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Dans la presse

Patrick Le Lay, pour une Bretagne de TF1 à l'Oural  

Entretien de Françoise Morvan à l'hebdomadaire Charlie Hebdo, n°691, 14 septembre 2005

"Je ne suis pas français, je suis breton. Je suis un étranger quand je suis en France", explique Patrick Le Lay dans le dernier numéro du magazine Bretons (septembre 2005). Nous sommes allés demander à Françoise Morvan, l'auteur du Monde comme si, sous-titré Nationalisme et dérive identitaire en Betagne, de commenter les propos du patron de TF1 et de remettre dans leur contexte sa mystique de la langue bretonne, sa hargne antifrançaise, ainsi que le projet politique auquel il rêve pour la Bretagne.

Pour lire l'entretien, acheter Charlie Hebdo en kiosques.

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Françoise Morvan : « Non à la régression ethniste en Bretagne »  

Entretien pour l'Observatoire du communautarisme, 07/06/2005

Françoise Morvan : « Non à la régression ethniste en Bretagne »
Le Monde comme si, Nationalisme et dérive identitaire en Bretagne, Actes Sud, 2002

A l'occasion de la sortie en poche de son essai Le Monde comme si (2002), Françoise Morvan, analyse, dans ce long entretien exclusif à l'Observatoire du communautarisme la nature du "mouvement breton", de son idéologie et de ses soutiens. Un témoignage documenté et accablant sur l'idéologie des nationalistes bretons, l'aveuglement d'une certaine gauche et la chape de plomb qui entoure cette question en Bretagne.

Entretien réalisé par courrier électronique

Observatoire du communautarisme : Vous avez publié en 2002 un essai, Le Monde comme si, qui vient de reparaître en collection de poche Babel/Actes sud. Pouvez-vous nous rappeler l'objet de cet essai ?

Françoise Morvan : Le sous-titre, « nationalisme et dérive identitaire en Bretagne », précise bien l'objet du livre, je crois, même si le titre « Le Monde comme si » peut sembler assez énigmatique. Je l'ai emprunté au folkloriste Arnold Van Gennep, citant lui-même le philosophe Vaihinger qui constate que « Les hommes sont tous, sauf quand il s'agit des sciences proprement dites, dans l'état mental et affectif des enfants qui écoutent des contes de Perrault ou qui assistent à une représentation de Guignol. Ils font comme s'ils croyaient vraiment à la réalité des personnages, bien qu'ils sachent que dans la vie courante il n'y a ni fées ni Guignol… » Vu que c'est en éditant des contes de fées que je me suis trouvée obligée d'ouvrir les yeux et de ne plus faire comme si les mythes que véhicule le « mouvement breton » étaient vrais, l'allusion m'a semblé de circonstance. D'autant que, plus j'avançais dans mes recherches, plus je voyais que les politiciens, appuyés par les média, faisaient désormais comme si le monde mythique du nationalisme breton devait s'imposer au réel.

OC : Quel a été votre parcours personnel ?

FM : Mon parcours, que je raconte dans ce livre, a été celui, on ne peut plus banal, d'une fille de Bretons émigrés en banlieue qui idéalise la Bretagne des vacances et rêve de retourner y vivre - ce que je finis par faire, puisque, agrégée de lettres, j'obtiens un poste dans une petite ville du Trégor. J'essaie d'intéresser mes élèves au breton (qu'ils ne parlent pas, sauf rare exception), je suis moi-même des cours de breton, sans trop me poser de questions sur la méthode adoptée. À cette occasion, je rencontre des « militants bretons », sans me poser de questions non plus sur leur itinéraire, leurs motivations, ce qui a pu les amener même, en certains cas, à aller poser des bombes dans les endroits les plus incongrus. En quête d'une école maternelle où ma fille ne soit pas brimée, j'entreprends de fonder avec des amis une école Diwan, où elle ne veut, d'ailleurs, pas mettre les pieds - bref, encore une fois, rien que de banal pour quelqu'un qui s'intéresse d'un peu près à la culture bretonne. On a voulu me présenter comme une militante nationaliste bretonne subitement convertie au nationalisme français, mais si tous les parents dont les enfants vont à Diwan devenaient des militants, ça en ferait des troupes (et, moi, en plus, j'étais un parent d'enfant qui n'allait pas à Diwan).

OC : Sur quoi reposait alors votre intérêt pour la culture bretonne ?

FM : Ce qui m'intéressait, c'était la possibilité de travailler à partir d'une culture populaire en la sortant du populisme, d'écrire autrement, de vivre autrement. Je ne voyais pas les implications idéologiques des thèses défendues par les militants bretons pour la bonne raison que leurs visées m'étaient totalement étrangères. L'indépendance de la Bretagne, l'enseignement obligatoire du breton, la reconnaissance du peuple breton, ça ne me concernait pas : j'aimais le breton parce que son enseignement n'était pas obligatoire, je l'aurais certainement détesté s'il m'avait été enseigné au lycée, et je ne me voyais pas enrôlée dans un peuple breton, avec bannière et hymne national…
J'ai dû assister à deux ou trois réunions d'Emgann (parti indépendantiste) puisqu'il y avait toujours des « prisonniers politiques bretons » à délivrer, mais comme je trouvais idiot de noircir des panneaux routiers et de faire sauter des bâtiments en bon état, je n'éprouvais pas de commisération. Les militants de l'UDB (Union Démocratique Bretonne - parti autonomiste), avec leurs colliers de barbe à la saint Joseph et leur air de sortir de l'Inspection académique pour distribuer des pénitences, il était entendu que c'étaient des raseurs. Du reste du « mouvement breton », de droite ou d'extrême droite, nous ne savions rien. Tout le monde était « de gauche », dévoué, prêt à sacrifier son temps et son argent pour une culture démunie.
Sur ces bases simplistes, donner de l'argent à Diwan allait de soi, acheter des revues en breton allait de soi (pas pour les lire, pour les soutenir), et c'est encore par une espèce d'esprit de solidarité que, quand le professeur Pierre Denis, dit Per Denez, qui dirigeait le département de celtique à l'université de Rennes m'a proposé de diriger ma thèse, j'ai accepté : thèse non rentable, sur un sujet sans intérêt stratégique, dans un département comptant un nombre infime de chercheurs, mais j'étais déjà docteur d'Etat et je ne comptais pas faire carrière, donc, je pouvais me dévouer en donnant sans compter mon temps à des recherches sur le folklore. Le sujet que j'avais choisi (le folklorisme en Basse-Bretagne) répondait à une question que je me posais depuis longtemps : comment se faisait-il que la culture populaire, si vivante encore, autour de moi, avait pu donner une littérature folklorique aussi conventionnelle…

Lire la suite de l'entretien publié sur le site de l'Observatoire du communautarisme

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Entretien avec Françoise Morvan à propos de son livre Le Monde comme si  

Entretien mis en ligne le 30 octobre 2003

Question : Vous traduisez des textes littéraires et du théâtre. Vous participez à des mises en scène, vous écrivez des contes. Comment considérez-vous, pour vous-même, l'écriture ?

Françoise Morvan : En fait, j'ai l'air de faire un peu tout et n'importe quoi : j'ai soutenu deux thèses et je n'enseigne pas, j'ai commencé par éditer les textes d'Armand Robin pour défendre une pratique de la littérature à peu près incompréhensible, je termine une édition en dix-huit volumes des œuvres d'un folkloriste inconnu, je traduis de l'anglo-irlandais en franco-breton et je viens même de traduire des lais de français en français, j'écris des chansons pour enfants éditées mais pas chantées et des livrets d'opéra chantés mais pas édités, je suis la spécialiste du lutin breton et, là, d'un coup, je deviens polémiste avec Le Monde comme si qui fait de moi l'auteur le plus haï de toute la Bretagne bretonnante ; en même temps, me voilà chercheur associé à l'IMEC pour l'édition des œuvres complètes de Danielle Collobert, auteur encore plus inconnu que les autres, mais ce qui me fait vivre, c'est, le théâtre, et, là, ce qui m'intéresse le plus, c'est, après avoir fini la traduction des pièces de Tchekhov avec André Markowicz, le passage aux nouvelles par le biais du théâtre pour un metteur en scène canadien qui veut monter Le Moine noir en sortant de la mise en scène pour se servir de la peinture et du cinéma…

Je suis bien consciente de l'impression d'incohérence que tout ça peut laisser. Sauf que, non, le lien entre tout ça, c'est Rostrenen : Armand Robin, Danielle Collobert, ce sont des auteurs de Rostrenen ; Luzel, c'est le prolongement de mes recherches sur les contes de mon grand-oncle (il était apparenté à la famille de ma grand-mère et aux acteurs paysans du Trégor, d'où mes recherches sur le théâtre populaire, qui fut aussi sa première passion) ; la langue dans laquelle j'ai traduit Synge, c'était celle que l'on parlait autour de moi dans mon enfance ; les lutins, c'étaient ceux de notre fontaine, ce qui explique aussi ma passion pour les fées des eaux ; La Cerisaie, c'est ce que j'évoque en bref à la fin du Monde comme si, et ainsi de suite, et ainsi de suite. Ce sont comme les fragments d'une mosaïque éclatée - ce qui, d'ailleurs, correspond assez bien à ce qui m'a captivée dans l'œuvre d'Armand Robin, qui a traduit des poèmes de vingt langues pour ne pas se laisser enfermer dans sa propre poésie, et, finalement, quand je disais au début que je voulais défendre une pratique de la littérature à peu près incompréhensible, c'est ça. Tout peut prendre place dans ce que j'écris sans que je fasse de différence entre la traduction, la critique et l'écriture dite personnelle : écrire des grands cycles, qui se terminent ou pas, en continuant d'explorer, c'est comme une aventure au sens que Marie de France donne à ce mot, ça permet d'être libre et d'écrire sans être considéré comme un auteur, chose horrible, et en gardant, en plus, toute latitude d'élargir l'ensemble et, élargir, ça peut aussi se dire d'un captif qu'on rend à la liberté, et, même si le jeu de mots est facile, le double sens me plaît bien parce que, la littérature, c'est une prison dans laquelle on est vite enfermé.

Lire la suite de l'entretien sur le site de Pierre Campion

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Dérives bretonnantes  

par Eric Conan, article paru dans L'Express, 13 mars 2003

Dérives bretonnantes
Plusieurs ouvrages pointent les errements des nationalistes bretons

Le récit intime de la désillusion de Françoise Morvan, ex-militante bretonne, constitue une passionnante introduction aux ambiguïtés du régionalisme. Plus jeune agrégée de France à 22 ans, cette cofondatrice d'une école de breton à Guingamp (Côtes-d'Armor) devient érudite en folklore breton. Elle découvre un jour un fonds inexploité d'archives sur la culture populaire locale. Mais elle tombe des nues lorsque les responsables des institutions culturelles bretonnes, qui lui ont promis une subvention pour une édition bilingue, lui imposent de traduire les dialectes bretons d'origine dans le «breton unifié» créé dans les années 1940 - une novlangue synthétique, épurée des mots français et enrichie de mots gallois.

Lire la suite de l'article sur le site de L'Express

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Le coup de balai  

par Eric Conan, article paru dans L'Express, 19 avril 2001

Le coup de balai
Un an pile après l'attentat meurtrier de Quévert, l'indépendantisme breton est divisé. Et les yeux des pouvoirs publics sont enfin dessillés. Révélations sur une reprise en main

Cela fait un an que l'onde de choc parcourt les terres bretonnes. Depuis le 19 avril 2000, jour où une bombe a tué une jeune employée du McDonald's de Quévert, la Bretagne fait l'inventaire de ce qui se fait au nom de «l'identité bretonne». Les élus ont mis fin à une tolérance amusée pour un folklore militant marginal, mais jusqu'alors considéré comme inoffensif, voire sympathique: depuis un an, ils découvrent qu'ils ont parfois laissé prospérer le pire. Non pas seulement chez les manieurs d'explosifs, mais aussi sous le pavillon de la culture et de la langue bretonnes qu'ils subventionnent

Lire la suite de l'article sur le site de L'Express

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La nébuleuse des nationalistes bretons  

par Pierre Dharréville, article paru dans L'Humanité, 20 avril 2000

La nébuleuse des nationalistes bretons
"Tout le monde s'en fout un peu, estime un jeune Brestois. C'est plutôt le côté culturel qui attire. L'indépendance, ce n'est plus du tout à l'ordre du jour." Aujourd'hui, le peu d'influence des autonomistes bretons est manifeste. Et le récent regain d'intérêt pour la culture bretonne, et notamment pour la musique, n'y change, semble-t-il, pas grand-chose.

Pourtant, les différentes mouvances du mouvement autonomiste continuent à entretenir une image ambiguë issue du passé.

Lire la suite de l'article sur le site de L'Humanité

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