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Un essai de Julien Landfried, éd. Armand Colin, 196 pages, 18 euros, mars 2007
La conférence « Vers la fin de l’universalisme français ? » se tiendra à l'Espace Ouest-France, 38, rue du Pré-Botté à Rennes à 18h30.
Présentation de la conférence :
La République reconnaît des citoyens libres et égaux en droits. Mais elle ne s’interdit nulle différenciation ou distinction entre eux qui seront fondés sur « l’utilité commune ». Tout l’enjeu des prochaine année est de refonder l’ordre social sur des valeurs justes qui permettent de faire vivre le principe d’égalité en droits, de maintenir les inégalités de fait à un niveau tolérable et de développer la possibilité d’accéder à un certain nombre de bien fondamentaux. Mais ce qui pose véritablement problème aujourd’hui c’est l’importance des inégalités générées par le libre jeu du marché en terme de revenus, de localisation spatiale, d’accès aux ressources culturelles ou symboliques. Ce sont ces inégalités-là qui servent aujourd’hui de justification à la remise en cause de l’égalité des droits.
C’est dans ce cadre que se développe la notion de communautarisation dans de nombreux pays européens.
Le communautarisme ? Naguère absent de notre vocabulaire et de nos préoccupations premières, il s'est en quelques années emparé du terrain et a colonisé bien des esprits.
Nous voici, en guise de " progrès ", promis à la juxtaposition ethnique, religieuse ou sexuelle. Des minorités victimaires aux " lois mémorielles ", de la discrimination positive aux " minorités visibles ", du politiquement correct Certains imaginent le phénomène soluble dans la République.
C'est exactement le contraire qui est en train de se passer. Le chantage exercé par des entrepreneurs communautaires non représentatifs rencontre la complaisance médiatique et bénéficie du soutien de maint responsable. Une partie de nos élites, jouant les apprentis sorciers, croit avoir trouvé la martingale pour durer : on gomme le peuple souverain, on gère la division et la concurrence communautaire…
Ouest France a publié cet entretien dans son édition rennaise du 4 juin 2007 :
Qu’est-ce que l’Observatoire du communautarisme ?
L´Observatoire du communautarisme a été créé en juillet 2003 par trois citoyens. Il est strictement indépendant des pouvoirs publics et n´a donc aucun statut « officiel ». J´en suis le directeur. L’Observatoire publie sur son site Internet (www.communautarisme.net) des analyses sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme. 40 000 internautes le visitent mensuellement.
La fin de l’universalisme français, vous y croyez ?
Sur le plan anthropologique, non ! La structure et les traditions démographiques françaises ont la vie dure. La Franc est le pays de l’assimilation et de l’idée de « l’homme universel » par excellence. Ce qui pose problème en revanche, c’est le dynamique d’abandon de l’universalisme en tant qu’idéal politique dans les élites. L’idéologie communautariste est de mon point de vue essentiellement une idéologie interne aux élites, aux médias et aux entrepreneurs communautaires
Peut-on vraiment imaginer une réduction de l’importance des inégalités générées par le libre jeu du marché, en terme de revenus, par exemple ?
Historiquement la fiscalité a joué un rôle redistributif considérable, en particulier grâce à l’impôt sur le revenu. Mais l’accroissement de la dynamique de concentration du capital et la baisse des taux marginaux d’imposition ont fait exploser les inégalités sur la dernière période. Est-ce irréversible ? Il faut espérer que non, car un système par trop inégalitaire rentrera de plus en plus en confrontation avec l’idée même de démocratie et de suffrage universel, qui est une idée égalitaire (une homme, une voix).
Voir le site du Kiosque citoyen
La République reconnaît des citoyens libres et égaux en droits. Mais elle ne s’interdit nulle différenciation ou distinction entre eux qui seront fondés sur « l’utilité commune ». Tout l’enjeu des prochaine année est de refonder l’ordre social sur des valeurs justes qui permettent de faire vivre le principe d’égalité en droits, de maintenir les inégalités de fait à un niveau tolérable et de développer la possibilité d’accéder à un certain nombre de bien fondamentaux. Mais ce qui pose véritablement problème aujourd’hui c’est l’importance des inégalités générées par le libre jeu du marché en terme de revenus, de localisation spatiale, d’accès aux ressources culturelles ou symboliques. Ce sont ces inégalités-là qui servent aujourd’hui de justification à la remise en cause de l’égalité des droits.
C’est dans ce cadre que se développe la notion de communautarisation dans de nombreux pays européens.
Le communautarisme ? Naguère absent de notre vocabulaire et de nos préoccupations premières, il s'est en quelques années emparé du terrain et a colonisé bien des esprits.
Nous voici, en guise de " progrès ", promis à la juxtaposition ethnique, religieuse ou sexuelle. Des minorités victimaires aux " lois mémorielles ", de la discrimination positive aux " minorités visibles ", du politiquement correct Certains imaginent le phénomène soluble dans la République.
C'est exactement le contraire qui est en train de se passer. Le chantage exercé par des entrepreneurs communautaires non représentatifs rencontre la complaisance médiatique et bénéficie du soutien de maint responsable. Une partie de nos élites, jouant les apprentis sorciers, croit avoir trouvé la martingale pour durer : on gomme le peuple souverain, on gère la division et la concurrence communautaire…
Ouest France a publié cet entretien dans son édition rennaise du 4 juin 2007 :
Qu’est-ce que l’Observatoire du communautarisme ?
L´Observatoire du communautarisme a été créé en juillet 2003 par trois citoyens. Il est strictement indépendant des pouvoirs publics et n´a donc aucun statut « officiel ». J´en suis le directeur. L’Observatoire publie sur son site Internet (www.communautarisme.net) des analyses sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme. 40 000 internautes le visitent mensuellement.
La fin de l’universalisme français, vous y croyez ?
Sur le plan anthropologique, non ! La structure et les traditions démographiques françaises ont la vie dure. La Franc est le pays de l’assimilation et de l’idée de « l’homme universel » par excellence. Ce qui pose problème en revanche, c’est le dynamique d’abandon de l’universalisme en tant qu’idéal politique dans les élites. L’idéologie communautariste est de mon point de vue essentiellement une idéologie interne aux élites, aux médias et aux entrepreneurs communautaires
Peut-on vraiment imaginer une réduction de l’importance des inégalités générées par le libre jeu du marché, en terme de revenus, par exemple ?
Historiquement la fiscalité a joué un rôle redistributif considérable, en particulier grâce à l’impôt sur le revenu. Mais l’accroissement de la dynamique de concentration du capital et la baisse des taux marginaux d’imposition ont fait exploser les inégalités sur la dernière période. Est-ce irréversible ? Il faut espérer que non, car un système par trop inégalitaire rentrera de plus en plus en confrontation avec l’idée même de démocratie et de suffrage universel, qui est une idée égalitaire (une homme, une voix).
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Note de lecture de Christophe Ventura, Le Monde diplomatique, n°639, juin 2007
La couverture du Monde diplomatique, juin 2007
Julien Landfried s'interroge sur le développement des thèses favorables au communautarisme. Il montre que la « concurrence communautaire » accompagne le scénario néolibéral. Elle remplace l'égalité des conditions sociales dont le modèle de « républicanisme civique » porte l'ambition - par une valorisation identitaire qui atomise les solidarités collectives et produit l'« engrenage des revendications victimaires ». Au nom de l'antiracisme, des courants progressistes auraient, selon lui, contribué à cette convergence libérale-communautariste en théorisant la suprématie du « droit à la différence » sur les principes d'universalité et d'égalité.
Mais le communautarisme révèle également les difficultés du modèle républicain d'intégration sociale et culturelle comme « système politique concret ». Il s'appuie sur une succession d'inadaptations structurelles et sur l'abandon du peuple par les élites : « si la République est menacée de disparition, peut-être est-ce parce que les républicains ont disparu »? Alors que certains préconisent la discrimination positive et les statistiques ethniques, cet ouvrage entend armer intellectuellement ceux qui travaillent à la « réinvention possible du modèle républicain ».
Voir la note de lecture sur le site du Monde diplomatique
Mais le communautarisme révèle également les difficultés du modèle républicain d'intégration sociale et culturelle comme « système politique concret ». Il s'appuie sur une succession d'inadaptations structurelles et sur l'abandon du peuple par les élites : « si la République est menacée de disparition, peut-être est-ce parce que les républicains ont disparu »? Alors que certains préconisent la discrimination positive et les statistiques ethniques, cet ouvrage entend armer intellectuellement ceux qui travaillent à la « réinvention possible du modèle républicain ».
Voir la note de lecture sur le site du Monde diplomatique
Revue de presse
Contre le communautarisme, recension de Jacques Blangy, Royaliste, n°904, page 8
Extrait :
« (...) une analyse solidement fondée sur des travaux scientifiques - ceux d'Emmanuel Todd tout particulèrement - qui a pour objet de comprendre la nature et la portée de la thématique communautariste ; une critique bien argumentée (...) et pour finir une belle réflexion sur l'universalisme républicain. »
« (...) une analyse solidement fondée sur des travaux scientifiques - ceux d'Emmanuel Todd tout particulèrement - qui a pour objet de comprendre la nature et la portée de la thématique communautariste ; une critique bien argumentée (...) et pour finir une belle réflexion sur l'universalisme républicain. »
Revue de presse
Recension par Pierre Cassen, 11 mai 2007, lettre n°536.
Contre le communautarisme, de Julien Landfried, Editions Armand Colin
L’auteur de ce livre anime le site www.communautarisme.net depuis 2003. Tout au long de cet ouvrage, il signale, comme sur son site, la remise en cause de plus en plus forte des principes égalitaires de la République, et d’une France unie sur des bases universalistes. Les coupables ? D’abord les responsables politiques de ces vingt-cinq dernières années, qui n’ont cessé, par veulerie, par crainte d’affronter le politiquement correct, par calcul clientéliste, de reculer et d’accorder des droits particuliers à ceux qui, professionnels de l’identité, comme les appelle l’auteur, ont multiplié des revendications spécifiques contraires à l’égalité des droits.
Julien Landfried explique, tout au long de cet ouvrage, que ces représentants auto-proclamés de communautés soi-disant homogènes ne représentent bien souvent qu’une faible minorité.
Il démontre sans peine que l’UOIF ne met pas plus de vingt mille personnes, tous les ans au Bourget, ce qui est ridicule par rapport à la population musulmane. Le Crif, dont il critique durement par ailleurs le fait qu’il agit souvent en France comme le relais de la politique d’Israël, et déplore que les ministres n’osent pas boycotter les repas auxquels ils sont conviés, ne représentente, selon l’auteur, qu’à peine un sixième de la population juive.
Act-Up ne compte que cent cinquante militants, et ceux qui réclament, dans les milieux homos, le mariage et l’adoption ne représentent pas la réalité de cette population. Les autonomistes corses peinent, aux journées internationales de Corte, à mettre plus de cinq cents personnes dans la salle. Même phénomène très minoritaire pour les ethnonationalistes basques, occitans ou bretons, dont les relations passées et présentes avec l’extrême droite sont soulignées.
La nocivité de la charte des langues régionales, votée par le Parlement européen en 1999, mais pas encore ratifiée par la France, est fort bien démontrée.
L’auteur, dans cet ouvrage, dénonce la fuite en avant du discours victimaire, notamment celui des Indigènes de la République. Il montre le danger, soulevé par de nombreux historiens, de la multiplication de certaines lois mémorielles, de la loi Gayssot à celle du 23 février 2005 (colonialisme), en passant par la loi Taubira sur l’esclavage, sans oublier les tergiversations législatives autour du génocide arménien.
Il explique fort bien les enjeux de la discrimination positive, et combien son application sur des bases ethniques serait mortelle pour le modèle républicain français. Il en profite pour contester la loi sur la parité, qu’il considère comme une première application de la discrimination positive, qui n’a rien changé sur le fond au fonctionnement des partis politiques, excluant toujours de la vie politique hommes et femmes issus du monde ouvrier, par exemple.
A ceux qui disent que la République est raciste, il oppose, sans nier des discriminations sociales, le nombre de mariages mixtes en France à la très faible existence de mariages entre Blancs et noirs aux Etats-Unis.
Il démontre fort bien, tout au long de cet ouvrage, toute la différence qui oppose le modèle français et le modèle américain, et montre que les adversaires différentialistes de la République s’appuient souvent sur les principes du modèle outre-atlantique.
Ce livre, dont on peut ne pas partager intégralement certains passages, est une richesse pour le combat que tous les républicains entendent mener contre la montée du communautarisme et pour les valeurs égalitaires, en France, surtout après l’élection de Nicolas Sarkozy.
A la conclusion, l’auteur en appelle à un nouveau 4 août, afin d’abroger les privilèges obtenus sous la pression de professionnels de l’identité qui veulent nous construire une France des ethnies contraire à une République universelle de l’égalité et du vivre ensemble.
A offrir à vos amis.
Voir sur le site de Respublica
L’auteur de ce livre anime le site www.communautarisme.net depuis 2003. Tout au long de cet ouvrage, il signale, comme sur son site, la remise en cause de plus en plus forte des principes égalitaires de la République, et d’une France unie sur des bases universalistes. Les coupables ? D’abord les responsables politiques de ces vingt-cinq dernières années, qui n’ont cessé, par veulerie, par crainte d’affronter le politiquement correct, par calcul clientéliste, de reculer et d’accorder des droits particuliers à ceux qui, professionnels de l’identité, comme les appelle l’auteur, ont multiplié des revendications spécifiques contraires à l’égalité des droits.
Julien Landfried explique, tout au long de cet ouvrage, que ces représentants auto-proclamés de communautés soi-disant homogènes ne représentent bien souvent qu’une faible minorité.
Il démontre sans peine que l’UOIF ne met pas plus de vingt mille personnes, tous les ans au Bourget, ce qui est ridicule par rapport à la population musulmane. Le Crif, dont il critique durement par ailleurs le fait qu’il agit souvent en France comme le relais de la politique d’Israël, et déplore que les ministres n’osent pas boycotter les repas auxquels ils sont conviés, ne représentente, selon l’auteur, qu’à peine un sixième de la population juive.
Act-Up ne compte que cent cinquante militants, et ceux qui réclament, dans les milieux homos, le mariage et l’adoption ne représentent pas la réalité de cette population. Les autonomistes corses peinent, aux journées internationales de Corte, à mettre plus de cinq cents personnes dans la salle. Même phénomène très minoritaire pour les ethnonationalistes basques, occitans ou bretons, dont les relations passées et présentes avec l’extrême droite sont soulignées.
La nocivité de la charte des langues régionales, votée par le Parlement européen en 1999, mais pas encore ratifiée par la France, est fort bien démontrée.
L’auteur, dans cet ouvrage, dénonce la fuite en avant du discours victimaire, notamment celui des Indigènes de la République. Il montre le danger, soulevé par de nombreux historiens, de la multiplication de certaines lois mémorielles, de la loi Gayssot à celle du 23 février 2005 (colonialisme), en passant par la loi Taubira sur l’esclavage, sans oublier les tergiversations législatives autour du génocide arménien.
Il explique fort bien les enjeux de la discrimination positive, et combien son application sur des bases ethniques serait mortelle pour le modèle républicain français. Il en profite pour contester la loi sur la parité, qu’il considère comme une première application de la discrimination positive, qui n’a rien changé sur le fond au fonctionnement des partis politiques, excluant toujours de la vie politique hommes et femmes issus du monde ouvrier, par exemple.
A ceux qui disent que la République est raciste, il oppose, sans nier des discriminations sociales, le nombre de mariages mixtes en France à la très faible existence de mariages entre Blancs et noirs aux Etats-Unis.
Il démontre fort bien, tout au long de cet ouvrage, toute la différence qui oppose le modèle français et le modèle américain, et montre que les adversaires différentialistes de la République s’appuient souvent sur les principes du modèle outre-atlantique.
Ce livre, dont on peut ne pas partager intégralement certains passages, est une richesse pour le combat que tous les républicains entendent mener contre la montée du communautarisme et pour les valeurs égalitaires, en France, surtout après l’élection de Nicolas Sarkozy.
A la conclusion, l’auteur en appelle à un nouveau 4 août, afin d’abroger les privilèges obtenus sous la pression de professionnels de l’identité qui veulent nous construire une France des ethnies contraire à une République universelle de l’égalité et du vivre ensemble.
A offrir à vos amis.
Voir sur le site de Respublica
La Nation citoyenne, par Jean-Yves Camus, Actualité Juive, n°979, 10 mai 2007, p52.
Animateur de l'Observatoire du communautarisme, l'auteur peut être classé comme appartenant à la gauche laïque et républicaine, il livre ici une décorticage sans complaisance de la montée en puissance et de la production du discours communautaire (religieux ou ethnique), de la concurrence mémorielle et des questions identitaires, qu'il estime contraires à l'objectif de la Nation citoyenne («républicanisme civique») et qu'il voit comme occultant la question sociale. Par bien des points ce travail intellectuellement stimulant choquera ceux qui se reconnaissent dans la communauté juive organisée, dont les associations principales ne sont guère épargnées. On retrouve en filigrane de ce livre les deux principaux questionnements du monde laïc face à une spécificité juive qui ne cesse de l'irriter : le double statut de peuple et de confession (examiné ici d'un point de vue assimilationniste favorable à l'exogamie et dans une optique assez défavorable à Israël) et l'exigence de la Mémoire, à laquelle l'auteur oppose «l'oubli et le deuil».
Julien Landfried, «Contre le communautarisme», Armand Colin, 187 pages, 18 euros
Julien Landfried, «Contre le communautarisme», Armand Colin, 187 pages, 18 euros
« Contre le communautarisme » de Julien Landfried, aux Editions Armand Colin, Balkans Infos, n°121, mai 2007. Pierre Hillard est notamment l'auteur de Minorités et régionalismes dans l'Europe Fédérale des Régions : Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l'Europe (éditions Francois-Xavier De Guibert, 2001)
Face aux revendications communautaristes sans cesse croissantes en France, l’ouvrage de Julien Landfried tombe à pic. Ce jeune auteur, directeur de l’Observatoire du communautarisme (www.communautarisme.net), s’est appliqué à expliquer la dérive de notre pays républicain vers des concepts où le principe des minorités ethniques, religieuses et sexuelles fleurit un peu partout. L’auteur part du constat que les principes républicains sont en danger. D’une situation assise depuis 1789 exaltant la nation « une et indivisible », J. Landfried évoque avec raison le « filon communautariste » se substituant aux fondamentaux républicains.
De multiples facteurs entrent en jeu pour expliquer cette décomposition. Tout d’abord, l’auteur souligne la mise à l’honneur des principes ethnicistes parallèlement aux problèmes socio-économiques qui assaillent le pays depuis les années 1970. La « faute » à l’immigré, formule largement utilisée par le Front national, a ciblé une catégorie de personnes, non en fonction de leurs activités, mais en raison de leurs origines. Comme le remarque avec raison J. Landfried, les organisations antiracistes ont combattu ces dérives en masquant aussi les problèmes réels au sein de ces populations : « Cela explique que des questions importantes comme celles de la délinquance juvénile, des mariages forcés ou de la privatisation par des bandes délinquantes de quartiers laissés en jachère économique n’aient pas été abordées pendant des années (…) ».
Ainsi, ces organisations ont empêché un véritable débat sur les problèmes réels qui n’ont fait que croître au profit du Front National. Outre le fait que ces organisations ne représentent même pas l’ensemble de la communauté (ethnique, religieuse ou sexuelle), ce communautarisme a pu prospérer en raison de la déliquescence du politique.
Ce fait est abondamment souligné par J. Landfried qui cite de nombreuses démissions de la classe politique face aux pressions de petits groupes déterminés. Comme le rapporte l’auteur, la réponse républicaine consiste à développer aux antipodes des canons de 1789 la « discrimination positive » ou, plus exactement, « l’action positive ».
Cette dernière débouche sur la nomination de « minorités visibles » comme c’est le cas à la télévision. Cette tendance est due entre autres à l’action, en liaison avec le politique, de l’institut Montaigne ou encore du club Averroès. Ceci fait dire avec justesse de la part de l’auteur : « L’adoption de la discrimination positive comme levier de réallocation des places et des postes porte en elle le germe de la multiplication dynamique des revendications communautaristes ».
Cette transformation du modèle républicain résulte aussi des pressions extérieures, en l’occurrence l’ONU, l’Unesco et l’Union européenne acquises aux principes de l’ethno-régionalisme. Comme le reconnaît clairement J. Landfried, la philosophie en cours au sein de ces organismes est bien éloignée de l’idéal républicain. Face à ce rouleau compresseur, l’auteur estime que la République doit se ressaisir estimant que « Le républicanisme civique pourrait être en mesure de prouver sa robustesse et ses capacités d’adaptation si ses principaux dépositaires lui faisaient honneur plutôt que de le répudier à tout bout de champ ».
Nous nous permettons d’être plutôt réservé en ce domaine en raison de la déliquescence de l’esprit politique chez nos dirigeants. Cette tendance est d’autant plus renforcée que de nombreux prétendus défenseurs de la cause nationale, très souvent, jouent un double jeu avec le système. Cependant, ne boudons pas notre plaisir de lire le premier essai de Julien Landfried qui, par sa qualité, est un véritable coup de maître.
De multiples facteurs entrent en jeu pour expliquer cette décomposition. Tout d’abord, l’auteur souligne la mise à l’honneur des principes ethnicistes parallèlement aux problèmes socio-économiques qui assaillent le pays depuis les années 1970. La « faute » à l’immigré, formule largement utilisée par le Front national, a ciblé une catégorie de personnes, non en fonction de leurs activités, mais en raison de leurs origines. Comme le remarque avec raison J. Landfried, les organisations antiracistes ont combattu ces dérives en masquant aussi les problèmes réels au sein de ces populations : « Cela explique que des questions importantes comme celles de la délinquance juvénile, des mariages forcés ou de la privatisation par des bandes délinquantes de quartiers laissés en jachère économique n’aient pas été abordées pendant des années (…) ».
Ainsi, ces organisations ont empêché un véritable débat sur les problèmes réels qui n’ont fait que croître au profit du Front National. Outre le fait que ces organisations ne représentent même pas l’ensemble de la communauté (ethnique, religieuse ou sexuelle), ce communautarisme a pu prospérer en raison de la déliquescence du politique.
Ce fait est abondamment souligné par J. Landfried qui cite de nombreuses démissions de la classe politique face aux pressions de petits groupes déterminés. Comme le rapporte l’auteur, la réponse républicaine consiste à développer aux antipodes des canons de 1789 la « discrimination positive » ou, plus exactement, « l’action positive ».
Cette dernière débouche sur la nomination de « minorités visibles » comme c’est le cas à la télévision. Cette tendance est due entre autres à l’action, en liaison avec le politique, de l’institut Montaigne ou encore du club Averroès. Ceci fait dire avec justesse de la part de l’auteur : « L’adoption de la discrimination positive comme levier de réallocation des places et des postes porte en elle le germe de la multiplication dynamique des revendications communautaristes ».
Cette transformation du modèle républicain résulte aussi des pressions extérieures, en l’occurrence l’ONU, l’Unesco et l’Union européenne acquises aux principes de l’ethno-régionalisme. Comme le reconnaît clairement J. Landfried, la philosophie en cours au sein de ces organismes est bien éloignée de l’idéal républicain. Face à ce rouleau compresseur, l’auteur estime que la République doit se ressaisir estimant que « Le républicanisme civique pourrait être en mesure de prouver sa robustesse et ses capacités d’adaptation si ses principaux dépositaires lui faisaient honneur plutôt que de le répudier à tout bout de champ ».
Nous nous permettons d’être plutôt réservé en ce domaine en raison de la déliquescence de l’esprit politique chez nos dirigeants. Cette tendance est d’autant plus renforcée que de nombreux prétendus défenseurs de la cause nationale, très souvent, jouent un double jeu avec le système. Cependant, ne boudons pas notre plaisir de lire le premier essai de Julien Landfried qui, par sa qualité, est un véritable coup de maître.
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