Civilité, citoyenneté, autonomie - www.communautarisme.net/ecoleendebat

L'école républicaine est à construire, pas à restaurer... Ce blog souhaite ouvrir des pistes de réflexion dans un certain nombre de champs, notamment au croisement du politique et de l'éducatif : laïcité, justice, autonomie de la personne, formation du citoyen, mémoire et histoire, construction d'une civilité et d'une morale renouvelées, prévention de la violence.
J'en suis la responsable éditoriale et technique, assistée de l'équipe de l'Observatoire du communautarisme, qui l'héberge gracieusement.
Bonne lecture, et merci de vos réactions.

Sophie Ernst


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Analyses, réflexions, données. Voir aussi "reconstruire une civilité" pour une approche pragmatique.
En hommage à Cornélius Castoriadis, parce que sa philosophie nous permet de penser l'éducation, au plus haut de l'idéal et au plus près des réalités, dans un monde très vieux, et dans une ère qui ne fait que commencer... celle de la formation d'un individu autonome dans une société autonome.
Que faire des mémoires et des fantômes de l'histoire ? Comment enseigner ? Quelles identités se forgent à travers les commémorations négatives ?
La laïcité n'est pas seulement affaire de loi, d'interdiction et de séparation, tout comme la démocratie n'est pas seulement affaire de procédures. Partie intégrante d'un régime politique d'autonomie, elle suppose une éducation à la laïcité qui n'est pas seulement une instruction dans la laïcité : une certaine façon d'accepter le conflit et le débat.
Loin de toute mythologie, des livres permettent de mieux comprendre ce qu'a été l'Ecole républicaine dans sa réalité historique : diverse, ambivalente, traversée de mouvements contradictoires.
"On dirait que le racisme et l'antisémitisme sont devenus des choses plus compliquées qu'autrefois" me dit un professeur... certes ! un grand malaise accompagne la confusion actuelle. Cette rubrique voudrait sortir d'un certain moralisme aveuglant, démêler faits, idéologies et connaissances avec prudence et vigilance.
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Observatoire indépendant d'information et de réflexion sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme. Centre de ressources en ligne en libre accès.


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Reconstruire une civilité. Actions

Observatoire de l'éducation

Lundi 9 Janvier 2006

L’observatoire de l’éducation a un site internet, où l’on trouvera toutes sortes de textes stimulants, traces de rencontres avec des professionnels ou des chercheurs. Mais c’est avant tout un groupe de réflexion qui se pose la question de reconstruire de nouvelles formes de civilité, loin de toute déploration, et sans illusion de restauration. Ce que j'apprécie, outre le projet d'ensemble : une pratique démocratique efficace et une rigueur de pensée imaginative.

Entretien avec la présidente de l'association, Hélène Merlin-Kajman, janvier 2006.


Qui êtes-vous, qu’est-ce que ce groupe ?

Une association créée depuis juin 2002 (statuts déposés en novembre). Son centre de gravité est l’enseignement, car tous ses membres actifs ont été ou sont des enseignants : ce n’est pourtant pas forcément dans le milieu enseignant que ses idées sont le mieux reçues (en tout cas, pas seulement : il y a là un décalage étonnant). Il est vrai que le groupe n’a pas reçu que des spécialistes de l’enseignement : au contraire, l’idée de départ est de désenclaver le milieu, et les problèmes, scolaires, en les pensant à partir du problème plus général de l’éducation.

Pourquoi l’avoir fondé ? Pourquoi, à cause de quoi ?

Nous avons créé l’Observatoire de l’éducation en juin 2002, après le choc de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles. C’était à nos yeux une façon d’y répondre, sans tarder et sur le long terme, sur un terrain qui nous paraissait crucial pour en comprendre les raisons. Nous nous sommes immédiatement définis comme une association de gauche, mais critique de la gauche. Nous voulions lever un tabou : à gauche, dès que l’on parlait d’autorité et d’insécurité, on ne nous écoutait plus, on nous traitait de « réac ». Nous voulions – et nous voulons encore – construire une pensée authentiquement de gauche en sympathie avec tous les éducateurs (parents, enseignants, animateurs, etc.) et leurs difficultés, en sympathie avec la souffrance induite côté enfants. Une pensée authentiquement de gauche qui s’astreigne à penser la réalité telle qu’elle est, aussi désagréable qu’elle soit : violence grandissante des rapports sociaux, et ceci, pas seulement sur un plan socio-économique, mais aussi d’abord, violence grandissante dans les rapports éducatifs : entre enfants et parents, entre élèves et professeurs, entre parents et professeurs, etc. L’instabilité des “ figures ” (parentales, magistrales, enfantines, etc.), la difficulté à partager des règles communes ou même à en concevoir la nécessité, nous semble induire une sorte de discorde généralisée qui n’est malheureusement en rien une conflictualité politique, mais, induisant des pratiques, fabriquant des injustices pour certaines bien réelles et pour d’autres imaginaires, et générant ainsi en chacun de nous de la souffrance et de l’agressivité, participe au sentiment d’insécurité par lequel nous sommes tous plus ou moins gagnés. En chacun de nous recule le désir commun de paix civile, augmente une méfiance réciproque qui est peut-être l’un des traits menaçant de notre “ idéologie dominante ” partagée.

Et pourquoi en vue de quoi ?

L’Observatoire de l'Education se donne pour but d’analyser les difficultés inédites que rencontrent aujourd’hui tous les "éducateurs", parents compris, dans la définition de leur rôle, non seulement dans leurs effets, mais dans leurs causes. Que veut dire aujourd'hui "éduquer", à qui en incombe la responsabilité et quels sont les espaces, institutionnels ou non, où se noue cette question ? Qui éduque, doit éduquer ? Qu’est-ce que l’autorité ? Qui doit être éduqué ? Qu’est-ce que la civilité ?
Nous voulons faire apparaître que la réponse à la question du qui n’est pas donnée par les statuts professionnels, la délimitation des compétences : non seulement nous cherchons à faire prendre conscience que tout adulte est responsable de l’éducation de tous les enfants et à ce titre, doit trouver, en soi et dans le soutien des autres, l’autorité qui convient pour le faire, mais que nous avons aussi un devoir d’auto-éducation. Ainsi s’agit-il finalement de toucher tout citoyen, même sans statut ni compétence dans l’éducation.

Quelles sont ses modalités de travail ?

Les deux premières années, nous nous sommes institués, en tâtonnant sur les formes. Nous nous sommes réunis presque toutes les semaines à la Sorbonne (Paris 3) (une quinzaine de membres, des invités soit auditeurs, soit spécialistes de problèmes tournant autour de l’éducation ou de la civilité), avons fait un compte-rendu de toutes nos séances, travail qui a pris de l’ampleur et qui a justifié, d’abord, la constitution d’une liste de diffusion, puis la création d’un site internet. Nous avons aussi organisé cinq tables rondes, avec des personnalités dont nous avions apprécié les travaux, les idées : notamment Jacques Donzelot, Denis Salas, Didier Peyrat (les deux autres portaient sur des problèmes). La 3è année, succédant à des crises successives, a vu le rythme de nos séances et l’intensité de nos travaux se ralentir. Nous sommes dans notre quatrième année : l’association est sortie affaiblie de ses crises, mais victorieuses en ce sens qu’elle existe toujours, qu’elle n’a plus besoin de se réunir à un rythme régulier pour se savoir existe, et qu’elle a un but bien défini, une grande capacité à se mobiliser quand les membres en sentent le besoin (ex : écriture d’un article sur l’affaire du lycée Montaigne ; plus récemment, sur les violences urbaines).
Désormais, nous travaillons à la rédaction du « manuel de civilité » et comptons recevoir des interlocuteurs susceptibles de nous y aider dans un cadre plus convivial que la salle de la Sorbonne (café par exemple).

Qu’est-ce ce travail de groupe apporte à chacun ?

Il nous a permis de transformer notre incertitude personnelle, individuelle, face aux problèmes d’autorité que nous rencontrions, en questionnement commun ; et du coup, de gagner une certaine assurance, en en expérimentant les effets pratiques heureux, quant à la définition de l’adulte – et de son autorité - donnée par Hannah Arendt : celui qui est responsable du monde face aux enfants.
Enfin, nous avons plus de confiance en nous-mêmes dans les actions collectives extérieures à l’Observatoire auxquelles nous sommes associées, soit bénévolement, par engagement, soit professionnellement. Nous avons le sentiment de mieux savoir « gérer » des situations de crise, de conflit (sans qu’il s’agisse d’un chaos, d’une tragédie passionnelle...)

Qu'aimeriez avoir comme résultat : produit, pratique, mouvement … ?

D’abord : nous aimerions que se constituent, partout où cela est possible, des espaces de dialogue entre parents, enseignants, animateurs, etc.
Que se modifient les pratiques de la rue : que les adultes n’aient plus peur d’adresser la parole à des enfants inconnus, d’intervenir face à leurs « bêtises » (ou tout simplement, qu’ils en aient l’envie, comme d’une tâche importante pour l’avenir de la justice) : qu’ainsi, tous les parents, de quelque culture qu’ils proviennent, se sentent solidaires et rassurés quand leurs enfants circulent dehors : parce que les enfants seraient toujours veillés (en un sens bienveillant plutôt que surveillant) par des adultes.
Que ce travail-là ne soit pas abandonné à la police. Mais qu’il soit l’affaire de la société civile.
Qu’un tel changement de pratiques restaure suffisamment de confiance dans le monde et dans la démocratie pour donner aux sujets politiques présents et à venir l’envie de construire des luttes: des combats pour leurs droits, en trouvant des formes d’expression légitimes – et des formes d’organisation, de solidarité. Car dans un monde fait de méfiance et de brutalité, cela ne sera pas possible. On ne peut faire l’économie de toute espèce de violence, mais la délinquance n’est pas la lutte politique. Et on devrait aussi s’inquiéter de ce que les futurs intégrés, privilégiés, voire dominants, ne soient pas sans foi ni loi. (Dans une société brutale, on peut s’intégrer avec brutalité : historiquement toutes les dominations ne sont pas de même nature).

Quels sont les projets dans lesquels vous êtes actuellement investis ?

Nous avons le projet d’écrire un manuel de civilité pour la société actuelle, telle qu’elle est, c’est-à-dire avec tous ses membres. Il ne s’agit pas tant de rédiger un code ni un règlement (de quel droit le ferions-nous ?) que de lancer des propositions, en les justifiant, pour créer un débat. Il s’agit dans notre esprit d’un geste prospectif, pour faire événement, et pour qu’une fois cet événement enregistré (par les médias, par les lecteurs), il ne nous appartienne plus : nos « règles » pourraient être contestées, au profit d’autres...
Nous avons rédigé des questionnaires à cet effet : nous écrirons le manuel avec les réponses. Nous espérons recueillir des réponses d’horizons très différents, et ainsi, créer déjà une attente, des discussions privées.
Nous avons organisé une table ronde autour de ce projet, et nous en ferons d’autres avant de nous mettre à rédiger.

Comment définiriez-vous ce que vous appelez civilité ?

Nous appelons « civilité » l’ensemble des apparences (paroles, gestes, comportements, attitudes, apparences vestimentaires, etc.) par lesquelles chacun signifie à autrui, tout autrui, et vice-versa, qu’il a reconnu sa présence et l’a vue favorablement, qu’il l’accueille dans un espace à partager,un espace fait pour être habité ensemble : raison pour laquelle nous pensons que la civilité s’arrête au seuil de l’intimité. Ainsi, il s’agit de formes par lesquelles nous manifestons notre conscience d’être sous le regard les uns des autres, et que ce regard est immédiatement communicatif : les gestes de civilité nous signalent comme « individu adressé », pourrait-on dire, individu en rapport avec les autres. Il ne s’agit pas d’un regard policier, il ne s’agit pas de surveillance réciproque : il s’agit de reconnaissance réciproque, de reconnaissance que nous ne sommes pas des électrons libres ; il s’agit de montrer, de rendre sensible, notre humanité : car l’humanité, ce n’est pas échanger des signaux régis par des besoins, c’est nous « entre-communiquer » par des formes qui non seulement nous sont utiles, mais encore reflètent, signifient notre caractère sociable.

Quels vous semblent être les points clés sur lesquels vous pouvez avoir une prise : en termes de compréhension, de termes de changement, de propositions à d’autres instances ( lesquelles)?

- dans le domaine de l’enseignement : pour sortir de la crise de l’école, nous ne pensons ni que les enseignants doivent être plus près des élèves (position des pédagogues) et faire de l’animation citoyenne plutôt que de transmettre des connaissances ; ni que l’enseignement consiste uniquement dans la transmission exigeante du savoir (position des républicains) sans considération éducative. Nous pensons que la pédagogie implique de l’autorité respectée, un cadre de classe civil : que sans ce cadre-là, les élèves ne peuvent pas « grandir », à fortiori pas « apprendre ».

- dans le domaine plus généralement éducatif : nous pensons qu’il est finalement insultant pour les enfants de ne pas exercer la bonne « autorité » sur eux, sous prétexte qu’ils seraient des « dominés » (dominés par le pouvoir parental, par l’école, par la société, etc.) : nous ne les considérons pas alors comme dignes d’être éduqués. Or, il n’y a pas de sentiment éthique inné. Il ne suffit pas de les laisser s’exprimer et de respecter leur parole, leurs droits et leurs goûts, pour qu’ils deviennent « bons » (ni même heureux). C’est l’éducation qui construit des sujets moraux : c’est la fermeté éthique des éducateurs qui fait repère pour des enfants en quête de limites. Et c’est à nos yeux le préalable logique à la prise de conscience politique, qui ne relève pas immédiatement de l’éducation.

- sur le plan politique : nous essayons de refuser les anathèmes qui interdisent la parole, intimident la pensée ; les précompréhensions qui automatisent l’appréhension des crises sociales que nous vivons. Notre réflexion aide à la compréhension de la nature du sentiment d’insécurité actuelle, de celle des « incivilités », du besoin d’autorité qui en résulte. Elle aide à distinguer l’autorité autoritaire de l’autorité fondée, celle qu’on exerce sans tyrannie, pour faire respecter un ordre symbolique que l’on sait respecter soit-même (ou que l’on apprend à respecter soi-même). L’objectif de notre mouvement, c’est de trouver un moyen de refaire suffisamment de lien social, au sens le plus immédiat, le plus quotidien et plus banal possible, pour que chacun retrouve le plaisir de côtoyer l’autre sans angoisse a priori. Et reprenne confiance dans le monde, y compris pour lutter contre ses injustices.

- Nous souhaitons entrer en contact avec les différentes sphères, espaces, concernés par la « vie civile » : services publics, communautés, etc.

Vous avez reçu beaucoup d’intellectuels ou de professionnels du travail social ou éducatif. Vous avez mis en place un dispositif de débat approfondi pas tout à fait habituel et que j’ai trouvé excellent, très productif. Pouvez vous dire quelles sont ces règles du jeu ?

Lorsque nous invitons quelqu’un, c’est nous qui travaillons : nous lisons des textes qu’il a écrits, ou bien des textes susceptibles d’éclairer notre échange. Lorsque l’invité n’a pas eu le temps de préparer une intervention introductive, la présidente fait une introduction qui présente ses activités et leur intérêt pour notre réflexion, puis lui adresse des questions. Il répond, et ensuite, la discussion s’engage sur la base d’un respect très strict du tour de parole : il y a un président de séance qui inscrit les noms de ceux qui lèvent la main et qui ne prennent la parole que lorsque le président de séance la leur a donnée. L’invité est privilégié dans le tour de parole : il peut la prendre quand bon lui semble, d’autant que c’est évidemment avec lui qu’a lieu le débat ; mais la présidente prend son tour comme les autres.
Un rapporteur est chargé de faire un compte-rendu de l’ensemble de la séance. Ce compte-rendu est revu par la présidente. Le principe sur lequel sont fondés les compte-rendus est le suivant : restituer au maximum pour les lecteurs qui n’ont pas été présents la logique des positions, des arguments échangés, de leurs enjeux, la diversité des points de vue.
Lorsque nous sommes entre nous, nous fonctionnons exactement de la même façon : c’est un membre de l’Observatoire qui prépare un exposé sur un livre, une question ; ou bien c’est la présidente qui lance le débat sur une question. Puis la séance se déroule exactement de la même façon.
Parfois, la passion, la vivacité d’un échange entre deux personnes, dérange ce dispositif. Le président de séance rappelle les « fautifs » à l’ordre, et on reprend le tour de parole.
Ce dispositif est extrêmement productif en termes d’écoute de l’autre, de style des échanges. Mais quand nous sommes moins de 10 (ce qui est devenu fréquent), sa raison d’être a tendance à ne plus nous apparaître.

Si vous deviez vous adresser à d’autres groupes analogues, qu'en attendriez-vous ?

Qu’ils nous aident, en répondant à nos questionnaires, en venant discuter avec nous. Nos questionnaires ne contiennent aucun piège, et chacun est libre d’y répondre en défendant par exemple le droit à l’incivilité ! Mais qu’on en débatte !
Comme l’ont observé certains intellectuels, nous sommes actuellement dans une société prise par la logique de « l’entre-soi » : on ne parle qu’à ceux avec lesquels on est d’accord, auxquels on est semblable, avec lesquels la connivence est immédiate : mêmes gestes, mêmes styles, mêmes références culturelles, mêmes loisirs, etc. – et on déteste les autres, on les fuit, on ne les voit pas. Incivilité généralisée, mais souvent invisible puisqu’elle est faite d’indifférence apparente. C’est cela que nous voulons vaincre. Nous sommes prêts à débattre : nous sommes prêts à écouter toutes les objections et critiques.
Plus nous aurons de réponses au questionnaire, plus le livre prendra d’emblée un sens dialogique, contradictoire, collectif, prospectif, et non pas « autoritaire ».

Y a-t-il depuis que vous travaillez dans ce groupe, un ensemble de quelques idées qui se soient forgées ( toujours concernant la civilité) , diagnostics dans l’analyse de la situation, ou convictions sur ce qu’il faudrait changer ?

Outre tout ce qui précède, nous sommes convaincus que braquer les projecteurs sur les cités et zones sensibles rend en partie invisible, et illisible, la crise de l’autorité et le lien étroit qu’elle entretient avec celle de la civilité. Nous essayons d’analyser ce qui caractérise notre « postmodernité » : la transformation des façons d’être au monde (des modes de subjectivation) ; l’émergence de groupes sociaux dont la définition n’est plus professionnelle, économique, mais biopolitique : les « jeunes », les groupes ethniques, les « français de souche », etc. ; enfin, nous pensons que la crise symbolique ruine la combativité politique, et empêche qu’émergent de nouvelles analyses authentiquement en prises avec le réel.

Je trouve votre démarche exceptionnelle, remarquable et pourtant, au fond, très simple, elle mériterait d'être une pratique ordinaire, tant elle est soutenante et enrichissante. Que conseilleriez-vous ou auriez envie de dire à des collectifs qui voudraient se constituer comme vous ?
Courage et persévérance !
De ne pas être trop formalistes, de ne pas s’acharner sur la confection de statuts, etc.
Nous leur conseillerions de ne jamais oublier la raison pour laquelle ils ont fondé leur collectif, afin de parvenir à surmonter les conflits affectifs, les conflits de place voire de pouvoir qui ne manquent pas de survenir et risquent de faire perdre de vue le but commun.


Visiter le site de l'Observatoire de l'éducation

Répondre au questionnaire sur la civilité

Hélène Merlin/Sophie Ernst
Rédigé par Hélène Merlin/Sophie Ernst le Lundi 9 Janvier 2006 à 00:00