du 13 janvier 2007 lancée par le <span style="font-style:italic">lehendakari</span> Ibarretxe : au départ « pour la paix et le dialogue ». Dialogue avec qui, sinon avec ces terroristes qui venaient de fomenter un attentat mortel ? Pour parler de quoi, sinon des sujets sur lesquels se retrouvent le <span style="font-style:italic">lehendakari</span> (avec son fameux plan qui avait précédemment capoté) et ETA, le droit à l’autodétermination et la territorialité d’<span style="font-style:italic">Euskal Herria</span> ? L’éditorialiste du journal indépendant <span style="font-style:italic">El Correo</span> du 11/01/07 utilise l’adjectif « ambigu » et parle d’un <span style="font-style:italic">lehendakari</span> « obsédé par le besoin de souligner son rôle et de retrouver l’initiative pour son plan après le camouflet infligé. » C’est sans doute sous la double pression de ses amis politiques du PNV qui ne voulaient pas voir l’état-major de Batasuna à la manifestation, et des socialistes du PSE qui menaçaient de ne pas participer, qu’a été ajoutée la phrase « nous exigeons d’ETA la fin de la violence ». Quoi qu’on en fasse, le slogan le plus efficace sera toujours « <span style="font-style:italic">ETA no</span> ».        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/543353-1453536.jpg" alt="Les terroristes et les autruches" title="Les terroristes et les autruches" />
     </div>
     <div>
      <b>La politique de l’autruche</b>       <br />
       Dans cette manifestation de Bilbao (Biscaye), la journaliste de <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> a repéré Michel Veunac, adjoint au maire de Biarritz et délégué de l’UDF pour les Pyrénées-Atlantiques, qui lui a déclaré : « Dans <span class="fluo_cyan">cette terre qui est aussi la nôtre</span> puisque nous sommes aujourd’hui dans une réalité transfrontalière étroite, l’enjeu de la paix est un enjeu majeur. » Le lecteur aura compris que, pour cet élu biarrot, la <span class="fluo_cyan">territorialité d’Euskal Herria</span>, dont ETA et la plan Ibarretxe réclament l’officialisation, est une réalité qu’il prend en compte, même lorsqu’il s’agit de débiter des aphorismes d’une banalité à pleurer. Mais, par ce biais, on évite de placer le problème sur un terrain politique qui pourrait devenir glissant. C’est une illustration, de ce côté des Pyrénées, des attitudes décrites par Marcos Aguirre, presque une caricature venant de personnes qui ne sont pas, originellement, de culture basque. L’ardeur des néophytes sans doute…       <br />
       Mais au moins M. Veunac montre-t-il une certaine persistance dans les idées qu’il avait exprimées après la déclaration de cessez-le-feu permanent. Ce n’est pas le cas de Jean-René Etchegaray, l’adjoint (UDF) au maire de Bayonne, qui s’était déclaré prêt à participer au « processus de paix ». Quelle est son analyse de la situation actuelle ? Quelles sont ses propositions ? Silence sur toute la ligne. Où est-il donc passé ? Après l’avoir entendu souhaiter en mars 2006 que les partis politiques du « Pays basque nord » (donc l’UDF) prennent « une part active » dans le processus, nous avions noté son silence après les communiqués d’ETA. Et aujourd’hui, plus rien, plus personne. La « part active » s’est réduite à néant. M. Etchegaray préfère réserver ses effets de manche à des sujets futiles comme la pétition pour un référendum en vue de la création d’un département Pays basque.       <br />
       Autre silence remarquable : celui du maire (PS) d’Hendaye, Kotte Ecenarro, qui s’était fait remarquer à Strasbourg (voir notre rubrique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=482791&preview=1">ETA-Batasuna, Zapatero, le Parlement européen… et les autres</a> ») lors du débat au Parlement européen à propos de la « résolution sur le processus de paix en Espagne ». Membre de la délégation organisée par la Table pour l'Accord (émanation directe de Batasuna), il s’était lancé dans des déclarations enflammées, n’hésitant à parler de « journée historique (…) qui aura des suites ». On a vu effectivement les suites, mais par contre, on n’a vu ni entendu M. Ecenarro. Dommage ; il a raté l’occasion de montrer que son enthousiasme n’était pas unilatéral.       <br />
       On pourrait ajouter d’autres personnalités, comme Colette Capdevielle, conseillère municipale (PS) d’opposition à Bayonne, habituée à côtoyer depuis longtemps les nationalistes basques de tout bord dans les manifestations en faveur du département Pays basque, et très présente ces derniers temps dans les réunions de « femmes en faveur de la paix ». Et, bien sûr, Jean-Jacques Lasserre, qui du haut de sa fonction de président du Conseil général, avait déclaré qu’il était de son devoir de « faciliter le dialogue et la recherche de la paix sociale » (voir notre rubrique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=500857&preview=1">Singularités françaises face aux pourparlers gouvernement espagnol / ETA</a> »). Qu’allait-il faire dans cette galère ? Qui l’y a poussé ? Avec cette déclaration sur les bras et son silence d’aujourd’hui, il donne l’impression de ne savoir comment s’en échapper. Peut-être pensait-il, avec cette proposition, amadouer les nationalistes, en particulier ceux de ELB qui ne digèrent pas sa catégorique opposition à la « Chambre d’agriculture du Pays basque.       <br />
              <br />
       <b>Et les nationalistes basques d’« Iparralde » ?</b>       <br />
       Ceux du PNB pouvaient se ranger derrière leur président Josu Jon Imaz, qui, rapidement, publiait un long texte, particulièrement ferme et sans ambiguïté vis à vis d’ETA : « la responsabilité unique de l’attentat revient à ETA. » « ETA a prétendu s’ériger une fois de plus en juge de la vie des personnes, et avec elle de la vie politique et sociale basque. »       <br />
       Le porte-parole de Batasuna en France, Xabi Larralde, se vit porté au statut de vedette des médias locaux et même nationaux ; une présence totalement disproportionnée par rapport à l’audience de ce parti en France (lors des dernières élections législatives, il a, par un subterfuge qui n’a trompé personne, évité de compter le nombre de ses supporters dans les circonscriptions « basques »). Il ne fallait pas en attendre autre chose que le traduction en français des multiples déclarations d’Otegi et autres membres de Batasuna, c’est-à-dire une alignement sur les positions d’ETA dont ce parti est le bras politique, derrière certaines précautions verbales. Jusqu’au plus saugrenues ; ainsi, dans une interview au <span style="font-style:italic">Journal du Pays Basque</span> du 13/01/07 : « Au lendemain de l’attentat de Madrid, nous avons fait appel à l’ETA pour qu’elle confirme son cessez-le-feu, et aux gouvernements espagnol et aussi français afin qu’ils garantissent les conditions démocratiques minimales pour le déroulement du processus de paix. À ce jour, l’ETA a répondu favorablement à notre appel (…). » Comme l’écrivait l’éditorialiste d’<span style="font-style:italic">El País</span> après publication du communiqué de ETA, le 10/01/07 : « Les prophètes de Batasuna ont demandé à ETA de faire ce qu’il avait déjà décidé de faire et ont obtenu qu’il en tienne cas. »       <br />
       On trouve parfois dans ce genre d’interview quelques propos révélateurs. Ainsi : « Il est indéniable que le département (Pays basque) représente un pas permettant en particulier de <span class="fluo_cyan">fixer le territoire Pays basque</span>. » On retrouve le concept de territorialité d’<span style="font-style:italic">Euskal Herria</span>, revendication répétée d’ETA et des nationalistes. C’est une des raisons de notre opposition à la création de ce département. C’est aussi une réalité que certains, toujours les mêmes, se refusent à reconnaître.        <br />
       Abertzaleen Batasuna nous a joué son habituel numéro, un pied dedans, un pied dehors. Le parti n’ayant jamais auparavant condamné l’utilisation de la violence terroriste (la jugeant toutefois improductive), il ne fallait pas attendre autre chose que des pirouettes. Ainsi, en restant muet après l’attentat et en publiant un seul texte (<span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 12/01/07), après le communiqué de ETA, donc plus de dix jours après l’attentat, AB réussit le tour de force d’occulter le premier en commentant le second. Ce qui tarabuste AB, c’est uniquement la contradiction déclarée inacceptable entre la « confirmation du cessez-le-feu » par ETA dans son communiqué et sa détermination à répondre aux « agressions » futures de l’Etat espagnol. Mais, derrière cette rhétorique, l’essentiel est toujours poursuivi. AB s’aligne sur les positions d’ETA en imputant la faillite du processus à la mauvaise volonté de l’État espagnol et, pour faire bonne mesure, de l’État français. Un texte dans le droit fil de celui qui, en mars 2006, avait « félicité ETA ». Les maires qui, comme ceux d’Anglet ou Biarritz, ont intégré des membres de AB dans leurs équipes municipales auront du mal à convaincre leurs électeurs que les opinions politiques exprimées par ces nationalistes ne doivent pas être prises en compte pour la gestion municipale.       <br />
       Il y a tout de même dans un système démocratique des principes qui ne peuvent être transgressées. Mais les autruches, c’est dans leur gêne, se cacheront toujours la tête dans le sable. Et elles croiront que c’est leur intérêt.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Les-terroristes-et-les-autruches_a102.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La paix, c’est la Constitution.</title>
   <updated>2006-12-11T16:41:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/La-paix,-c-est-la-Constitution_a101.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-514726-628917.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-12-10T17:34:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le 6 décembre est fête nationale en Espagne. C’est le 6 décembre 1978 que le peuple espagnol approuva par référendum (87,8 % des suffrages exprimés) le texte de cette Constitution développée par la voie du consensus pendant la période de la « Transition démocratique », après les années de plomb du franquisme.
Les collectifs civiques « Citoyenneté et Liberté », « Initiative citoyenne Basta Ya », COVITE (Collectif des victimes du terrorisme en Pays basque), « Foro de Ermua » et « Fondation pour la Liberté » ont appelé à un rassemblement à Vitoria, capitale administrative de la Communauté Autonome Basque. Y a été lu le texte ci-dessous intitulé "La paix, c'est la Constitution" (traduit par nos soins).      <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/514726-628917.jpg" alt="La paix, c’est la Constitution." title="La paix, c’est la Constitution." />
     </div>
     <div>
             <br />
       Nous sommes réunis ici pour célébrer le jour de la Constitution, la grande fête de nos libertés civiques et de nos garanties sociales. Au delà de la joie de cette journée, il serait bon que nous profitions de cette date pour mener en commun une réflexion sur la signification de la Constitution et pour nous positionner à nouveau clairement pour sa défense.       <br />
       La Constitution est avant tout la garantie de la paix et du lien social dans notre Etat de droit. Ceux qui ont vécu toutes ces dernières années sous cette Constitution ont vécu en paix. Et ceux qui sont morts pour défendre la Constitution l’ont fait pour maintenir la paix face à ceux qui cherchaient à imposer la tyrannie par le biais de la terreur et de l’assassinat.       <br />
       On parle parfois aujourd’hui de parvenir à un accord de co-existence. Mais c’est justement la meilleure description de la Constitution : un accord de co-existence obtenu au moyen du dialogue parlementaire qui fut ensuite concrétisé et développé dans les différents Statuts d’Autonomie. Ceux qui, pendant tant d’années, ont mené des attentats contre les citoyens respectueux de la Constitution, ne cherchent ni la co-existence ni le dialogue. Il ne cherchent qu’à imposer brutalement leur propre discours et à faire fléchir ceux qui n’acceptent pas la conquête du pouvoir par la force.       <br />
       Si nous avons tant de temps combattu le terrorisme, nous ne l’avons pas fait simplement pour des raisons humanistes et par répugnance morale envers le crime mais pour la pure et simple des raisons politiques : pour défendre la liberté de notre pays contre ceux qui prétendent la séquestrer ou nous intimider afin que nous y renoncions.       <br />
       Evidemment, nous voulons la paix. Mais la paix ne peut jamais être seulement absence de violence, mais présence et application de la Constitution, sans pressions, extorsions ni menaces. Nous sommes disposés à accepter comme concitoyens tous ceux qui reconnaissent la norme constitutionnelle mais nous ne somme pas disposés à suspendre un seul jour nos droits de citoyen pour faire plaisir aux maîtres-chanteurs de la terreur, à ceux qui veulent la recomposition du pays comme prix pour renoncer à leurs excès.       <br />
       La paix doit être le triomphe de la Constitution, qui est la victoire de tous. Le reste est contrainte et soumission à la folie sanguinaire de quelques-uns, ou opportunisme de ceux qui prétendent profiter de cet héritage de peur pour obtenir une hégémonie politique qu’ils ne pourraient obtenir d’une autre manière.       <br />
       Citoyens, longue vie à la Constitution ! Défendons, aujourd’hui comme hier, la garantie de nos libertés !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Nos hemos reunido aquí para celebrar el día de la Constitución, la fiesta máxima de nuestras libertades cívicas y nuestras garantías sociales. Además de una jornada de alegría, será bueno también que aprovechemos la fecha para hacer en común una reflexión sobre el significado de la Constitución y para reafirmarnos en su inequívoca defensa.       <br />
       La Constitución es ante todo la garantía de la paz y la convivencia en nuestro Estado de Derecho. Quienes hemos vivido dentro de la Constitución todos estos años hemos vivido en paz: y quienes han muerto por defender la Constitución lo han hecho por mantener la paz frente a quienes buscaban imponer la tiranía por el camino del terror y el asesinato.       <br />
       Se habla a veces hoy de conseguir por medio del diálogo un acuerdo de convivencia. Pero ésa es precisamente la mejor descripción de la Constitución: un acuerdo de convivencia conseguido por medio del diálogo parlamentario que luego ha ido siendo concretado y desarrollado en los diversos Estatutos de Autonomía. Quienes durante tantos años han atentado contra los ciudadanos respetuosos de la Constitución no buscan ni convivencia ni diálogo: sólo buscan imponer brutalmente su monólogo y doblegar a quienes no aceptan su conquista del poder por medio de la fuerza.       <br />
       Los que hemos luchado tanto tiempo contra el terrorismo no lo hicimos meramente por razones humanitarias y por repugnancia moral ante el crimen, sino por la más pura y simple de las razones políticas: por defender la libertad de nuestro país contra quienes pretenden secuestrarla o intimidarnos para que renunciemos a ella.       <br />
       Desde luego, queremos la paz: pero la paz no puede ser nunca mera ausencia de violencia, sino que debe ser presencia y vigencia de la Constitución, sin coacciones, extorsiones ni amenazas. Estamos dispuestos a aceptar como conciudadanos a cuantos se acojan a la norma constitucional pero no estamos dispuestos a suspender ni un solo día nuestro derecho de ciudadanos para complacer a los chantajistas del terror, que quieren reinventar el país como precio a renunciar a sus desmanes.       <br />
       La paz debe ser el triunfo de la Constitución, que es la victoria de todos. El resto es imposición y sumisión a la locura sanguinaria de unos pocos o al oportunismo de quienes pretenden aprovecharse de esa herencia de pánico para obtener una hegemonía política que no podrían conseguir de otro modo.       <br />
       ¡Ciudadanos, larga vida a la Constitución! ¡Defendamos, hoy como ayer, la garantía de nuestras libertades!”       <br />
              <br />
       Basta Ya, Ciudadanía y Libertad, COVITE, Foro de Ermua, Fundación por la Libertad</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/La-paix,-c-est-la-Constitution_a101.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Singularités françaises face aux pourparlers gouvernement espagnol / ETA</title>
   <updated>2006-11-28T22:13:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Singularites-francaises-face-aux-pourparlers-gouvernement-espagnol-ETA_a81.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-500857-612204.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-11-22T23:44:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une récente chronique intitulée « ETA-Batasuna, Zapatero, le Parlement européen… et les autres », nous annoncions la publication de nos réflexions sur les pourparlers en cours entre le gouvernement Zapatero et ETA. Or, la presse nationale française a déjà rendu compte de la situation actuelle, proche du blocage. Il ne nous semble pas nécessaire d’y revenir. Nous nous attacherons plutôt aux positions exprimées en France par les uns et par les autres, qui ne laissent pas d’étonner.

     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/500857-612204.jpg" alt="Singularités françaises face aux pourparlers gouvernement espagnol / ETA" title="Singularités françaises face aux pourparlers gouvernement espagnol / ETA" />
     </div>
     <div>
             <br />
       <span style="font-style:italic">Le Monde</span> a publié dans son édition datée du 11/11/08 un <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-833050,0.html">article très complet</a>, signé par Cécile Chambraud, sa correspondante à Madrid, intitulé « Zapatero-ETA : dialogue en crise ». C’est, à notre point de vue, une excellente description synthétique de la situation du gouvernement et de l’état de l’opinion espagnole face aux positions de ETA-Batasuna. Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de le lire, nous en reproduisons le premier paragraphe et les dernières lignes, ce qui nous permettra de rebondir sur les retombées côté français.       <br />
       « Au Pays basque, José Luis Rodriguez Zapatero avance sur un fil. Le "processus" de dialogue avec l’ETA qu’il a officiellement engagé le 29 juin est déjà en crise, avant même que ses représentants et ceux du groupe armé aient pu se rencontrer. À la première occasion grave – le vol, par un commando de l’organisation, de 350 armes de poing en France, le 24 octobre à Vauvert --, voilà le président du gouvernement espagnol sommé, y compris par une partie de ses partisans , de démontrer qu’il sait où il va et d’obtenir, avant de poursuivre, la preuve que l’ETA a bien décidé d’arrêter la "lutte armée". »       <br />
       « Le 27 octobre, le quotidien <span style="font-style:italic">El País</span>, pourtant partisan du processus et favorable au chef de l’exécutif, a mis M. Zapatero en demeure de donner des "indications sur sa feuille de route", ne serait-ce que pour prouver qu’elle existe, et de ne pas se contenter de demander "un acte de foi permanent" aux Espagnols. Voici M. Zapatero dangereusement placé à la merci de nouveaux agissements de l’ETA. »       <br />
       Il ne fait de doute pour personne en Espagne que le ministre de l’intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba dispose d’émissaires en contact avec ETA : « Le gouvernement et ETA poursuivent sans ouvrir de dialogue mais maintiennent des contacts » écrit Alberto Surio en titre d’un article d’<span style="font-style:italic">El Correo</span> du 29/10/06. Aussi le vol d’armes de Vauvert a été considéré par l’ensemble de l’opinion espagnole, mis à part les indépendantistes radicaux, comme un acte particulièrement important et significatif de l’état de tension des discussions en cours. « Avec des pistolets, pas de dialogue » titrait <span style="font-style:italic">El País</span> du 25/10/06. Cet événement embarrassa le gouvernement au point que le Président, deux jours après le vol, se contenta d’indiquer que cet acte terroriste aura des conséquences… C’était le moins qu’il pouvait dire. Même le président du PNV déclarait que ce vol, s’il s’avérait qu’ETA en fût l’auteur, « obligerait à vérifier la réelle volonté (de ETA) à maintenir le cessez-le-feu. » (<span style="font-style:italic">El Diario Vasco</span> du 27/10/06).       <br />
       À l’opposé de cette inquiétude des Espagnols qui craignent de voir s’envoler des espoirs de retrouver enfin une paix civile à laquelle naturellement ils aspirent, il faut noter, côté France, la position des nationalistes basques, comme  l’« historique » Jakes Abeberry. Questionné par <span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 28/10/06, il « s’est voulu rassurant. Il a rappelé les années de plomb du post-franquisme, avec la fusillade des ouvriers à Vitoria-Gasteiz, l’assassinat des avocats d’Atocha à Madrid ou même le coup d’Etat déjoué du lieutenant-colonel de la Garde Civile Tejero. "Certes, ça met du temps pour changer d’une phase à une autre" a-t-il dit. » Au delà de la position politique de quelqu’un qui approuve, ou, à tout le moins comprend, la stratégie de l’ETA et qui évite toute analyse politique de la situation, on ne peut s’empêcher de remarquer la mansuétude cauteleuse de celui qui, bien à l’abri dans un territoire protégé, n’a jamais eu à souffrir du terrorisme ou même à être confronté à ses conséquences. Il emboîte le pas d’ETA-Batasuna car il pense qu’une négociation politique permettra quelques avancées de plus vers la « construction nationale » à laquelle il aspire.       <br />
              <br />
       <b>Après le sommet franco-espagnol de Gérone.</b>       <br />
       Avant ce sommet, <span style="font-style:italic">Le Figaro</span> a publié le 14/11/06 une <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/international/20061114.WWW000000363_zapatero_eta_doit_prouver_sa_bonne_volonte_.html">interview</a> du président Zapatero. Ce dernier montre une attitude très ferme vis à vis d’ETA, affirmant et réaffirmant que « le gouvernement ne fera rien tant qu’il n’aura pas d’assurances quant à la bonne volonté d’ETA. » Le lecteur attentif aura noté tout de même une tonalité un peu différente lorsqu’il s’agit d’évoquer le retour du parti Batasuna, bras politique d’ETA interdit en Espagne pour n’avoir pas condamné la violence terroriste, à la vie politique (vie politique légale, car Arnaldo Otegi, porte-parole de Batasuna, n’a jamais fait autant parler de lui que depuis le cessez-le-feu). « Ce qu’on appelle la gauche nationaliste rassemble des milliers de citoyens au Pays basque » rappelle Zapatero. Il ajoute tout de même : « Sa représentation politique doit accepter les règles du jeu et dénoncer la violence. Sur ce principe, il ne peut y avoir de discussion. »       <br />
       La presse espagnole mentionne qu’au cours du sommet de Gérone, le 16/11/06, les questions du terrorisme basque n’ont été que brièvement abordées. Dans la conférence de presse finale (voir le <a class="link" href="http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/conferences_et_points_de_presse/les_conferences_et_points_de_presse_du_president_de_la_republique.12322.html">compte-rendu</a> <span style="font-style:italic">in extenso</span> sur le site de la Présidence de la République), au cours de son intervention préliminaire, le Président Zapatero les a évoquées pour « renouveler les remerciements de l’Espagne au Président Chirac, au gouvernement de la France, pour leur collaboration permanente dans la lutte contre le terrorisme. » En réponse à une question de la salle, le Président Chirac a prononcé sur ce sujet une seule phrase : « Je voudrais simplement, sur ce sujet, dire que le gouvernement français et la France apportent un soutien sans aucune réserve à l’action menée par le gouvernement espagnol. »  Rien de plus.       <br />
       Pourtant, dans le journal <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 18/11/06, la journaliste ayant l’exclusivité des articles relatifs à l’Euskadi écrit que « le Président de la République a confirmé son soutien "sans réserves" au chef du gouvernement espagnol et au processus de paix actuellement dans une phase difficile. »  Elle n’a pu s’empêcher de transcrire à sa façon les propos du Président Chirac et de glisser subrepticement sa propre interprétation extensive qui convient mieux à ses idées, proches du nationalisme modéré. <span class="fluo_vert">Voilà comment nous sommes informés…</span>  Si M. Chirac a, dans une intervention antérieure, parlé de « processus de paix », c’était à propos de l’initiative conjointe de l’Espagne, la France et l’Italie relative à la situation au Moyen Orient. Même <span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span>, pourtant favorable à la « gauche abertzale », n’a pas eu une telle audace. Certes, il commence l’article en pratiquant un amalgame des propos de l’un et l’autre des présidents, écrivant que « Jacques Chirac a exprimé hier le "soutien sans réserve" (citation tronquée de J. Chirac, NDLR) de l’Etat français aux "efforts de paix" (citation approximative du Président Zapatero qui a parlé d’"un seul front pour atteindre notre objectif de lutte contre le terrorisme et de paix" NDLR). Toutefois, dans le corps de l’article, la phrase entière de M. Chirac est correctement citée.       <br />
              <br />
       <b>Procès d’etarras à Paris : du chantage à la menace</b>       <br />
       Le procès des membres de l’appareil logistique de l’ETA en France, ceux qui géraient le <span style="font-style:italic">zulo</span> de Rivière découvert en juillet 2002, a débuté vendredi 17 novembre. Avec, comme il est de coutume dans ce genre de procès, divers incidents : poings levés, chant des combattants <span style="font-style:italic">Eusko Gudariak</span>, cris <span style="font-style:italic">Gora ETA</span> repris par le public. Les accusés « ont clairement revendiqué l’appartenance de tous à l’ETA et se sont présentés comme des combattants "pour le droit du peuple basque à disposer de son avenir". » (AFP, 17/11/06, 13 :19). Esparza  puis Oyarzabal, considéré comme le chef, ont lu, en français, des textes dactylographiés. « Tant que l’État français ne reconnaîtra pas la réalité du conflit basque, ce conflit perdurera. »  « Nous en appelons au gouvernement français afin qu’il ne gâche pas l’opportunité qui se dessine. En fermant la porte à une issue politique, il prend le risque de prolonger le conflit. » (AFP, id).       <br />
       Mais dans la presse espagnole, la dernière phrase est plus longue. Pour l’agence espagnole EFE, c’est « il court le risque de prolonger et d’étendre le conflit ». Pour Fernando Iturribarría, le correspondant à Paris d’<span style="font-style:italic">El Correo</span>, c’est « assume le risque de prolonger et d’étendre le conflit ». La phrase prend ici une tout autre signification que celle citée par l’AFP. La menace est explicite. Prolonger le conflit, c’est le prolonger en Espagne, l’étendre, c’est l’étendre en France.       <br />
       Nous aurions tendance à retenir cette dernière version, car les Espagnols savent, par expérience, qu’il faut prendre au sérieux les textes d’ETA et notamment les menaces qu’ils contiennent. On voit bien que ETA tente de faire avec l’État français le même chantage qu’avec l’État espagnol. Dans son dernier bulletin interne <span style="font-style:italic">Zubate</span>, repris par <span style="font-style:italic">El Correo</span> du 4/11/06, l’organisation terroriste évoque « la responsabilité des États espagnol et français » dans le blocage du processus (parce qu’ils n’interviennent pas auprès de leur police et de leur justice pour faire stopper les actions contre ETA et ses organisations satellites) et déclare : « S’ils continuent ces attaques, ETA répondra ». Elle redit que les clés pour arriver à une solution du conflit sont « autodétermination et territorialité ». Tout un programme (politique) que l’annonce du « cessez-le-feu permanent » n’a pas fait varier d’un iota, bien au contraire. Et depuis le 17 novembre, les menaces envers la France sont devenues plus tranchées.       <br />
              <br />
       <b>Quelle mouche a piqué le Président du Conseil général des P.A. ?</b>       <br />
       C’est le moment choisi par le Président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques pour faire, en séance plénière du Conseil, une déclaration dans laquelle il « appelle à faire des pas vers la paix » (titre de l’article du <span style="font-style:italic">Journal du Pays Basque</span> du 17/11/06). C’est « le moment opportun » titre, sans ironie apparente, <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 18/11/06, qui reprend les propos du Président Lasserre : « Il sera du devoir des élus composant l’assemblée départementale, et de son devoir à lui, "de faciliter le dialogue et la recherche de la paix sociale". »       <br />
       La paix sociale ! L’expression est pour le moins curieuse. On peut, comme l’avance le <span style="font-style:italic">Partido Popular</span>, penser qu’il s’agit d’une affaire d’ordre public qu’une ferme action policière doit pouvoir régler. On peut, à l’opposé, dire comme tous les nationalistes qu’il s’agit d’un conflit de nature politique auquel seule une solution politique peut mettre fin. Mais que vient faire le social dans cette affaire ? Certes, comme l’ont répété à différentes reprises les patrons d’Euskadi, une situation d’insécurité ne favorise pas un climat d’expansion économique, mais ce n’est pas, et de loin, l’aspect principal du conflit. Parler de « paix sociale », c’est occulter la gravité du problème.       <br />
       D’autre part, le Président Zapatero l’a  rappelé dans son interview au <span style="font-style:italic">Figaro</span> : « Le Parlement a autorisé l’ouverture d’un dialogue lorsqu’ETA manifesterait une volonté sans équivoque d’abandonner les armes. » Le dialogue ne peut s’ouvrir qu’à condition que cessent toutes les actions terroristes (y compris <span style="font-style:italic">kale borroka</span> et extorsions de fonds qui perdurent) et qu’ETA comprenne que « la démocratie ne paiera aucun prix politique pour atteindre la paix » (déclaration du 29/06/06). C’est loin d’être le cas aujourd’hui. D’où le blocage.       <br />
       Alors, quelques questions préalables : Par qui le Président du Conseil général est-il mandaté pour « faciliter le dialogue » ? De quel droit offre-t-il ses bons offices ? Quelqu’un a-t-il fait appel à lui ? Que propose-t-il concrètement ?       <br />
       Plus fondamentalement, vers qui M. Lasserre lance-t-il son appel ? Vers le gouvernement Zapatero, en lui conseillant, de fait, de renier les engagements qu’il a pris devant le Congrès et en faisant fi des principes démocratiques ? On n’ose le penser. Vers l’ETA en lui demandant de renoncer à son intransigeance ? La réponse est venue indirectement de Paris. En vérité, le Président du Conseil général croit-il vraiment un seul instant que son « appel » peut avoir un quelconque effet sur les parties en présence ? Il est trop bon connaisseur des arcanes de la politique pour se faire la moindre illusion dans ce sens. D’autant qu’à l’évidence, « il serait absurde de vouloir mêler la France à cela. » (Zapatero au <span style="font-style:italic">Figaro</span>).       <br />
       S’il s’agit de prendre une posture avantageuse, alors le Président du C.G. serait avisé de rappeler que, dans ce « dialogue », il y a d’un côté un gouvernement qui détient sa légitimité d’un État de droit et sa mission d’une Assemblée élue par le peuple espagnol, et de l’autre, une bande armée qui n’a su, jusqu’à présent, qu’utiliser la violence terroriste, avec plus de 800 victimes à la clé. Ces deux protagonistes pèsent-ils le même poids dans la balance de M. Lasserre ?       <br />
       Alors pourquoi cette intervention ? On peut penser que Jean-Jacques Lasserre a fini par céder à la pression de ses amis de l’UDF de la région de Bayonne et Biarritz, qui s’étaient laissés aller à des déclarations de ce style après l’annonce du cessez-le-feu permanent – on peut citer Jean-René Etchegaray, adjoint au député-maire (UMP) Jean Grenet, et également, ce qui est plus étonnant, Michel Veunac, adjoint au sénateur-maire (UDF) Didier Borotra –. Il s’agirait alors de manœuvres politiciennes destinées à amadouer ou à attirer d’actuels ou de futurs alliés <span style="font-style:italic">abertzale</span>, dans la perspective d’élections annoncées. Ce serait dans ce cas totalement indécent, compte tenu de la gravité de la situation espagnole et des enjeux qu’elle sous-tend. La finesse politique du Président Lasserre viendrait-elle à lui faire défaut ?       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Singularites-francaises-face-aux-pourparlers-gouvernement-espagnol-ETA_a81.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les masques sont de saison à Bayonne</title>
   <updated>2009-10-26T18:06:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Les-masques-sont-de-saison-a-Bayonne_a78.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-492503-602629.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-11-12T23:49:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le Journal du Pays basque exulte : « Large soutien au lancement du premier salon agricole Lurrama » (3/11/06) puis « Carton plein pour Lurrama » (7/11/06). Sud-Ouest n’est pas en reste : « L’agriculture basque plaît »(3/11/06). Le succès public pour cette démonstration d’agriculteurs du Pays basque s’installant pour quelques jours à Bayonne est indéniable. Et du coup, l’opération politique montée par le syndicat agricole nationaliste ELB a abouti, grâce au soutien de quelques hommes politiques locaux qui, une fois de plus, ont préféré jouer les Jocrisse plutôt que « dire la vérité au peuple ». Avec en tête, le député-maire (UMP) de Bayonne, M. Jean Grenet.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/492503-602629.jpg" alt="Les masques sont de saison à Bayonne" title="Les masques sont de saison à Bayonne" />
     </div>
     <div>
      Pour ceux de nos lecteurs qui souhaiteraient connaître dans le détail les chapitres précédents, nous renvoyons à l’article « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?zone2=contenu&zone3=editer_article&id_rubrique=&id_article=491190">Idéologie de la différence</a> » publié dans notre brochure n° 20 du 1er trimestre 2005 et à la rubrique «  <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?zone2=contenu&zone3=editer_article&id_rubrique=&id_article=233649">manœuvres d’arrière-cuisine</a> » du 13/10/05.        <br />
       Résumons l’affaire à ses principes. Vite après qu’un groupe de jeunes gens ait établi, en 1963, les fondements du nationalisme basque en France avec la « charte d’Itxassou », est apparue l’idée du « département basque ». Singulariser le Pays basque et ses habitants par une entité administrative particulière serait un premier pas vers un objectif plus radical évoqué dans la charte. Parallèlement, les transformations dans le monde agricole amènent des réactions de défense de la petite exploitation. On se souvient de l’affaire du camp du Larzac et plus encore de l’affaire d’Aléria en Corse. Dans cette double perspective va se créer un syndicat agricole basque, <span style="font-style:italic">Euskal herriko Laborarien Batasuna</span> (ELB), qui adhère à la Confédération Nationale des Syndicats de Travailleurs Paysans (CNSTP), transformée ensuite en Confédération Paysanne.       <br />
       Le syndicat va surfer sur deux vagues de phénomènes qui se conjuguent : d’une part celle des difficultés que rencontrent les petites exploitations agricoles pour survivre, sur tout le territoire national et notamment en basse montagne ; d’autre part, celle de l’érosion des caractéristiques régionales menacées par un monde de la communication omniprésente et de la mobilité, qui se manifeste notamment par la diminution des locuteurs en euskara, même en zone rurale.       <br />
       Si, dans leur discours, les dirigeants d’ELB se cantonnent aux questions agricoles, on trouve régulièrement le nom du syndicat dans les nombreuses manifestations de la mouvance nationaliste, même la plus radicale. Pour prendre un exemple récent, ELB est signataire d’un manifeste intitulé « au-delà des agressions, pour un processus démocratique » fustigeant les décisions du juge anti-terroriste espagnol Grande-Marlaska ; contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas, dans l’esprit des signataires, des « agressions » de la <span style="font-style:italic">kale borroka</span> (violence urbaine programmée par les jeunes de Batasuna, bras politique d'ETA) mais de la justice espagnole. On remarque entre autres, parmi les signataires, les partis nationalistes EA, Batasuna, Abertzaleen Batasuna, (mais pas le PNV), les syndicats (nationalistes) ELA, LAB, EHNE et des mouvements comme Askatasuna et Segi, proches de Batasuna en France parce qu’interdits en Espagne. C’est pourquoi l’AFP n’hésite pas à désigner ELB comme « proche du parti indépendantiste Abertzaleen Batasuna » (dépêche du 26/11/04 à 8 h 42).       <br />
       Quoiqu’il en soit, ELB réussira, en 1983, une remarquable percée pour sa première participation aux élections de la Chambre d'Agriculture des Pyrénées-Atlantiques et est devenu depuis un acteur qui compte dans le paysage agricole local. Le José Bové de ce syndicat se nomme Michel Berhocoirigoin. Il est très actif, très médiatique. Il participe à de nombreux colloques sur la défense de l’agriculture issue de petites propriétés assurant une certaine qualité du produit. La presse nationaliste (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> ou <span style="font-style:italic">Enbata</span>) publie régulièrement ses propos. Son bras droit est Maryse Cachenaut (c’est sa suppléante au Conseil du développement du Pays basque).       <br />
       La revendication stratégique de ELB est la création d’une Chambre d’Agriculture du Pays basque au nom de « spécificités de l’agriculture du Pays basque ». Pour étayer son raisonnement, ELB se base sur des chiffres comparant le Pays basque et le Béarn. En faisant semblant d’oublier la géographie. En effet, la zone agricole du Pays basque est une zone de marches de montagne ou de basse montagne, centrée sur l’élevage. Par contre, le Béarn peut être divisé en deux zones : au sud une zone qui s’apparente au Pays basque, au nord une zone de plaines d’alluvion, avec une activité tournée vers les céréales et les cultures fourragères, et avec une structure foncière d’exploitations aux superficies plus importantes. Situation très classique diraient les géographes qui auraient alors tendance à séparer le département en deux zones, plaine et montagne. Mais certains, parmi lesquels ELB, voudraient tracer une limite, voire une frontière, nord/sud en fonction de critères ethno-culturels étrangers aux problèmes socio-économiques qui se posent.       <br />
               <br />
       <b>Le Rubicon d’Ainhice-Mongelos</b>       <br />
       La Chambre d’agriculture du Pays basque, un département Pays basque, une faculté de plein exercice pour le Pays basque et, <span style="font-style:italic">last but not least</span>, la co-officialisation de la langue basque constitueront la base revendicative de la plate-forme Batera qui a su la faire approuver par un Conseil de développement bien noyauté. Ces quatre revendications ont été reprises par le Conseil des élus du Pays basque. Le président de cet organisme consultatif, Alain Lamassoure, pensant qu’il pourrait toucher un jour les dividendes de son positionnement favorable aux thèses nationalistes, les fit siennes. Il les présenta personnellement aux Assises départementales des Libertés locales, organisées par le gouvernement Raffarin en prélude à ses lois sur la décentralisation. « Plus rien ne s’oppose à la création d’une Chambre d’Agriculture en Pays basque » affirmait peu après Michel Berhocoirigoin dans une interview au <span style="font-style:italic">Journal du Pays Basque</span> du 14/12/02. Avec l’appui d’un allié de poids comme M. Lamassoure, il s’est cru en position de forcer la main des pouvoirs publics. Mais il commit une erreur d’appréciation. Il avait oublié que M. Lamassoure n’était pas tellement en odeur de sainteté auprès d’un Gouvernement dont le Premier Ministre s’était déclaré hostile à toute scission d’un département et dans lequel siégeait en bonne place Mme Alliot-Marie. Et c’était encore plus net auprès de l’Elysée. Lancé dans une épreuve de force à partir d’une position moins solide qu’il le pensait, ELB se trouva contraint à la fuite en avant. Il menaça les pouvoirs publics de créer sa propre « Chambre d’agriculture » à lui tout seul. Il sauta le pas en janvier 2005 en l’installant à Ainhice-Mongelos, dans les locaux d’un ancien hôtel racheté et réaménagé par une fondation d’Euskadi proche du PNV. Son président est Michel Berhocoirigoin, sa vice-présidente Maryse Cachenaut. L’animateur de cette fondation Manu Robles Arangiz en « Pays basque nord » n’est autre que Jean-Noël Etcheverry, professionnel du nationalisme basque qui fut permanent d’Abertzaleen Batasuna et coordinateur de Batera. Sept personnes sont employées par la « Chambre ». On sait qui finança les investissements. Mais qui finance les frais de fonctionnement ? On nous dit qu’il y a une association des amis de la « Chambre » (dans laquelle figure bien sûr le représentant de la fondation Manu Robles et même un membre éminent du PNV « d’Iparalde », grand spécialiste de l’agriculture puisqu’il dirigea une "coopérative basque" de construction de réseau électrique et qu’il est conseiller municipal d’Anglet, ville de 35.000 habitants de la Communauté d’agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz ).       <br />
              <br />
       <b>La nécessaire reconnaissance</b>       <br />
       Mais, fait exceptionnel à noter, les pouvoirs publics, vraisemblablement poussés par la FNSEA, tinrent bon et ne reconnurent pas cet ersatz de Chambre d’agriculture. Dans ces conditions, quelle pouvait être l’utilité d’un tel organisme et son impact dans la profession agricole, à part une fonction de conseil ? À défaut d’une reconnaissance officielle, ELB va s’employer à obtenir une reconnaissance <span style="font-style:italic">de facto</span> qui pourrait entraîner une reconnaissance <span style="font-style:italic">de jure</span>. Une première tentative fut menée au Conseil régional, grâce aux deux conseillers régionaux membres de Batera et alliés des nationalistes dans toutes les opérations pouvant avoir un impact politique : François Maïtia (PS) qui doit son élection de Conseiller général  aux voix nationalistes dont il a fait en sorte d’obtenir le report au second tour ; Jean Lissar (Vert) dont le parti fut, en septembre 1998, signataire de l’accord entre nationalistes imposé par ETA en échange d’une trêve, accord dit de Lizarra. Mais la tentative avorta à cause de la vigilance de la FDSEA et du Président du Conseil général J.J. Lasserre. (voir notre rubrique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?zone2=contenu&zone3=editer_article&id_rubrique=&id_article=233649">manœuvres d’arrière-cuisine</a>  »).       <br />
              <br />
       <b>Lurrama</b>       <br />
       Ce n’était que partie remise. Une opération d’envergure fut minutieusement préparée, avec à la base la complicité plus qu’active de l’adjoint (UDF) au maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray. Ce dernier, avocat de profession, s’était fait remarquer lors des manifestations de Batera par des propos très virulents contre le gouvernement Raffarin qui refusait la création d’un département basque. Dernièrement, à l’annonce du « cessez-le-feu permanent » de l’ETA, sa réaction était plutôt celle d’un nationaliste, membre du PNV et tranchait nettement avec la prudence affichée par le président du  parti François Bayrou (voir notre chronique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?zone2=contenu&zone3=editer_article&id_rubrique=&id_article=381547">Là-bas et ici</a> » du 30/05/06). Il est également proche d’ELB puisque sa présence est signalée à Ainhice-Mongelos, lors de la création des amis de la « Chambre d’agriculture » (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 19/05/05).       <br />
       Dans un premier temps, va être créée une association écran, <span style="font-style:italic">Lurrama</span>, ce qui évitera de mentionner un syndicat, ELB, connu pour ses liens avec les nationalistes. Devinez qui la présidera… c’est Maryse Cachenaut. Cette association a pour mission d’organiser une manifestation mettant en valeur l’agriculture du Pays basque, de préférence à Bayonne, « capitale » du Pays basque.       <br />
       Mais le plus difficile restait à faire. Ce fut le travail de Jean-René Etchegaray : Convaincre le maire de Bayonne et les pouvoirs publics, c’est-à-dire la sous-préfecture de Bayonne et la préfecture de Pau, de l’intérêt d’une telle manifestation, qui n’aurait, bien sûr, aucune connotation politique. « L’événement se veut ouvert, ludique, festif et surtout pédagogique » dira plus tard Maryse Cachenaut (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 04/10/06). « J.R. Etchegaray a concédé qu’il avait fallu "agir avec doigté" et "donner des gages pour que cette manifestation n’aille pas vers des glissements politiques". » (même source).       <br />
       Les « gages » ont été suffisants pour convaincre le député-maire (UMP) de Bayonne, Jean Grenet, qui trouva là l’occasion de poursuivre les mouvements de balancier qui lui sont habituels quand il aborde les problèmes basques. Il peut ainsi se distinguer en refusant à son adjoint que s’installe dans les locaux de la mairie une délégation de Batera en vue de collecter des signatures demandant un référendum sur le département basque. Il va même au delà de ce qu’on peut attendre en interdisant à son opposition d’inscrire dans la partie du bulletin municipal qui lui est réservée un bon de participation pour ces mêmes signatures. Le maire prétend qu’on ne fait pas de politique au Conseil municipal. Semble-t-il, le député n’en fait pas non plus au Palais-Bourbon puisque même lorsqu’il co-signe un amendement, il n’est pas présent à la discussion (voir l’encadré intitulé « Le débat » en page 8 de notre <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?preaction=joint&id_joint=7027)">brochure n° 15</a>.       <br />
       Finalement, la proposition de <span style="font-style:italic">Lurrama</span> sera acceptée. Merci M. Etchegaray ! L’événement s’est déroulé autour du 1er novembre. La visite officielle fut menée par le député-maire de Bayonne et par François Maïtia, présenté par <span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> comme vice-président du Conseil Régional (était-il vraiment présent dans la délégation officielle à ce titre ?). Les personnalités furent accueillies par Maryse Cachenaut, suivie comme son ombre par Michel Berhocoirigoin (voir la photo publiée par <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 3/11/06). Le journaliste de <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> nota la présence de « beaucoup d’acteurs engagés pour un département basque, la reconnaissance officielle de l’euskara et d’autres thèmes encore ». M. Grenet a-t-il été vraiment dupe de ce jeu de rôle ? ce serait tout de même étonnant. Mais quand, égal à lui-même, il déclare à la cantonade « vous êtes ici chez vous », à qui s’adresse-t-il ? Aux représentants du syndicat ELB ? Aux dirigeants d’une organisation nationaliste, l’ersatz de Chambre d’agriculture, que les pouvoirs publics ont refusé jusqu’à présent de reconnaître ? Ne plonge-t-il pas ainsi dans les eaux troubles des pires manœuvres politiciennes ?  Par contre, chacun nota l’absence du Président du Conseil général, Jean-Jacques Lasserre qui, lui, a des convictions en la matière et ne craint pas de s’y tenir.       <br />
       La manifestation remporta un franc succès auprès du public, intéressé par l’achat de produits en provenance directe de la ferme. Et comme d’habitude, les enfants se montrèrent ravis de monter sur des ânes ou de caresser des moutons. Pourtant, <span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 7/11/06 ne peut s’empêcher d’écrire, sur un ton quelque peu triomphal, « les organisateurs ont réussi à s’allier le soutien des principaux responsables politiques basques » et plus loin « il est difficile de se positionner en ennemi de la cause de Euskal herriko Laborantza Ganbara » (la Chambre d’agriculture en basque). Le pari semble gagné pour ELB.       <br />
       Mais ce succès pour ce syndicat qui n’ose dire son nom n’est-il pas bâti sur du sable ?       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Les-masques-sont-de-saison-a-Bayonne_a78.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>ETA-Batasuna, Zaapatero, le Parlement européen… et Alain Lamassoure</title>
   <updated>2008-12-03T17:51:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/ETA-Batasuna,-Zaapatero,-le-Parlement-europeen-et-Alain-Lamassoure_a76.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-488331-597651.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-11-07T14:08:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Dans une tribune libre publiée dans Le Journal du Pays Basque du 4/11/06, le député européen Alain Lamassoure revient sur son vote, le 25/10/06, au Parlement européen, contre une résolution concernant le « processus de paix en Espagne ».     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/488331-597651.jpg" alt="ETA-Batasuna, Zaapatero, le Parlement européen… et Alain Lamassoure" title="ETA-Batasuna, Zaapatero, le Parlement européen… et Alain Lamassoure" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Sur l’analyse détaillée de ce vote, on se reportera à notre <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=482791&preview=1">précédente chronique</a>. On sait que le député européen Alain Lamassoure, par ailleurs conseiller municipal d’Anglet et président du Conseil des élus du Pays basque, pour ne pas « <span style="font-style:italic">être instrumentalisé</span> », s’est refusé, comme l’ensemble de sa formation du PPE (et donc comme les députés du <span style="font-style:italic">Partido Popular</span> espagnol), à voter en faveur de la résolution présentée.       <br />
       Au Pays basque de France, les nationalistes (<span style="font-style:italic">abertzale</span>) et leurs habituels alliés objectifs, comme le maire (PS) d’Hendaye, se réjouissaient de cette discussion au Parlement européen et parlaient de « journée historique » (ce qui bien normal compte tenu de leur très ancienne prétention d’internationaliser le conflit basque). Dans le même élan, ils s’employaient à stigmatiser l’attitude d’Alain Lamassoure. Il est vrai que les convictions de fédéraliste européen de ce dernier lui avaient fait prendre auparavant des positions qui ne pouvaient que réjouir les nationalistes basques. Un exemple de ses déclarations parmi d’autres, dans <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 26/05/2000 : « <span style="font-style:italic">Ma responsabilité, c’est de profiter du fait que, grâce à l’Europe, il n’y aura plus de frontière entre les Basques</span>. »        <br />
       On a pu lire les propos très sévères des nationalistes sur l’attitude d’Alain Lamassoure au moment du vote. « <span style="font-style:italic">Sa position est vraiment condamnable</span> » juge évidemment le porte-parole de Batasuna à Bayonne. Même Jakes Abeberry, membre fondateur d’Abertzaleen Batasuna et adjoint au maire de Biarritz, « <span style="font-style:italic">n’a pas caché son "étonnement" de voir l’eurodéputé angloy défendre des positions contraires au processus de paix » allant même jusqu’à regretter « l’attitude "non originale" et "peu courageuse" du secrétaire en charge des questions européennes de l’UMP</span>. » (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 28/10/06)       <br />
       Sans doute piqué au vif, c’est pour le même organe de presse, favorable aux thèses <span style="font-style:italic">abertzale</span>, que M. Lamassoure a écrit une tribune libre. Le lecteur peut prendre connaissance d’un article intitulé « La paix au Pays basque : malaise à Strasbourg », bien construit et solidement argumenté, où les mots sont bien pesés (on n’est pas passé par l’ENA pour rien). L’argumentation générale sur la nécessité d’un consensus au plan national en préalable au débat européen est développée. Par rapport aux déclarations précédentes, on notera tout de même quelques nuances : le ton est manifestement plus conciliant. Le terme « instrumentalisé » n’a pas été repris. Batasuna n’est plus qualifié de « bras politique d’ETA » même si le mot « provocation » est utilisé à propos non du forcing auprès des parlementaires européens précédant le débat mais de son attitude en général. L’article est, en quelque sorte, une invitation à mieux se renseigner sur les pratiques du Parlement européen avant d’engager une action dans ce cénacle. On croit comprendre que M. Lamassoure serait prêt à servir de professeur en la matière.       <br />
       Enfin certaines phrases sont dans sa bouche plus inédites : « <span style="font-style:italic">Les institutions européennes en général, le Parlement en particulier, peuvent aider les forces démocratiques d’un État membre à  régler un problème politique interne. Mais elles ne peuvent, ni trancher leurs différents ni, a fortiori se substituer à elles</span>. » Et plus loin : « <span style="font-style:italic">aucune disposition en vigueur ne prévoit la possibilité pour l’Union d’intervenir dans les affaires internes d’un Etat membre, notamment celles qui mettent en cause son organisation territoriale</span>. » Ceux qui ont appris que M. Lamassoure faisait partie de la <span style="font-style:italic">dream team</span> du <a class="link" href="http://www.marianne2007.info/Breves-de-la-semaine_a209.html">candidat Nicolas Sarkozy</a>, ne seront pas étonné de déceler dans cet article un ton qui pourrait être celui d’un ministre des affaires étrangères d’un futur gouvernement de la France.       <br />
       En conclusion, du "grand" Lamassoure, dans toute l’ambiguïté -- on ne sait jamais s’il s’agit de tactique ou de conviction -- qui le caractérise.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/ETA-Batasuna,-Zaapatero,-le-Parlement-europeen-et-Alain-Lamassoure_a76.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>ETA-Batasuna, Zapatero, le Parlement européen… et les autres</title>
   <updated>2008-12-03T17:52:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/ETA-Batasuna,-Zapatero,-le-Parlement-europeen-et-les-autres_a73.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-482791-591356.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-10-30T18:26:00+01:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

On a pu lire dans la presse nationale et régionale différents articles sur le sujet. Avant le débat : « Madrid demande au Parlement européen son soutien au processus engagé au Pays basque » (Le Monde du 19/10/06) ; « Droite et gauche divisés sur la question basque au Parlement européen (AFP 24/10/06). Après le vote : « Pays Basque : vote serré des eurodéputés en soutien au processus de paix » (AFP 25/10/06) ; « Le Parlement européen soutient le processus de paix au Pays basque » ( Le Journal du Pays Basque du 26/10/06) ; « Une assemblée très divisée » (Sud-Ouest du 26/10/06). Mais le lecteur consciencieux qui veut lire le texte de la résolution votée, doit aller la chercher – et ce n’est pas très facile – sur le site du Parlement. Fidèle à nos principes, nous publions d’abord le texte de la résolution avant de la commenter et d’apprécier les réactions des uns et des autres. 
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/482791-591356.jpg" alt="ETA-Batasuna, Zapatero, le Parlement européen… et les autres" title="ETA-Batasuna, Zapatero, le Parlement européen… et les autres" />
     </div>
     <div>
       	       <br />
       Résolution du Parlement européen sur le processus de paix en Espagne       <br />
       Le Parlement européen,       <br />
       -	vu l'article 103, paragraphe 2, de son règlement,       <br />
       1.	fait sienne la déclaration du Conseil européen des 23 et 24 mars 2006, sous la présidence autrichienne, par laquelle "le Conseil européen a accueilli avec satisfaction les rapports du président du gouvernement espagnol concernant le cessez-le-feu permanent annoncé par le groupe terroriste ETA";       <br />
       2.	souscrit à la communication du 22 mars 2006 de M. Josep Borrell, Président du Parlement européen, dans laquelle il a annoncé qu'il s'agissait d'une bonne nouvelle pour la société espagnole et l'ensemble de l'Europe, prouvant qu'il était possible de combattre le terrorisme grâce à la démocratie, qu'il était temps de faire preuve de sérénité et de prudence, temps de se souvenir des nombreuses victimes du terrorisme, d'espérer, et d'unir toutes les forces politiques démocratiques;       <br />
       3.	demande au Conseil et à la Commission de prendre les mesures appropriées;       <br />
       4.	condamne la violence, car elle est inacceptable d'un point de vue moral et totalement incompatible avec la démocratie;       <br />
       5.	exprime sa solidarité avec les victimes du terrorisme;       <br />
       6.	soutient la lutte contre le terrorisme ainsi que l'initiative de paix entreprise au Pays basque par les institutions démocratiques espagnoles dans le cadre de leurs compétences exclusives;       <br />
       7.	charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission et aux gouvernements des États membres.       <br />
              <br />
       Le lecteur constate que ETA est clairement désigné comme « groupe terroriste » et que le terme « terrorisme » figure à trois autres reprises dans ce court texte. À ce terrorisme sont opposées les vertus de la démocratie, et donc de la démocratie espagnole en particulier. D’autre part, les victimes de ce terrorisme sont traitées avec égards. Le lecteur scrupuleux notera toutefois que ce qu’ETA nomme « processus de négociations » est ici appelé « initiative de paix », alors même que le ministre de l’Intérieur espagnol, Alfredo Pérez Rubalcaba, en charge des négociations, utilise avec prudence l’expression « <span style="font-style:italic">el llamado proceso de paz</span> » (par exemple, dans <span style="font-style:italic">El Diario Vasco</span> du 27/10/06). Enfin, la formulation  « il était temps de se souvenir des nombreuses victimes du terrorisme » laisserait entendre que cela n’a pas été fait jusqu’à présent, ce qui n’est pas forcément un compliment pour le gouvernement en place depuis plus de deux ans.       <br />
       Il s’agit manifestement d’un texte qui recherchait un consensus parmi les parlementaires européens. Et il est intéressant de comprendre pourquoi il n’a pas atteint son but (321 voix pour, 311 contre, 24 abstentions, 76 députés ne prenant pas part au vote).       <br />
              <br />
       <b>L’erreur tactique du Président Zapatero</b>       <br />
       Sans doute le Président du gouvernement espagnol s’est-il laissé entraîner par son goût de la tactique qui lui avait plutôt réussi jusqu’à présent, notamment dans l’affaire du nouveau statut catalan. Dans un renversement d’alliance spectaculaire, il avait alors laissé sèchement tomber son allié socialiste Maragall, président de la Generalitat, pour discuter directement à la Moncloa avec l’adversaire direct de celui-ci, le leader de CiU, Artur Mas.       <br />
       Ce débat au Parlement européen est en relation directe avec l’actuelle polémique politicienne espagnole. En effet, le Président Zapatero a misé sa réputation d’homme d’Etat et donc sa survie politique sur l’aboutissement des négociations avec ETA pouvant déboucher sur une paix définitive. Mais, aujourd’hui, toute la presse espagnole considère que le processus est dans une phase critique face aux exigences politiques de ETA (nous y reviendrons plus en détail dans une prochain autre article). Le Président subit dans cette affaire l’opposition frontale du <span style="font-style:italic">Partido popular</span> qui l’accuse de brader les valeurs de la démocratie et de mettre à mal l’état de droit face aux terroristes. Le gouvernement s’en défend et rappelle ses engagements devant le Congrès : ne pas aborder les questions politiques avec ETA tant que l’organisation terroriste n’a pas clairement renoncé à l’usage de la violence. Jusqu’à présent, rien ne prouve que les affirmations du PP sont justifiées. Les mises en garde répétées de Batasuna, bras politique de ETA, considérant que l’attitude de fermeté du gouvernement met en danger le processus, seraient, en quelque sorte, une preuve a contrario. Pour autant, la vigilance s’impose afin de prévenir tout glissement : c’est notamment la position de Basta ya !.       <br />
       La position radicale du PP est en quelque sorte la réponse du berger à la bergère. Si les négociations avec ETA échouent, la voie pour la reconquête du pouvoir lui est largement ouverte. Pourtant certains en Espagne, au delà de la gauche, jugent cette attitude plutôt stérile.       <br />
       À défaut de réussir à affaiblir le PP en Espagne, le président Zapatero va chercher à l’isoler au sein du parti conservateur PPE du Parlement européen. Compte tenu des prises de position du PP sur la scène espagnole, M. Zapatero savait que les représentants de ce parti au Parlement européen ne voteraient jamais une motion approuvant peu ou prou les agissements du gouvernement. Il fallait alors mettre au vote un texte le plus consensuel possible, susceptible d’entraîner l’adhésion des autres membres du PPEuropéen. Mais la manœuvre politicienne se révéla trop évidente. L’ensemble du PPE fit bloc derrière le PP espagnol et refusa de voter le texte présenté par le PSE. C’est pourquoi aussi des députés élus sur des listes du grand sud-ouest comme Jean-Marie Cavada (UDF) ou Béatrice Patrie (PS) n’ont pas pris part au vote, refusant de choisir entre l’un ou l’autre camp dans cette bataille reflétant un affrontement partisan espagnol.       <br />
       Il est particulièrement instructif de revenir sur les commentaires de la presse espagnole et notamment du grand journal <span style="font-style:italic">El País</span> qui n’a jamais caché ses sympathies pour le gouvernement du PSOE.  La vieille du débat, le journal publiait un éditorial intitulé « <span style="font-style:italic">Iniciativa fallida</span> » (initiative avortée). L’article constatait l’impossibilité d’une entente préalable avec le PP, mais il regrettait ensuite cette situation qui aurait pu être différente si « les partis espagnols (avaient eu) une vision moins étroite que celle qui est apparue dans leurs explications de vote ». Le PSOE et le PP étaient renvoyés dos à dos. Le 28/10/06, après le scrutin, Antonio Elorza, professeur de sciences politiques à l’université Contumplense de Madrid et commentateur habituel dans <span style="font-style:italic">El País</span>, commençait ainsi son article : « Finalement, il y a accord général entre tous les médias : le but du gouvernement espagnol d’obtenir un soutien dans le Parlement européen pour sa politique de "paix" en Euskadi s’est soldé par un échec. »       <br />
       Un autre aspect de la tactique Zapatero ne doit pas être négligée. C’est l’ouverture, pour ne pas dire la concession, faite à l’égard de Batasuna, bras politique de ETA. Rappelons que ce parti politique est interdit en Espagne pour n’avoir pas condamné la violence terroriste et qu’il figure sur la liste des organisations désignées comme terroristes par le Conseil de l’Union européenne. ETA et son bras politique ont toujours souhaité voir une scène internationale débattre du « conflit basque » parce qu’ils savaient qu’ils pourraient toujours, d’une façon ou d’une autre, mettre en avant la nature « politique » du conflit. Comme il fallait s’y attendre, Batasuna a largement profité de l’occasion qui lui était offerte par ce débat au Parlement européen voulu par le président Zapatero. « C’est un jour historique » déclarait à Strasbourg Joseba Alvarez, responsable des relations extérieures de Batasuna, propos repris par Reuters. Historique puisqu’en Europe « il est reconnu que le Pays basque est un sujet politique, mais aussi qu’il y a un conflit politique… » (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 26/10/06). Comme le note le député européen (UMP) Alain Lamassoure dans <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 25/10/06 : « Batasuna, la vitrine politique d’ETA est enthousiaste. ETA était en fait demandeur. Nous avons tous reçu une lettre de Batasuna nous demandant de voter cette résolution, dans laquelle figurait son projet d’autodétermination… » M. Lamassoure fait ici preuve d’une perspicacité remarquable, qu’on ne lui connaissait pas dans les relations qu’il a pu avoir, en tant que président du Conseil des Elus du Pays basque ou en tant qu’ex-maire d’Anglet, avec les nationalistes basques de Batasuna ou d’Abertzaleen Batasuna.       <br />
       Tous les médias ont mentionné les quelques 500 partisans ou alliés de Batasuna qui se sont déplacés à Strasbourg pour « soutenir le processus de paix du Pays basque ». <span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span>  parle « d’une délégation basque d’observateurs liée au Forum National de Débat, mouvement de la gauche abertzale. »  Dans la presse espagnole, l’expression « gauche abertzale » est régulièrement utilisée pour désigner le parti Batasuna et la multitude des associations affiliées. Basta ya ! avait, lui, le courage de ses opinions en titrant un article publié sur son site « ETA à Strasbourg ».       <br />
              <br />
       <b>Réactions diverses</b>       <br />
       Nous avons déjà mentionné certaines déclarations de M. Lamassoure. Ajoutons celles-ci : « Nous avons la désagréable sensation d’être instrumentalisés » (<span style="font-style:italic">Le Monde</span> du 27/10/06). Mais il va plus loin. Après avoir regretté l’absence d’unanimité espagnole, il estime (<span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 27/10/06) que « cette expérience est une nouvelle preuve du fait que, sur des problèmes de cette nature, le Parlement peut aider mais ne peut se substituer aux forces politiques nationales. » De la part d’un européen aussi convaincu et d’un député aussi chevronné, cette déclaration mérite d’être remarquée.       <br />
       Elle a au moins le mérite de situer cet épisode dans son véritable contexte. C’est loin d’être le cas pour les déclarations venant des nationalistes d’Abertzaleen Batasuna et de leurs alliés habituels, chez les Verts ou dans une partie du PS local, tous ceux qui ont fait le déplacement de Strasbourg. Nous ne reviendrons pas sur la teneur des articles du <span style="font-style:italic">Journal du Pays Basque</span> qui reprend à son compte les positions de Batasuna. Notons l’emphase de Jakes Abeberry, membre fondateur d’AB : «  Les représentants politiques d’une assemblée démocratique de plus de 400 millions d’Européens ont apporté leur soutien au processus de paix. » Kotte Ecenarro, maire (PS) d’Hendaye, n’est pas en reste quand il précise les raisons sentimentales de son engagement (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> des 27 et 28/10/06) : « Personnellement, j’ai décidé de prendre mes responsabilités, parce qu’il se trouve que je suis fils de réfugiés de 36, parce que j’ai vécu ce conflit de près pendant des années, parce que je suis maire d’Hendaye, parce que je suis le seul maire socialiste de la Côte basque, parce que j’en ai marre, parce qu’il faut s’en sortir. Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de m’engager dans ce processus. » Mais il a aussi des illuminations : « J’ai vécu cela comme une journée historique, parce qu’il n’y a eu qu’un seul précédent, justement quand le Parlement européen a été saisi sur le conflit irlandais. Ce dont je suis pratiquement certain, c’est que la journée d’hier aura des suites ; aujourd’hui, j’entends dire que le modèle irlandais suivi du basque pourrait intéresser les Palestiniens, les Kurdes… » Diable ! Pourquoi alors oublier la Tchétchénie, le Darfour ou le Timor oroiental ? C’est, apprend-on, en tant que « membre de la délégation organisée par la Table pour l’Accord » que M. Ecenarro s’est rendu et a séjourné à Strasbourg. Donc aux frais de cette fameuse table, émanation de Batasuna, parti reconnu comme le bras politique de ETA…       <br />
       Ce qui est remarquable dans les cas cités, c’est le ton euphorique qui contraste singulièrement avec celui utilisé par les commentateurs espagnols de tous bords quand ils évoquent les incertitudes dans lesquelles sont plongées les négociations en cours ETA-Gouvernement. Et pour eux, l’épisode strasbourgeois n’est qu’un épiphénomène sans grande conséquence. L’attitude de ces nationalistes « du nord » et de leurs alliés reflète bien le fait qu’ils se sont toujours trouvés en spectateur du conflit, à l’abri de cette frontière qu’ils ont tendance à nier, loin de toute la problématique liée à la violence terroriste. « <span style="font-style:italic">Suffit-il de nier l’évidence pour la détruire ?</span> » (Charles Dunoyer, 1786-1862)       <br />
       Nous reviendrons très prochainement sur l’actuelle situation tendue du processus que nous analyserons à la lumière des commentaires lus dans la presse espagnole.       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/ETA-Batasuna,-Zapatero,-le-Parlement-europeen-et-les-autres_a73.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Ils sont trop verts dit-il…</title>
   <updated>2008-12-03T17:58:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Ils-sont-trop-verts-dit-il_a72.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-467721-573311.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-10-10T21:35:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

L’association Batera s’est lancée dans une opération de collecte de 46.000 signatures d’électeurs du département des Pyrénée-Atlantiques en vue d’imposer l’organisation d’un référendum local sur la création d’un département Pays basque. Elle vient d’annoncer à la presse qu’à quelques jours de la clôture de l’opération, le nombre de signatures recueillies voisinait les 18.500 (Sud-Ouest et Le Journal du Pays Basque du 7/10/06). Ce serait « une très grande victoire » selon le président de l’association des élus pour un département Pays basque.
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/467721-573311.jpg" alt="Ils sont trop verts dit-il…" title="Ils sont trop verts dit-il…" />
     </div>
     <div>
             <br />
       L’affaire avait pourtant été soigneusement mise en scène : annonce solennelle au cours d’une réunion symbole, le <span style="font-style:italic">biltzar</span> des maires du Pays basque, avec évocation des mânes du Général (cf. dans notre brochure n°22 l’article « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?zone2=contenu&zone3=editer_article&id_rubrique=&id_article=484205">Nouvelle poussée de fièvre</a> », et notre communiqué <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=213095&preview=1">« retour aux sources »</a>, prémisse de consultation avec vote des maires et présentation manipulée des résultats (cf. notre rubrique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=246731&preview=1">tout est relatif</a> » du 3/11/05), recherche d’un cadre légal en s’abritant derrière des lois volontairement détournées (cf. notre rubrique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=351489&preview=1">Supercherie à tous les étages</a>» du 13/04/06). On avait même vu des personnalités locales à perspicacité réduite se ranger dans le camp des pétitionnaires (cf. notre rubrique « <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/capve/index.php?action=article&id_article=369275preview=1">Confusion et collusion</a>» du 11/05/06).       <br />
       Mais les résultats sont là : 18500 signatures, c’est 4 % des électeurs du département. On est loin du compte. Qu’à cela ne tienne. Il suffit de changer son fusil d’épaule, de trouver un nouveau subterfuge. Oubliés les textes de loi qu’on invoquait sans cesse en se gardant bien de les citer – c’eut été trop compromettant – pour se draper dans un manteau couleur de légalisme, à la trappe le cadre départemental comme collectivité territoriale de référence. On revient à la distinction ressassée à l’envi par les partisans de la scission, d’un côté le Béarn, de l’autre le Pays basque. Le refrain est connu : parce qu’elles sont fondamentalement différentes, les deux parties du département ne peuvent rester ensemble dans cette entité administrative. Et c’est en insistant sur cette différence dans la collecte des signatures qu’on va tenter de masquer son échec et même de transformer une défaite en victoire. Ainsi, l’affaire serait dans le sac…       <br />
       À défaut de parvenir aux 10 % des électeurs inscrits des P.A., il fallait donc atteindre peu ou prou les 10 % dans le Pays basque et faire un score ridicule dans le Béarn. Comme par hasard, cela correspond aux chiffres présentés. La « consultation (…) visait 10 % du corps électoral, soit 21.000 signatures en Pays basque et 25.000 signatures en Béarn, pour un total de 46.000 dans les Pyrénées-Atlantiques. À moins d’un mois de l’échéance, la plate-forme Batera enregistre 18.500 pétitions, soit près de 18.000 en Pays basque (…) contre 800 personnes côté béarnais… » (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span>) Parions que la recherche des signatures en Béarn n’a pas donné lieu à une campagne très acharnée.       <br />
       Habituellement, dans les farces, on trouve un personnage qui, pour ajouter à la bouffonnerie d’une situation, se lance doctement, avec tout le sérieux qui sied à sa condition, dans des argumentations saugrenues dont l’incongruité ne peut manquer de provoquer l’hilarité. Ainsi chez Molière les médecins de <span style="font-style:italic">M. de Pourceaugnac</span>. Dans cette veine, M. François Maïtia (PS) a « souhaité ramener le chiffre à un niveau hexagonal, rappelant que 10 % des inscrits représentaient 4 millions d’habitants en France, se posant la question sur le nombre de pétitions qui ont obtenu ce chiffre en France. » Il aurait dû conclure sa brillante démonstration par une phrase comme « et voilà pourquoi votre fille est muette ».       <br />
       Une question reste en suspend. Que faire de ces 18.500 signatures ? On ne peut sans se ridiculiser les présenter au président du Conseil général. Certains évoquent le Conseil des élus du Pays basque, association loi 1901 n’ayant aucun pouvoir d’exécution. Cet ultime subterfuge serait une excellente idée, totalement inefficace, à l’image de cette pétition pour un soi-disant référendum.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Ils-sont-trop-verts-dit-il_a72.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>L’immersion refait surface</title>
   <updated>2008-12-03T18:01:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/L-immersion-refait-surface_a71.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-453196-555326.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-09-23T22:14:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Les décisions du Conseil d’État de novembre 2002 annulant « pour méconnaissance de la loi les arrêtés et circulaires mettant en place un enseignement bilingue par "immersion" en langues régionales… » signifiaient que ce type d’enseignement ne pouvait se pratiquer dans l’enseignement public. Les écoles associatives -- « elles s’appellent Diwan en breton, Ikastola en basque, Calandreta en occitan, Bressola en catalan et ABCM Zweisprâchigkeit en alsacien » (Rapport Poignant, Langues et cultures régionales, juillet 98,  p 26) -- ne pouvaient donc être intégrées dans l’enseignement public comme le prévoyait le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, M. Jack Lang, pour Diwan. Pourtant, certaines de ces écoles s’agitent aujourd’hui encore en vue d’une reconnaissance par l’État de l’enseignement par immersion, par l’intermédiaire des conventions passées avec le ministère de l’Éducation nationale.
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/453196-555326.jpg" alt="L’immersion refait surface" title="L’immersion refait surface" />
     </div>
     <div>
             <br />
       « Leur statut privé (pour ces écoles pratiquant un enseignement des langues régionales par immersion) a été défini par le ministère de l’Éducation nationale en 1994. Il correspond au contrat d’association, comme pour les écoles confessionnelles. » « Elles sont privées par leur statut, associées à l’État par leur contrat, laïques par leur caractère, spécifiques par la méthode pédagogique employée, "militantes" dans le sens où parents et enseignants s’engagent beaucoup dans toute la vie de l’école. » (Rapport Poignant déjà cité). De cette description plutôt bienveillante, nous retiendrons le fait essentiel, l’application du contrat d’association du type loi Debré du 31/12/59. La décision de les associer à l’Éducation nationale revient à François Bayrou : « C’était moi qui avais sauvé les ikastola, et personne d’autre. Si je n’avais pas été là, les ikastola seraient mortes. J’ai pris des risques en faisant cela sur ma propre autorité, sans même en référer au Premier ministre. » (interview publiée dans <span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 24/06/06 ).        <br />
       Il y avait bien eu auparavant des accords de financement, par exemple en 1983 et 1989 pour Seaska, ou en 1983 et 1988 pour Diwan, mais limités. Comme il est habituel pour ces contrats, les protocoles d’accord signés en juillet 1994 entre chacune de ces écoles et l’Éducation nationale prévoient la prise en charge financière par ce dernier des rémunérations des personnels enseignants. On comprend ce que voulait dire François Bayrou… Les collectivités territoriales n’ont pas le droit de participer à ce financement, mais sont autorisées à attribuer un local (c’est pratiquement toujours le cas au Pays basque) ou une subvention limitée pour le fonctionnement matériel des classes. Pour les <span style="font-style:italic">ikastola</span>, les dotations financières provenant d’Euskadi, et notamment du gouvernement de la Communauté autonome, sont substantielles.       <br />
       En contrepartie de son financement, l' État se réserve le droit d'exercer son contrôle sur les institutions sous contrat : respect des programmes et horaires d’enseignement, respect total de la liberté de conscience des élèves, notation pédagogique des enseignants. Or Seaska se vante régulièrement d’utiliser une méthode pédagogique présentée comme originale, qui n’a pas son équivalent dans l’EN (c’est d’ailleurs une des raisons qui l’avait amené à ne pas solliciter l’intégration des <span style="font-style:italic">ikastola</span> dans le service public, contrairement à Diwan). Par définition, les programmes et les horaires qui découlent de cette méthode n’ont pas d’équivalent parmi ceux établis par le Ministère. Que reste-t-il alors à contrôler ? Y a-t-il même le personnel compétent à l’Inspection académique ? Comment peut-on évaluer la pratique d’une pédagogie qu’on ne connaît pas ?        <br />
       Dans ce contrat biaisé et déséquilibré, c’est essentiellement l’État qui supporte des contraintes. Et à chaque rentrée scolaire, Seaska abuse de sa position privilégiée en réclamant toujours plus de postes d’enseignants (voir notre chronique «Tradition respectée » du 15/09/2005), osant même arguer que ses méthodes pédagogiques lui imposent un nombre d’élèves par classe inférieur aux critères de l’EN.       <br />
       Plutôt qu’au respect de la liberté de conscience, c’est au respect du principe de neutralité dans le domaine politique que l’État devrait s’attacher. Mais il lui faudrait d’abord s’intéresser à ses propres services, dans les établissements publics pratiquant l’enseignement du basque. C’est, il est vrai, difficile car il s’agit de petits faits qui se cumulent. Citons-en deux, rapportés par des témoins directs.       <br />
       Dans une discussion informelle entre collègues au sujet des activités péri-scolaires, genre visites extérieures, une jeune professeur de basque (langue régionale en option) de cet établissement secondaire, donc fonctionnaire de l’État français, déclarait en substance, sans arrière-pensée : « pour le financement de ces activités, je n’ai pas de problème avec mon gouvernement ». Il s’agissait bien sûr du gouvernement de la Communauté Autonome Basque d’Espagne…        <br />
       Le matériel pédagogique en basque des classes bilingues de l’enseignement public provient souvent d’Euskadi où le basque et l’espagnol sont langues officielles et où existent depuis longtemps ce type d’enseignement. Or il faut se souvenir que le gouvernement régional est, depuis la transition démocratique, entre les mains du Parti Nationaliste Basque (PNV) qui considère que le peuple basque, réparti sur sept territoires (les sept « provinces ») soumis à des juridictions différentes, doit retrouver son unité et son droit à décider de son destin (cf. le plan Ibarretxe). Il n’est donc pas surprenant que les cartes de géographie affichées dans les classes bilingues présentent <span style="font-style:italic">Euskal Herria</span> en mettant en valeur ses sept territoires et en les distinguant, par la couleur, de leurs voisins, en France le département des Landes ou le partie est du département des Pyrénées-Atlantiques, et en oblitérant la frontière étatique entre la France et l’Espagne. Cela rappelle les cartes d’autrefois de l’Empire colonial français…       <br />
       Quant à Seaska, faut-il vraiment, comme le fait M. Poignant dans son rapport, mettre des guillemets au mot militant ? On peut se souvenir que Mixel Etcheverry, alors président de Seaska, avait confirmé publiquement la participation de son organisation à la démarche de Batera (<span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 4/03/03) qui revendique la co-officialisation du basque mais également un département Pays basque. On a noté son nom dans la liste des personnalités ayant participé au soutien financier des « démo », organisation créée par des « jeunes » du parti nationaliste Abertzaleen Batasuna, se donnant pour vocation la défense de la langue basque, notamment par son usage dans les services publics. On n’a pas oublié que Mme Mertxe Colina, membre très actif d’Abertzaleen Batasuna, celle-là même dont les propos choquèrent Bernard Poignant aux rencontres nationalistes de Corte de l’été 2001 (cf. « Auditeur libre à Corte », <span style="font-style:italic">Le Monde</span> du 29/08/01) fut aussi présidente d’une <span style="font-style:italic">ikastola</span>.       <br />
       Il s’agit là de quelques faits parmi tant d’autres, illustrant une réalité sur laquelle il est de bon ton de fermer les yeux.       <br />
       Donc, depuis les décisions du Conseil d’État, le Ministère de l’Éducation nationale s’est vu interdire d’exercer dans ses établissements publics l’enseignement par immersion d’une langue régionale. Et pourtant, par son financement, il assure la survie d’établissements privés qui pratiquent cette méthode pédagogique. Comment faut-il appeler cela : de la subrogation ? du contournement de l’interdit ? du détournement d’une disposition législative ? Mais depuis 2002, personne n’a osé émettre les moindres questions ou remarques sur ces pratiques.       <br />
       Aussi est-il normal que, dans ce climat que l’Office public de la langue basque nouvellement créé voudrait idyllique, Seaska cherche à pousser son avantage. La fameuse convention est en cours de discussion en vue de son renouvellement. Dans les pages de son édition du 26/08/06 consacrées essentiellement à la « nouvelle politique linguistique » prônée par l’Office, <span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> fait allusion à ces discussions. « Cette convention concernera non seulement l’élaboration d’une grille partagée pour la dotation de postes d’enseignants dans le primaire, mais a pour ambition de fixer les critères de création de nouvelles ikastola et devrait fixer également la participation des collectivités locales au fonctionnement de Seaska. » Et pour terminer l’article : « Enfin, la convention devrait permettre dans son préambule de reconnaître explicitement le système d’immersion proposé par les ikastola. » Quand on voit sur quelles bases truquées ont été décidés les contrats d’association d’origine, on peut s’attendre au pire. Comment le public sera-t-il tenu informé de la progression de ces discussions et de leur résultat, autrement que par Seaska qui en dira ce qu’il voudra bien en dire ? Le secret des cabinets ministériels permet des complaisances qu’il pourrait être périlleux d’accorder au vu et au su de l’opinion.       <br />
       Nous laisserons la conclusion (provisoire ?) à deux respectables institutions de l’État. D’abord la Commission culturelle du Sénat, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2002 : « Votre commission ne peut que s’étonner que le problème de l’enseignement des langues régionales, et notamment de ses modalités pédagogiques les plus novatrices, comme l’enseignement par immersion, n’ait fait l’objet d’aucun débat national, en particulier devant le Parlement. »  Enfin le Conseil d’État dans la conclusion du communiqué de presse annonçant sa décision de novembre 2002 : « Il (le Conseil d’État) rappelle simplement l’obligation qu’ont les autorités administratives de respecter la "hiérarchie des normes". Là où il faudrait sans doute une loi, un arrêté et une circulaire du ministre ne suffisent pas. » Il est clair que ces recommandations n’ont pas été suivies de beaucoup d’effet…        <br />
       À défaut d’une loi nouvelle dont nous ne saurions préjuger du contenu, les lois actuelles s’appliquent. Faudra-t-il à nouveau avoir recours au juge administratif pour en faire préciser l’application ?       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/L-immersion-refait-surface_a71.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Géopolitique de l'Espagne</title>
   <updated>2008-12-03T18:00:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Geopolitique-de-l-Espagne_a70.html</id>
   <category term="Ouvrages" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-434830-533047.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-08-28T21:00:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Par Barbara Loyer, Armand Colin, 2006     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/434830-533047.jpg" alt="Géopolitique de l'Espagne" title="Géopolitique de l'Espagne" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Tous ceux qui s’intéressent au <span style="font-style:italic">« problème basque »</span> comme on dit en Espagne et qui ne se contentent pas des innombrables écrits (sur papier ou sur les sites Internet) vantant l’identité et le peuple basques connaissent les écrits de Barbara Loyer.       <br />
              <br />
       Pour notre part, nous avions découvert avec intérêt en 1994 sa signature pour un article intitulé <span style="font-style:italic">« Nations, État et citoyens en Espagne »</span> dans le numéro 72-73, <span style="font-style:italic">« Nation, nations, nationalisme »</span>, de la toujours intéressante revue de géographie et de géopolitique <span style="font-style:italic">Hérodote</span>. Barbara Loyer était déjà membre du comité de rédaction. Chargée de recherches à l’Université de Paris VIII Vincennes-Saint Denis, elle faisait donc partie de l’équipe de géographes entourant Yves Lacoste, fondateur d’<span style="font-style:italic">Hérodote</span> et initiateur de la géopolitique comme étude des conflits de pouvoir sur un territoire donné, ce qui ne limite pas ces études aux conflits internationaux .       <br />
              <br />
       Au 4e trimestre 1998, le numéro 91 d’<span style="font-style:italic">Hérodote</span> s’intitulait <span style="font-style:italic">« La question de l’Espagne »</span>. Dans son ensemble l’ouvrage, remarquable, fait rentrer le lecteur dans la complexité de l’Espagne moderne, celle issue de la transition démocratique mais aussi de plusieurs siècles d’histoire. Au passage, le lecteur qui se retrouve comme nous, submergé malgré lui par la déferlante des mythes relatifs aux Basques, trouve matière à questions en découvrant des phrases comme celle-ci, de Joseph Pérez, qui fut professeur de civilisation de l’Espagne et de l’Amérique latine à Bordeaux III et aussi directeur de la Casa Velásquez à Madrid de 1989 à 1996, dans l’article « L’État et la nation en Espagne » : <span style="font-style:italic">« Il y avait ainsi des</span> fueros <span style="font-style:italic">de Biscaye, de Guipúzcoa, d’Álava, mais il n’y a jamais eu de</span> fueros <span style="font-style:italic">basques communes aux trois territoires ; du point de vue politique, le Pays basque n’a jamais existé. »</span> Que dire alors des « provinces » du nord !       <br />
              <br />
       La signature de Barbara Loyer revient dans trois articles différents de la revue, même si l’un, sur la question linguistique, est formé d’interviews de quatre écrivains. L’article « Les coulisses du peuple basque » est une lecture indispensable pour celui qui veut comprendre  les détails de la vie politique foisonnante de la Communauté autonome basque. C’était notre cas à l’époque de la parution de la revue, juste avant la création de notre association. Des phrases comme <span style="font-style:italic">« (le PNV) est autant favorable à l’indépendance et à la souveraineté du peuple basque que l’ETA »</span> bouscule sérieusement les idées reçues propagées par la presse régionale (<span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> par exemple) qui accole systématiquement l’adjectif <span style="font-style:italic">« modéré »</span> au sigle PNV.       <br />
              <br />
       Enfin, dans une note de lecture en fin de revue, le professeur d’anthropologie Pierre Bidart, bascophone né et habitant (mais à temps partiel) à Saint-Etienne-de-Baïgorry commente la parution de l’ouvrage de Barbara Loyer publié en 1997, <span style="font-style:italic">Géopolitique du Pays basque, Nations et nationalismes en Espagne</span>. Il y remarque que la <span style="font-style:italic">« géographie des attitudes et des valeurs dont les nuances, les évolutions, voire les glissements sont soulignés avec finesse par l’auteur »</span>. Nous ne pouvions que nous précipiter pour lire l’ouvrage, issu d’une thèse. <span style="font-style:italic">« Un livre intelligent sur un sujet difficile »</span> lit-on sur la quatrième de couverture ; nous ne pouvons qu’approuver. Nous n’étions pas les seuls à penser ainsi puisque le journal <span style="font-style:italic">El País</span> du 9/09/2002 consacrait trois colonnes de sa page Pays basque à une interview de Barbara Loyer après sa participation aux cours d’été de l’Université de Navarre.       <br />
              <br />
       Nous restions tout de même sur notre faim à propos de l’influence du nationalisme basque au nord des Pyrénées. Dans un article d’<span style="font-style:italic">Hérodote</span> n° 110 (3e trimestre 2003), « Identités et pouvoir local : le cas de la revendication d’un département Pays basque », Barbara Loyer tente une synthèse de ce sujet qui a agité (et agite encore) tant notre petite région. Et dès l’introduction, elle va aux questions essentielles. Elle constate que l’idée d’un département basque lancée par les nationalistes d’Enbata a fait aujourd’hui son chemin au delà du cercle nationaliste en mettant en avant <span style="font-style:italic">« que ce territoire a une identité. Mais que signifie l’expression "identité d’un territoire" ? S’agit-il de l’identité de la majorité des gens qui y habitent ou d’une identité qui s’imposerait aux personnes y vivant ? »</span> Après description des différentes nuances et positions sur ce sujet, Barbara Loyer note que <span style="font-style:italic">« peu à peu, les départementalistes ont fait admettre l’idée que l’identité locale ne peut exister que par la "reconnaissance territoriale" »</span> et que <span style="font-style:italic">« se diffuse aussi la conviction que seule une légitimité territoriale des pouvoirs locaux (régional ou départemental, c’est selon) ouvrirait la porte à une politique plus volontariste, notamment en matière linguistique… »</span>       <br />
              <br />
       Barbara Loyer revient sur ce sujet dans les pages consacrées à l’Aquitaine dans <span style="font-style:italic">Nouvelle géopolitique des régions françaises</span>, sous la direction de Béatrice Giblin-Delvallet, (éd. Fayard, 2005). <span style="font-style:italic">« Pour défendre le reconnaissance du Pays basque, sans être accusé de promouvoir une identification ethnique des citoyens, sachant que le nationalisme basque a une forte composante ethnique, il est donc important que ce soit le territoire qui devienne sujet de droit, afin qu’il apparaisse légitime d’y demander l’application de règles spécifiques (par exemple le bilinguisme franco-basque dans les administrations municipales) au nom de la spécificité linguistique que le développement de l’enseignement bilingue construit. »</span>  Tout est effectivement lié.       <br />
              <br />
       Après cette longue introduction, revenons au nouveau livre signé Barbara Loyer, <span style="font-style:italic">Géopolitique de l’Espagne</span>. <span style="font-style:italic">« L’heure est aux premiers bilans »</span> écrit fort justement l’auteur qui, dès l’introduction, aborde ce qu’on peut considérer comme la question n°1 pour l’Espagne, la question de l’organisation territoriale, qui débouche sur une question plus vaste et récurrente à travers les siècles, celle de <span style="font-style:italic">« l’unité de l’Espagne »</span>.       <br />
              <br />
       L’auteur traite d’abord du  <span style="font-style:italic">« problème basque »</span> qui <span style="font-style:italic">« est grave parce que les idéologies qui s’affrontent au sujet de ce territoire sont quasiment incompatibles. C’est une véritable impasse… »</span>  Barbara Loyer n’aborde donc pas le problème par le terrorisme comme le font si couramment les commentateurs français, même si elle ne néglige pas le phénomène en posant la question : <span style="font-style:italic">« pourquoi, malgré l’opposition de la majorité de la population, y compris celle des nationalistes basques, un groupe terroriste a-t-il pu continuer d’agir au nom de ce peuple malgré la démocratisation ? »</span> Elle rappelle bien sûr les faits essentiels, nécessaires à la compréhension du processus, mais elle rapporte également les évolutions dans les partis politiques et dans la société du Pays basque. Elle n’hésite d’ailleurs pas à s’exprimer parfois à la première personne. Elle explique le pourquoi des positions des uns et des autres : par exemple, en quoi l’accord de Lizarra a créé un bloc nationaliste, ou bien les différences de comportement face au terrorisme des nationalistes "modérés" et des associations de victimes, ou encore la conviction de certains que la nation basque s’étend aussi sur le territoire de l’État français. Cet éclairage, qui dépasse les schémas tout faits qu’on trouve trop souvent dans la presse, est encore utile pour la lecture des événements d’aujourd’hui. <span style="font-style:italic">« Si l’on regarde l’évolution des dix dernières années, on ne peut s’empêcher de penser que l’ETA a fait progresser sa perspective depuis 1980. »</span> Le lecteur se demande alors quel prix politique le gouvernement Zapatero acceptera de payer s’il tient absolument à obtenir l’abandon des armes de la part des terroristes.  Pour clore le chapitre, on ne peut éviter la <span style="font-style:italic">« question de la nation espagnole »</span>, <span style="font-style:italic">« primordiale (…) parce qu’elle est posée »</span>, et Barbara Loyer note l’évolution du Parti socialiste d’Euskadi d’un côté et celle du PSOE de l’autre où <span style="font-style:italic">« une version socialiste de la nation espagnole est en train de se consolider »</span>. On voudrait bien la croire car la politique du Président Zapatero dans ce domaine nous paraît floue et sans direction marquée. Mais <span style="font-style:italic">« il est utile de garder à l’esprit que l’objectif principal des formations politiques, avant d’arriver à la paix, est de prendre ou de garder le pouvoir. »</span>       <br />
              <br />
       Naturellement, le chapitre 2 traite de la Catalogne où, si c’est possible, la situation est encore plus embrouillée. <span style="font-style:italic">« La différence entre la Catalogne et le Pays basque est déformée par l’existence de l’ETA même si elle se situe ailleurs. »</span> Souvenons-nous de l’élaboration du nouveau Statut de la Catalogne. Nous ne reviendrons pas sur les différents épisodes, d’autant que le livre était bouclé avant le référendum d’approbation, la fin de l’alliance tripartite au sein du gouvernement régional et le départ annoncé du président (PSC) de la Generalitat, poussé vers la sortie par le PSOE. Mais la question était posée : <span style="font-style:italic">« Il s’agit de savoir si l’Espagne est un assemblage de territoires et de lois venues d’horizons historiques différents et autonomes entre eux, ou si c’est un seul territoire, régi par une Constitution commune, origine des droits égaux de tous les citoyens. »</span> Et comme <span style="font-style:italic">« des citoyens pensent exactement le contraire avec les mêmes mots »</span>, la réponse ne va pas d’elle-même.       <br />
              <br />
       En regroupant dans un chapitre commun <span style="font-style:italic">« les autres régions bilingues »</span>, englobant dans cette catégorie la troisième <span style="font-style:italic">« nationalité »</span> historique, la Galice, Barbara Loyer aborde  la question linguistique. On ignore trop souvent que cette question ne se pose pas uniquement au Pays basque et en Catalogne, même si c’est dans ces régions que les discussions sont les plus vives. <span style="font-style:italic">« Le concept moderne de "pluralité", entendu comme l’acceptation sociale des différences entre citoyens, est donc souvent le résultat d’actions politiques et de rivalités qu’il est utile d’évaluer pour affiner ses critères de jugement. Introduire le catalan dans l’administration de la justice aboutirait à supprimer le caractère national du corps des fonctionnaires de l’administration judiciaire de l’Espagne. (…) Le but à long terme est de faire coïncider la réalité avec l’idée que le catalan est l’élément central qui définit la nation. »</span>  C’est pour ces mêmes raisons que la question linguistique est importante en Navarre avec sa zone nord bascophone : <span style="font-style:italic">« Pour les nationalistes basques qui tiennent absolument à réunir un jour la Navarre au Pays basque, il est indispensable de borner l’ensemble du territoire navarrais par le bilinguisme officiel. »</span> Barbara Loyer rappelle avec à propos quelques évidences : <span style="font-style:italic">« Les évolutions linguistiques, loin d’être "naturelles", sont des phénomènes géopolitiques par excellence. »</span> ou bien <span style="font-style:italic">« l’évolution récente de la situation basque tendait à remettre au centre  des débats la question territoriale, et l’extension de l’euskara en est évidemment un des éléments majeurs. »</span> Un habitant de l’agglomération bayonnaise (dont une forte majorité de la population n’est pas bascophone) ne peut qu’être sensible à de telles descriptions, surtout après la lecture d’un article du <span style="font-style:italic">Journal du Pays basque</span> du 26/08/06 rapportant les propos du président (Conseiller général UMP de Biarritz) de l’Office public de la langue basque : il y est annoncé un accord financier avec le gouvernement (nationaliste) d’Euskadi, l’objectif  prioritaire de la zone du BAB pour le développement de l’enseignement du basque et des discussions en cours entre l’Éducation nationale et Seaska qui devraient aboutir à une nouvelle convention dont le préambule reconnaîtrait explicitement le système d’immersion proposé par les ikastola.       <br />
              <br />
       L’étude des forces en présence dans les autres régions n’est pas moins intéressante, par exemple la description du régionalisme andalou ou la situation de frontière de l’Europe des iles Canaries.       <br />
              <br />
       La seconde partie de l’ouvrage reprend quelques problèmes essentiels évoqués au cours des chapitres précédents : la réforme du modèle territorial dont <span style="font-style:italic">« les termes du débat sont assez complexes »</span>, qui fait que l’État a évolué vers une organisation qui <span style="font-style:italic">« est, dans les faits, un système fédéral »</span> ; le partage de l’eau après l’échec du Plan Hidrológico Nacional, qui crée des rivalités d’intérêt souvent aiguës, même si la Communauté de Murcie peut être montrée en exemple ; l’immigration avec son lot de drames aux abords des Canaries (mais l’essentiel de l’immigration vient d’Amérique du sud, population hispanophone et pratiquant la religion catholique).       <br />
              <br />
       Constatons au passage le peu d’ouvrages traduits de l’espagnol sur les sujets abordés par Barbara Loyer, comme en témoigne la bibliographie mentionnée en fin d’ouvrage : ainsi, on n’a pas vu de traduction française de l’essai de Jon Juaristi ayant eu pourtant un retentissement considérable en Espagne, <span style="font-style:italic">El buclo melancólico. Historias de nacionalistas vascos</span>.       <br />
              <br />
       Dans sa conclusion, Barbara Loyer aborde plus directement la question qui trotte dans la tête du lecteur français depuis le début de l’ouvrage, la question de la nation. En fait, elle <span style="font-style:italic">« a été le fil conducteur de la réflexion »</span> de ce livre privilégiant les relations entre les grandes régions d’Espagne. Cette présence de Communautés plus ou moins autonomes, avec leur gouvernement, leur administration, et leurs spécificités affirmées avec force n’est-elle pas contradictoire avec l’existence d’un sentiment national espagnol dans la population ? L’auteur répond que <span style="font-style:italic">« pour de nombreux Espagnols, la nation conserve un sens historique et politique »</span>. Avouons que, dans notre esprit, quelques doutes persistent. Même si on comprend que, comme l’écrit Joseph Pérez dans le numéro d’<span style="font-style:italic">Hérodote</span> sur <span style="font-style:italic">« La question de l’Espagne »,  « nous sommes aux antipodes de l’État-nation tel qu’on le conçoit en France. »</span> Il est vrai que la question doit être abordée sous des angles divers, comme l’a fait par exemple, du point de vue de l’histoire, Juan Pablo Fusi dans son ouvrage <span style="font-style:italic">« Espagne, Nations nationalités et nationalismes des Rois catholiques à la Monarchie constitutionnelle »</span> (Presses Universitaires Rennes, 2002) en étudiant la construction de l’Espagne comme nation.        <br />
              <br />
       Il faut donc lire avec toute l’attention qu’il mérite le livre <span style="font-style:italic">Géopolitique de l’Espagne</span>. Le sujet est passionnant à plus d’un titre, les problèmes très clairement exposés et surtout, la méthode d’analyse utilisée pousse le lecteur à une réflexion qui dépasse les faits en eux-mêmes ou leur contexte local. Le lecteur français apprendra à mieux connaître <span style="font-style:italic">« un des États les plus décentralisés d’Europe »</span>, loin des clichés touristiques ou au delà des événements tragiques liés au terrorisme. Ce pays politiquement si différent a, rappelons–le, 400 km de frontière commune avec le nôtre. De plus, à chaque extrémité, deux puissantes communautés très autonomes ne manquent pas de faire étalage de leurs potentiels au nord de la frontière, dans des relations qui ne se limitent pas toujours aux domaines culturels ou économiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Geopolitique-de-l-Espagne_a70.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Du localisme à d’autres mots en …isme</title>
   <updated>2008-12-03T18:16:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Du-localisme-a-d-autres-mots-en-isme_a69.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-427113-524210.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-08-18T10:52:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Qu’un élu local, un conseiller général par exemple, affiche une propension marquée à ne s’intéresser qu’aux problèmes locaux (c’est la définition que nous donnerions du localisme), peut être considéré comme logique mais réducteur. L’électeur se dit simplement que la compétence de l’élu se limite à ce seul domaine. Mais, au delà du localisme, on passe parfois à une certaine complaisance envers l’idée qu’on se fait des habitants qu’on représente et du territoire qu’on s’approprie, pour aboutir à une condescendance manifeste vis à vis des autres. Le citoyen est alors amené à se poser des questions sur cette dérive et cherche quel mot avec suffixe en isme il conviendrait d’appliquer dans pareil cas.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/427113-524210.jpg" alt="Du localisme à d’autres mots en …isme" title="Du localisme à d’autres mots en …isme" />
     </div>
     <div>
             <br />
       La lecture d’une tribune libre signée par le premier Vice-Président du Conseil général (des Pyrénées-Atlantiques) dans <span style="font-style:italic">Le Journal du Pays Basque</span> du 25/07/06 pousse à ce genre de réflexions.       <br />
       Il nous faut d’abord expliquer dans quel contexte, du point de vue de l’aménagement du territoire, cette tribune a été écrite. Une « convention spécifique Pays basque » regroupait les crédits consacrés au pays (au sens précis des lois Pasqua/Voynet) « Pays basque » dans le cadre du dernier contrat de plan État-Région. Il s’agissait à l’époque, pour le gouvernement Jospin, d’appliquer une vieille recette : tenter d’apaiser sous un flot de subsides (presque 400 millions d’euros) les grognements des régionalistes, à défaut de calmer les revendications nationalistes. <span style="font-style:italic">Le Moniteur</span> du 27/04/01 précisait : « cette convention intègre aussi la revendication culturelle des Basques français, puisque ses deux premiers chapitres prévoient de nombreuses actions visant au développement de la langue basque (7,17 millions d’euros), avec notamment la création d’un conseil de la langue, et la promotion de la culture basque (17 millions d’euros) ». La convention touche à sa fin en 2006. Comme d’habitude dans ce genre de contrat, les crédits sont loin d’être utilisés en totalité, sauf pour la partie culturelle (avec quelques péripéties que nous avons narrées par ailleurs).       <br />
       Le Conseil du développement, sorte de Conseil économique et social du pays « Pays basque », a planché en vue du plan suivant et établi une proposition, « Pays basque 2020 ». Le Conseil des élus, autre organisme loi 1901 du pays, a approuvé ce qu’il souhaite voir transformer en « Convention territoriale ». Y aura-t-il à nouveau attribution financière « spécifique » ou intégration normale dans le contrat de plan État-Région ? Fort opportunément en cette période pré-électorale, le Ministre délégué à l’aménagement du territoire s’est déplacé pour promettre que « la convention spécifique aura une suite » (<span style="font-style:italic">Sud-Ouest</span> du 20/07/06) et que « le Pays basque sera d’ailleurs le seul territoire de France à signer un contrat en direct avec l’État ». Le ministre s’est bien gardé de préciser quel est, dans le pays « Pays basque », l’organisme représentant « le territoire » habilité à signer un contrat avec l’État ? Comment ce qui était impossible il y a six ans serait-il possible aujourd’hui ? Les règles de droit applicables aux pays ont-elles été modifiées ?       <br />
       Dans le même temps, les « contrats de projets » entre l’État et les Régions se préparent. Les discussions paraissent tendues, si on en croit les propos du président (PS) de la Région Aquitaine, rapportés dans la presse. Les prochaines échéances électorales pèsent de tout leur poids. D’où le titre de la tribune libre mentionnée ci-dessus « La politique politicienne doit être laissée aux vestiaires ». Avec un titre pareil, le lecteur comprend que l’auteur va l’y plonger jusqu’au cou, dans « la politique politicienne ». Le premier Vice-Président (UMP) du Conseil général, sachant que la Région est incontournable dans cette affaire, y exhorte le Conseil régional et son exécutif à « donner du corps à ce projet spécifique qui débouchera sur un contrat reconnaissant tout à la fois l’attractivité et l’identité du Pays basque, son dynamisme et son souci de cohésion. »       <br />
       Pour amadouer le CR d’Aquitaine qui manifesterait « son obstination à ne pas reconnaître la spécificité du Pays basque », le Vice-Président du CG des P.A. avance que le Pays basque est un territoire confronté « à des défis spécifiques liés à son identité, son positionnement, son attractivité et sa fragilité. » Et d’évoquer les « trois principes majeurs » sur lesquels est bâti le projet : « la réciprocité territoriale, la coopération transfrontalière, le développement durable ». L’originalité et la « spécificité » de ces « principes » devraient sauter aux yeux. Mais les relations transfrontalières concernent  tout le département des P.A. (au même titre que 21 autres départements métropolitains, sans parler des départements avec littoral maritime) ; les autres territoires, d’Aquitaine ou d’ailleurs, sont évidemment concernés par la « réciprocité territoriale » et le « développement durable ».       <br />
       L’auteur poursuit ainsi son article en énumérant quelques autres banalités. Pourtant, au détour d’un paragraphe, on note un appel à « ne pas compromettre la recherche jusque là réussie d’apaisement et de vivre ensemble », allusion à la situation politique « spécifique » du Pays basque. Mais qui, jusqu’à maintenant, cherche à compromettre le « vivre ensemble » au Pays basque, sinon le nationalisme régional et ses affidés ? La question restera sans réponse dans l’article.        <br />
       « Vivre ensemble » entre soi sur le territoire Pays basque ? Le département des Pyrénées-Atlantiques n’apparaît que pour approuver le projet et le financer. Quant au reste de la Région : « Par sa taille, son organisation, la mobilisation de ses acteurs, l’originalité de son projet, le Pays basque ne peut être soumis au régime commun et ainsi aligné sur le "pays du Libournais" ou le "pays du Nontronnais" ! »  Les Libournais et les Nontronnais, comme les autres habitants d’Aquitaine, seront, à n’en pas douter, flattés de tels propos... Il faudrait donc, à l’intérieur de la Région Aquitaine et sans doute de la France, distinguer le Pays basque avec son « originalité », de tous les autres indifférenciés dans le système commun d’aménagement du territoire. En Aquitaine et ailleurs, en dehors du Pays basque, la « réciprocité territoriale » et le « développement durable » seraient des sujets ignorés par les « acteurs » locaux dont « l’organisation » et « la mobilisation » (et pourquoi pas la compétence ?) laisseraient à désirer. Pourtant, tout territoire peut mettre en avant sa spécificité. Et une spécificité en vaut bien une autre.       <br />
       On hésite : besoin de se distinguer, sentiment de supériorité, mépris envers les autres… Mais on comprend pourquoi la rédaction du journal, dont on connaît les opinions favorables au nationalisme basque, s’est empressée de mettre cette phrase de l’article en accroche. La manière dont sont exprimées les idées n’est pas innocente.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/427113-1453576.jpg" alt="Du localisme à d’autres mots en …isme" title="Du localisme à d’autres mots en …isme" />
     </div>
     <div>
      On cherche vainement la moindre expression d’une solidarité régionale ou nationale, l’allusion à la cohésion ou à un équilibre régional. Où est le sens de l’intérêt général ? Dans la revue <span style="font-style:italic">Éléments</span> qui promeut les idées de la « nouvelle droite », on lit des phrases qui pourraient figurer dans cet article : « Identification de la communauté établie à son propre territoire, lequel doit être reconnu dans son histoire, dans ses équilibres écologiques, dans ses valeurs culturelles, économiques et esthétiques. »  La revue vante les mérites du localisme, du communautarisme et autre biorégionalisme…       <br />
       Et nous, pauvres naïfs, qui pensions que la République, en affirmant le principe d’égalité (dans l’article 1er de la Constitution) comme base du système politique tendait vers cet « accord admirable de l’intérêt et de la justice », selon l’expression de J.J. Rousseau dans <span style="font-style:italic">Le Contrat social</span>. « Tout acte authentique de la volonté générale oblige ou favorise également tous les citoyens », « la condition étant égale pour tous, nul n’a intérêt de la rendre onéreuse aux autres » écrivait-il dans le même ouvrage. Cela n’empêche pas que « chaque individu puisse, comme homme, avoir une volonté particulière contraire ou dissemblable à la volonté générale qu’il a comme citoyen ». Manifestement, aujourd’hui, certains préfèrent les « associations partielles » en vue de s’exonérer du droit commun.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Du-localisme-a-d-autres-mots-en-isme_a69.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Processus tortueux</title>
   <updated>2008-12-03T18:19:00+01:00</updated>
   <id>http://www.communautarisme.net/capve/Processus-tortueux_a68.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.communautarisme.net/capve/photo/imagette-408556-501656.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-07-12T23:12:00+02:00</published>
   <author><name>Le CapVe</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Le Président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero a annoncé le 29 juin dernier, dans une salle du Congrès (et non dans l’hémicycle), le début du dialogue officiel gouvernement/ETA. Le 6 juillet, les représentants du Parti Socialiste d’Euskadi ont rencontré très officiellement dans un grand hôtel de Saint-Sébastien les représentants de l’ex-parti Batasuna, bras politique de ETA, toujours illégal pour non respect de la Loi des partis (c’est-à-dire pour ne pas avoir condamné des actes de violence terroriste commis par ETA). Le 10/07/06, le journal indépendantiste Gara, toujours très bien informé des faits et gestes d’ETA, a confirmé que des contacts entre des émissaires du gouvernement et d’ETA avaient eu lieu avant la déclaration de cessez-le-feu et avaient abouti à des accords.
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/capve/photo/408556-501656.jpg" alt="Processus tortueux" title="Processus tortueux" />
     </div>
     <div>
             <br />
       Nous sommes dans le domaine de l’ambigu, de l’allusif et du non-dit. On retrouve tout cela dans la déclaration manifestement très étudiée du Président Zapatero.        <br />
       Dès la première phrase. Après sa déclaration de « cessez-le-feu permanent », ETA aurait, dit-il, « abandonné <b>pratiquement</b> la totalité de ses actions ». La formulation est pour le moins bizarre…       <br />
       Une des phrases les plus marquantes de la déclaration est : « Le Gouvernement va débuter un dialogue avec ETA en maintenant le principe intangible que les questions politiques se résolvent uniquement avec les représentants légitimes de la volonté populaire. »  Certes, mais le Président ne dit pas expressément que son objectif est d’aboutir à la dissolution de ETA et on peut regretter, comme le fait <span style="font-style:italic">Basta Ya !</span>, « l’indétermination des objectifs du dialogue ».        <br />
       De la même façon, le Président « réitère que le Gouvernement va maintenir l’application de la Loi des partis » alors qu’est déjà dans tous les esprits la réunion annoncée du PS d’Euskadi avec Batasuna, parti interdit en application de cette même loi.        <br />
       Autre exemple. Au sujet de la table ronde des partis politiques d’Euskadi, réunie en parallèle aux discussions Gouvernement/ETA, le Président évoque « le respect de la pluralité politique d’Euskadi » et, dans la foulée, « un vaste accord politique qui rassemblera le pluralisme de la société basque ». N’est-ce pas laisser entendre que le Statut actuellement en vigueur ne respecterait pas le pluralisme ? Ce nouveau pluralisme annoncé englobe-t-il ceux qui n'obéissent pas aux règles de la démocratie ? Comment va-ton « respecter » l’opinion de ceux qui sont opposés à ce processus politique ? « Un vaste accord politique » rassemblant ceux-ci et ceux-là est-il possible ? D’autre part, le Président va jusqu’à utiliser l’expression « les décisions que les citoyens basques adopteront librement » qui rappelle fortement le « cadre basque de décision », c’est-à-dire l’autodétermination chère aux nationalistes..       <br />
       Comme l’observe <span style="font-style:italic">El Correo</span> du 30/06/06, « le chef du Gouvernement a consacré la moitié de son intervention à garantir le dialogue entre les partis qui sera mis en place au Pays basque… ». On comprend « les doutes et préoccupations » exprimées par le Collectif des Victimes du Terrorisme du Pays basque (COVITE) et par le Collectif Gregorio Ordóñez, sous forme de cinq questions dont la dernière est : « pourquoi ne parle-t-il pas de la revendication principale des victimes qui est notre droit légitime à la justice ? ».       <br />
       Il n’est pas interdit de penser que le chef du Gouvernement tentera de rééditer le scénario écrit pour le nouveau Statut catalan : une proposition de loi organique présentée par le Parlement catalan, retouchée par le Président pour la rendre présentable (et si possible conforme à la Constitution) et ensuite adoptée par le Congrès. Et la décision finale prise après un référendum non par le peuple espagnol mais dans le cadre de décision catalan. On cherche vainement dans la déclaration du Président une allusion à la volonté du peuple espagnol et encore moins à la souveraineté nationale transmise par les citoyens à ses représentants élus du Parlement espagnol. On remarquera que les citoyens de Catalogne se sont majoritairement désintéressés de l’opération en s’abstenant à plus de 50 % et en choisissant à près de 6 % un vote blanc ou nul.       <br />
       Les représentants du PSE se sont réunis, ont-ils dit (<span style="font-style:italic">El Correo</span> du 05/07/06), non avec les représentants d’un parti illégal mais avec un groupe de « citoyens jouissant de la plénitude de leurs droits ». Les protagonistes étaient attendus à la fin de la réunion par une foule de journalistes et une forêt de caméras, dont celle de FR3 Euskal Herri. Les deux porte-parole, Arnaldo Otegi pour Batasuna d’abord, et Patxi Lopez pour le PSE-EE ensuite, « dans des interventions mesurées et "en gants blancs" dans lesquelles à aucun moment on n’a prononcé les mots d’ETA ou d’autodétermination, et où il n’y eu aucune mention des victimes ou des prisonniers », se sont « déclarés d’accord sur la nécessité de respecter la "pluralité" d’Euskadi » (<span style="font-style:italic">El Correo</span> du 07/07/06). Il faut comprendre que l’opération numéro 1, pour les parties en présence, est de trouver le moyen de faire revenir les hommes de Batasuna dans le jeu politique légal. Les élections municipales sont en vue. Cette rencontre en elle-même est le premier acte de l’opération. Et il est à peu près sûr que ne sera pas exigée une condamnation formelle des actes terroristes. « Avec cette réunion, on légitime le terrorisme en donnant un titre de naturalisation politique à l’organisation terroriste ETA/Batasuna. » conclut COVITE dans un autre communiqué.       <br />
       « Il est utile de garder à l’esprit que l’objectif principal des formations politiques, avant d’arriver à la paix, est de prendre ou de garder le pouvoir » écrit fort justement Barbara Loyer en fin du chapitre « Pays basque – nation basque » (p. 92) de son livre <span style="font-style:italic">Géopolitique de l’Espagne</span> (Armand Colin).       <br />
       « Seule la sagesse pourra aider le citoyen à faire, dans ce processus, la distinction entre l'obstacle réel et le virage en épingle à cheveux, sur un chemin chargé de contours et de détours » peut-on lire en chapeau d’un article d’opinion dans <span style="font-style:italic">El Correo</span> du 09/07/06. On pourrait ajouter que, malgré les sinuosités du chemin, les participants ont parfaitement conscience de la direction qu’ils ont à prendre et du but qu’ils poursuivent. Mais certains se retrouveront tout de même sur le bas-côté. N’a-t-on pas déjà l’impression que le <span style="font-style:italic">lehendakari</span> Ibarretxe commence à être à la traîne ?       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.communautarisme.net/capve/Processus-tortueux_a68.html" />
  </entry>
</feed>
