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  <title>Observatoire du communautarisme | Informations sur la laïcité, les discriminations et le racisme</title>
 <description><![CDATA[Observatoire indépendant d'information et de réflexion sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme ]]></description>
  <link>http://www.communautarisme.net</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2008-08-21T21:18:47+01:00</dc:date>
  <itunes:category text="News &amp; Politics"/>
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  <itunes:summary><![CDATA[Observatoire indépendant d'information et de réflexion sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme ]]></itunes:summary>
  <itunes:subtitle>Observatoire indépendant d'information et de réflexion sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme </itunes:subtitle>
  <itunes:author>Julien Landfried</itunes:author>
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   <itunes:email>landfriedj@hotmail.com</itunes:email>
   <itunes:name>Julien Landfried</itunes:name>
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  <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
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   <title>«Y a-t-il une culture gay ?'»</title>
   <pubDate>Sun, 29 Jun 2008 19:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Francois Devoucoux</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Audio-vidéo]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Débat organisé le 26 juin 2008 sur l'antenne de RFI : François Devoucoux du Buysson, cofondateur de l'Observatoire du Communautarisme et auteur du livre "Les Khmers roses", était invité à débattre dans l'émission de Jean-François Cadet, "Le Débat du Jour".     <div>
      Thème du débat : Existe-t-il une culture gay ?       <br />
              <br />
       Face à lui, Anne Rambach, écrivain et militante lesbienne qui avait fondé dans les années 1990 Les Editions Gaies et Lesbiennes dans le but d'accompagner l'émergence d'une culture homosexuelle.       <br />
              <br />
       Les homosexuels qui écrivent sont-ils pour autant des écrivains gay ? La culture peut-elle s'épanouir dans un ghetto ? Les ouvrages "gay et lesbiens" sont-ils de la littérature ou un simple segment de marché dans l'air du temps ?       <br />
              <br />
       Echange de vues et confrontation d'arguments entre deux spécialistes dont les postures radicalement opposées se rejoignent sur certains points.       <br />
              <br />
       L'émission est podcastée ci-dessous.       <br />
        
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
 	<enclosure url="http://www.communautarisme.net/docs/RFI_20080626.mp3" length="3361684" type="audio/mpeg" />
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   <itunes:summary><![CDATA[«Y a-t-il une culture gay ?'»]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Débat organisé le 26 juin 2008 sur l'antenne de RFI : François Devoucoux du Buysson, cofondateur de l'Observatoire du Communautarisme et auteur du livre "Les Khmers roses", était invité à débattre dans l'émission de Jean-François Cadet, "Le Débat du...</itunes:subtitle>
   <itunes:author>Francois Devoucoux</itunes:author>
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   <link>http://www.communautarisme.net/-Y-a-t-il-une-culture-gay-_a1023.html</link>
  </item>
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.communautarisme.net,2008:podcast-525368</guid>
   <title>Pour ou contre des jours fériés religieux pour les juifs et les musulmans en France ?</title>
   <pubDate>Tue, 26 Dec 2006 00:32:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Audio-vidéo]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Julien Landfried, directeur de l'Observatoire du communautarisme, était l'invité du débat du jour du journal de la radio RFI lundi 25 décembre 2006. L'émission peut être écoutée en ligne sur le site de l'Observatoire. Julien Landfried publiera au début de l'année 2007 « Contre le communautarisme » (Armand Colin).     <div>
      Une émission présentée par Jean-François Cadet       <br />
       avec :       <br />
       <ul class="list"><li>Julien Landfried, directeur de l'Observatoire du communautarisme       
       </li></ul><ul class="list"><li>Patrick Savidan, Observatoire des inégalités       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Pour écouter l'émission, cliquez sur le bouton "play" ci-dessous</span></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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 	<enclosure url="http://www.communautarisme.net/docs/RFI-debat-20061225bis.mp3" length="14401226" type="audio/mpeg" />
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   <itunes:summary><![CDATA[Pour ou contre des jours fériés religieux pour les juifs et les musulmans en France ?]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Julien Landfried, directeur de l'Observatoire du communautarisme, était l'invité du débat du jour du journal de la radio RFI lundi 25 décembre 2006. L'émission peut être écoutée en ligne sur le site de l'Observatoire. Julien Landfried publiera au...</itunes:subtitle>
   <itunes:author></itunes:author>
   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/Pour-ou-contre-des-jours-feries-religieux-pour-les-juifs-et-les-musulmans-en-France-_a874.html</link>
  </item>
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   <guid isPermaLink="false">tag:www.communautarisme.net,2008:podcast-443280</guid>
   <title>Colloque « La République face aux communautarismes » (audio)</title>
   <pubDate>Sat, 23 Dec 2006 14:19:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Colloques]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Organisé par l'Observatoire du communautarisme et le Comité Laïcité République, le colloque « La République face aux communautarismes » a posé dans le débat public la question de la pérennité des institutions républicaines face aux développement des revendications communautaristes, des lois mémorielles, des politiques de discrimination positive et des atteintes au principe de laïcité.
Les interventions sont disponibles en audio.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/443280-542953.jpg" alt="Colloque « La République face aux communautarismes » (audio)" title="Colloque « La République face aux communautarismes » (audio)" />
     </div>
     <div>
      Colloque du vendredi 24 novembre 2006 de 13h à 18h, tenu au Sénat, salle Monnerville, 15 ter rue de Vaugirard 75006 Paris <b>(présenter une pièce d'identité à l'entrée)</b>. Consulter le plan d'accès à la salle Monnerville sur le site <a class="link" href="http://www.mappy.com/1/c/bl/user=pji;uri=Jl/0YEJJ5rEyINkHdwCV+JtlDqmHP3zl8D+fl4Pf1iN5a3Tu1Z3EawxuS5Iod6XwTPHGErCgIj2WtmJqpav2L0Ues2mlKi/YgJz4x14dGTBtcQUXVmavxAKfjkYIt3RmWhq1aPP9h8C6YsBB8PalIG7xCiPoJ74RuP4Ef2Pnw8/ZUonHpJ93QWdffLGOBKXkUZglTAmpjh3goViSg3gPpQorkTH7aUtU+pZVibE7ReafpWLivjtI/T+5GclOEBzk8zWFx353PEaYlThT2ubVhiPNpiri8SxnhdIGswMUFw2nfvvGD2kHAqtB2LnttQXNw0YhuhNgYyBDM0VBMEI=">mappy.com</a>       <br />
              <br />
       Entrée libre sous réserve de votre inscription sur ce formulaire. <b>(Les inscriptions sont closes)</b>       <br />
              <br />
       Avec :       <br />
       <ul class="list"><li>Ouverture des débats par Julien Landfried, directeur de l'Observatoire du communautarisme       
       </li></ul><ul class="list"><li>A propos des politiques de discrimination positive, par André Bellon, initiateur du groupe de réflexion <a class="link" href="http://republique.blog.com">République !</a>, co-auteur du <span style="font-style:italic">Mémento du républicain</span> (Mille et une nuits, 2006)       
       </li></ul><ul class="list"><li>Altermondialisme et gauche radicale face au différentialisme, par Jean-Yves Camus, chercheur associé à l'IRIS, spécialiste des extrémismes politiques, auteur de <span style="font-style:italic">Extrémismes en France, faut-il en avoir peur ?</span>, (Editions Milan, 2006)       
       </li></ul><ul class="list"><li>Contre la révision de la loi de 1905, par Henri Pena-Ruiz, philosophe, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, auteur de <span style="font-style:italic">Qu'est-ce que la laïcité</span> (Gallimard, 2003)       
       </li></ul><ul class="list"><li>La concurrence des victimes et les lois mémorielles, par Paul Thibaud, initiateur de la pétition <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/La-liberte-de-debattre_a656.html">"La liberté de débattre"</a>, ancien directeur de la revue <span style="font-style:italic">Esprit</span>       
       </li></ul><ul class="list"><li>Les ethno-régionalismes et la Charte des langues régionales et minoritaires, par Françoise Morvan, auteur du <span style="font-style:italic">Monde comme si Nationalisme et dérive identitaire en Bretagne</span> (Babel / Actes Sud, 2005)       
       </li></ul><ul class="list"><li>Multiplier les "phobies" pour pénaliser les débats et réduire la liberté d'expression : l'exemple de la loi dite anti-homophobie, par François Devoucoux du Buysson, co-fondateur de l'Observatoire du communautarisme, auteur des <span style="font-style:italic">Khmers roses</span> (Editions Blanche, 2004)       
       </li></ul><ul class="list"><li>Conclusion des travaux par Patrick Kessel, président d'honneur du Comité Laïcité République       <br />
              <br />
       Les débats sont présentés par l'<a class="link" href="http://www.communautarisme.net">Observatoire du communautarisme</a> et le <a class="link" href="http://www.laicite-republique.org">Comité Laïcité République</a>       <br />
              <br />
       Les interventions sont disponibles en audio ci-dessous. Les textes des interventions seront mis en ligne d'ici quelques jours <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Colloque-La-question-republicaine-en-2007-_r64.html">dans ce dossier</a>.       <br />
       Les photos du colloque sont disponibles <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/index.php?action=galerie&subaction=album&id_album=9583">ici</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <itunes:summary><![CDATA[Colloque « La République face aux communautarismes » (audio)]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Organisé par l'Observatoire du communautarisme et le Comité Laïcité République, le colloque « La République face aux communautarismes » a posé dans le débat public la question de la pérennité des institutions républicaines face aux développement des...</itunes:subtitle>
   <itunes:author></itunes:author>
   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
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  </item>
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.communautarisme.net,2008:podcast-524203</guid>
   <title>La discrimination « positive » : un instrument contre la République.</title>
   <pubDate>Fri, 22 Dec 2006 13:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Colloques]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention d'André Bellon lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/524203-640653.jpg" alt="La discrimination « positive » : un instrument contre la République." title="La discrimination « positive » : un instrument contre la République." />
     </div>
     <div>
      La discrimination dite positive est une des plaies caractéristiques de notre époque confuse. D'abord parce qu'elle fait partie de la nouvelle novlangue qui dit tout et surtout son contraire. Une discrimination n'est pas positive ou négative : elle discrimine, c'est tout. Décider qu'elle est positive, c'est légitimer la discrimination. C'est aussi tenter de masquer la crise sociale par des artifices.       <br />
       On peut avoir, en la matière, les meilleures intentions du monde ; le résultat n'en est pas moins là. On discrimine, on oppose les catégories entre elles. J'écoutais ce matin France Info : un statisticien expliquait que les catégories les plus discriminées à l'embauche étaient les hommes de plus de 38 ans et les mères de famille magrébines. Puis un commentaire revenait en boucle toute la journée ne parlant plus des hommes de plus de 38 ans, mais seulement des mères de famille magrébines. Voila une discrimination positive ; mais comment est-elle perçue ?       <br />
              <br />
       Au fond, que veut-on traiter lorsqu'on veut utiliser de telles méthodes ? Un problème social ? Est-ce à dire que tout descendant d'immigré est en situation difficile ? Que le statut social des autres est bon ? Doit-on traiter sa situation sociale en considérant le descendant d'immigré comme un être à part ? En fait, la discrimination dite positive tend à globaliser le problème non pas dans ses caractéristiques sociales, mais dans sa particularité communautaire.        <br />
              <br />
       En elle-même, la discrimination dite positive n'est qu'une mauvaise traduction de l'« affirmative action » qui, aux Etats-Unis, avait pour but de favoriser la promotion sociale de personnes défavorisées et aida à l'apparition de couches moyennes d'origine noire. Elle peut, en la matière, être comparée aux aides sociales telles que les bourses d'éducation en France. En revanche, son évolution aux Etats-Unis, sous la présidence de Nixon, vers une forme de quota en direction des groupes ethniques se heurta d'ailleurs à une résistance des communautés elles-mêmes.        <br />
              <br />
       Evidemment, être choisi en tant que et non pas pour ses mérites propres n'est pas valorisant. Une telle situation défavorise autant qu'elle favorise. Je m'étonne d'ailleurs, par exemple, que la parité n'ait pas suscité plus de réactions indignées.       <br />
              <br />
       Qui plus est, de telles méthodes tendent à dire que les catégories ethniques, religieuses ou sexistes, ont des intérêts différents entre elles. Le corps social n'existe alors plus ; l'intérêt général disparaît. La collectivité nationale s'émiette en catégories relevant de traitements différents : par exemple, la substitution du principe de parité au principe d'égalité signifie l'égalité de deux « groupes » et non plus l'égalité des individus ; ces deux catégories (hommes/femmes) auraient donc par nature des intérêts différents qui nécessitent qu'on les représente « en tant que ».        <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy, lorsqu'il parla de nommer un « préfet musulman », procède de la même logique ; un préfet, au regard des institutions, n'est pas autre chose qu'un préfet. Et pourquoi le qualifierait-on lorsqu'il est musulman et non lorsqu'il est blond, lorsqu'il est homosexuel et non lorsqu'il est petit,&#8230;Ce faisant, on oublie que de nombreux individus d'origine arabe ont déjà réussi leur présence dans la société. En mettant l'accent sur ce qui distingue, on pousse aux oppositions, aux fractures.       <br />
              <br />
       Mais regardons où est concrètement appliquée cette idée. Par exemple à Sciences politiques où se manifestait une grave crise du recrutement, une reproduction sociale morne, on introduit artificiellement des éléments sociaux dits défavorisés (le sont-ils vraiment d'ailleurs ?). Mais on ne cherche pas à comprendre pourquoi un ascenseur social encore vivace il y a tente ans est soudain tombé en panne, quelles ont été les insuffisances en matière d'éducation comme en matière de services publics. On masque les faillites des politiques menées contrairement aux principes républicains par des artifices.  On cherche à religitimer un instrument en déshérence &#8211;Sciences Po- sans remettre en cause son rôle social conservateur.       <br />
              <br />
       De même la parité à l'Assemblée nationale et au Sénat a-t-elle aussi pour objectif de masquer la dégradation scandaleuse du rôle du Parlement. En mettant en avant la composition du Parlement sur des bases communautaires, on fait oublier sa composition de classe.        <br />
              <br />
       Ces évolutions ne sont, en fait, que le reflet des incapacités de notre société, de l'absence de vrai politique sociale ; la discrimination dite positive n'est pas un progrès, mais l'alibi cherchant à masquer les échecs, en particulier celui d'une politique syncrétique. Elle n'est, finalement, que la conséquence naturelle de l'oubli des principes républicains. Loin de vouloir les sauver, on crée des faux semblants.       <br />
              <br />
       Bien sur, nul ne prétendra être antirépublicain ou antilaïque ; les tenants de la discrimination positive s'affirmeront républicains déconcentrés ou laïques pluriels, accusant leurs opposants d'être des intégristes archaïques de la République et de la laïcité : se définir comme modéré en présentant les opposants comme extrémistes est une vieille ficelle politique.       <br />
              <br />
       Bien pire, en émiettant la société, en divisant le combat social, de telles méthodes favorisent les intérêts dominants. Le titre de ce colloque est « La République face aux communautarismes ». On aurait pu tout aussi bien l'intituler « Les communautarismes, arme de guerre de la classe dirigeante contre la République ».       <br />
              <br />
       -----------       <br />
       <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Discrimination-positive_r14.html">Voir aussi le dossier discrimination positive de l'Observatoire du communautarisme</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <itunes:summary><![CDATA[La discrimination « positive » : un instrument contre la République.]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Intervention d'André Bellon lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.</itunes:subtitle>
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   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/La-discrimination-positive-un-instrument-contre-la-Republique-_a869.html</link>
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   <guid isPermaLink="false">tag:www.communautarisme.net,2008:podcast-524102</guid>
   <title>Altermondialisme et gauche radicale face au différentialisme</title>
   <pubDate>Fri, 22 Dec 2006 12:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Colloques]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention de Jean-Yves Camus lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/524102-640540.jpg" alt="Altermondialisme et gauche radicale face au différentialisme" title="Altermondialisme et gauche radicale face au différentialisme" />
     </div>
     <div>
      La visibilité accrue, en France en tout cas, de la mouvance altermondialiste et de la gauche radicale, le contenu d'un certain nombre de forums sociaux, la mobilisation d'une bonne partie de ces courants sur des thèmes tels que les droits des minorités ethniques et linguistiques, le droit à la différence et les formes que doit prendre l'intégration, auraient du soulever une question de fond : celle de l'attitude de ces familles politiques face à ce qu'on nomme le différentialisme, c'est-à-dire le projet idéologique qui consiste à promouvoir une société dans laquelle l'unicité du genre humain, l'égalité juridique entre les individus et la citoyenneté disparaissent au profit de la valorisation de ce qui sépare, c'est-à-dire les aptitudes intellectuelles et physiques données comme innées, et aussi l'appartenance ethnique, raciale ou religieuse. Dans le projet différentialiste, les individus ne sont pas des acteurs de leur propre devenir : toute leur vie est déterminée par leur patrimoine génétique, leur hérédité. C'est une vision qu'on trouve évidemment de manière courante à l'extrême-droite, par exemple dans l'idée nazie du <span style="font-style:italic">« Sang et du Sol »</span> et qui a été théorisée de nouveau, dans les années 70, par la <span style="font-style:italic">« nouvelle droite »</span>, mais qui me semble avoir fait son chemin bien au-delà de cette sphère.       <br />
              <br />
       Or, le débat sur la question du rapport de la mouvance « alter » au différentialisme a été singulièrement obscurci, depuis le forum social européen de Saint-Denis en particulier, par la question - réelle mais souvent abordée de manière polémique, voire avec des préjugés anti-musulmans évidents - de la fascination entretenue par une partie de la gauche radicale pour l'islam politique. Non pas, je le répète, que ce ne soit pas un vrai débat, nous y reviendrons. Mais l'ambiguité est en vérité beaucoup plus profonde, car elle porte sur le modèle même de société que veut promouvoir une partie de la mouvance altermondialiste, je dis bien une partie puisque ces questions font débat à l'intérieur même de ces mouvements et qu'il n'est pas question pour moi, contrairement à ce que d'autres ont fait, de disqualifier l'ensemble des altermondialistes et des groupes de la gauche radicale en les accusant abusivement d'être les faire-valoir de l'islamisme en général et de Tariq Ramadan en particulier.       <br />
              <br />
       On peut résumer la question ainsi : de quel point de vue critique-t-on la mondialisation ? En conteste-t-on principalement les modalités, c'est à dire la financiarisation de l'économie planétaire, l'hégémonie de l'ultra-libéralisme, la spéculation des grands fonds d'investissements internationaux, ou en conteste-t-on le principe même, c'est-à-dire l'idée selon laquelle il devrait avoir un monde sans frontières étatiques, où les Nations disparaîtraient et où les cultures, voire les langues, seraient uniformisées ? Et si on conteste le principe même de la mondialisation, ce qui me semble légitime, n'existe-t-il pas un risque que cette critique de la globalisation rejoigne celle que formulait, dans une optique différentialiste, Alain de Benoist dans son intervention de 2002 au colloque du GRECE, lorsqu'il désignait <span style="font-style:italic">« l'idéologie du Même »</span> comme l'ennemi principal. Qu'est-ce que l'idéologie du Même ? C'est la massification des cultures, qui est un autre aspect de la mondialisation libérale, et l'idée selon laquelle l'homme est une entité abstraite, sans racines ni héritage culturel, c'est le « citoyen du monde », que le projet ultra-libéral valorise parce qu'il ne se rebelle plus contre le système, parce qu'il accepte de n'être qu'un producteur et surtout, un consommateur, bref un individu passif vivant dans une société parfaite d'où serait évacué tout conflit, une société entièrement régulée par et tournée vers le fonctionnement du marché nécessairement pur et parfait. Une société aussi, où le projet ultra-libéral, si il vise à massifier les cultures et à abolir les Nations, s'accommode très bien de la différenciation croissante des individus et des zones du globe par écart de revenus et de richesses.       <br />
              <br />
       Comme je ne crois pas qu'Alain de Benoist soit un fasciste et qu'en conséquence, je ne disqualifie pas d'emblée tout ce qu'il écrit et dit, je suis d'accord avec lui quand il affirme que <span style="font-style:italic">« Dans la mesure où les frontières n'arrêtent plus rien, la mondialisation consacre l'avènement d'un monde sans extérieur, un monde qui par définition n'a rien au-dessus de lui - c'est-à-dire d'une tyrannie globale qui n'est limitée par rien »</span>. Dans le mouvement alter et la gauche radicale, beaucoup de militants partagent cette conviction. Le problème est qu'une partie de cette gauche répond à ce constat en proposant des modes de résistance hautement contestables à la globalisation.        <br />
              <br />
       Le premier, on le voit avec les théories du Socialist Workers' Party britannique sur l'islamisme, <a class="link" href="index.php?action=article&amp;numero=556&amp;PHPSESSID=c396eb915c3dc386a1ced2e620ae8473">reprises en France par une fraction de l'extrême- gauche trotskyste</a> (Socialisme par en bas en particulier), c'est que l'islamisme est un phénomène de résistance identitaire à la globalisation et à l'impérialisme, un réflexe de refus des peuples arabo-musulmans face à l'alignement sur son mode de vie que tenterait de lui imposer l'Occident. Or l'islamisme possède bien une dimension identitaire, qui s'exprime par le <span style="font-style:italic">« bricolage religieux »</span> dont parlent Gilles Kepel et Olivier Roy, mais c'est aussi une doctrine théologico-politique dont, personnellement, la dimension « progressiste » me laisse fort perplexe.       <br />
              <br />
       Le second schéma d'analyse problématique, c'est celui qui concerne la nature de l'hyper-puissance américaine. Une partie de la gauche radicale voit en effet le projet de nouvel ordre mondial qui fonde la politique étrangère américaine sous un angle qui la rapproche de l'extrême-droite, qui dès le début des années 80 aux Etats-Unis, s'est emparée du thème de la lutte contre la mondialisation. En effet, à partir du constat réel selon lequel l'existence de l'hyper-puissance permet de mettre en place une société planétaire dans laquelle l'Amérique impose sa culture, sa langue et ses symboles au détriment de l'identité des peuples, une partie du mouvement alter dérive, il n'est qu'à lire les divers sites Indymedia pour s'en convaincre, vers la théorie du complot sous laquelle affleure souvent un antisionisme aux relents antisémites, alors que la critique des Etats-Unis devrait rester de nature politique. C'est une chose légitime que d'expliquer l'intervention américaine en Irak par le poids du lobby pétrolier et les profits escomptés par Halliburton ; c'est une chose nettement moins acceptable d'expliquer que les attentats du 11 septembre sont le résultat d'un complot conjoint des néo-conservateurs (forcément juifs), des Skulls and Bones et du Mossad&#8230;       <br />
               <br />
       Le mouvement alter n'a pas évité les dérives. Au forum social régional de Beyrouth en septembre 2004, elle avait promue au rang de mouvements progressistes le Hezbollah, le Comité des oulémas irakiens et les marocains partisans du cheikh Abdessalam Yassine. A celui d'Athènes en mai dernier, largement marqué par la présence d'ONG des Balkans, la thématique des droits des minorités, qu'elles soient ethniques, religieuses ou linguistiques, avait été très présente, dans une optique bien sûr centrée sur les droits desdites minorités. Qu'est-ce que cela signifie donc ? Que signifie aussi la rhétorique « indigéniste », celle des Indigènes de la République ou du Mouvement de l'Immigration et des Banlieues, qui trouve un écho complaisant à gauche de la gauche et qui enferme les français issus de l'immigration qui y adhèrent dans le ressassement sans fin du passé colonial et le ressentiment envers la France ?       <br />
              <br />
       Tout simplement, cela signifie qu'il existe un risque de voir le mouvement alter et la gauche radicale oublier la dimension proprement politique de leur lutte, celle qui devrait viser à l'instauration d'un ordre économique et social prenant davantage en compte les besoins des citoyens, au profit d'une véritable tyrannie de la diversité et des droits des groupes, qu'ils soient religieux, ethniques, linguistiques ou de genre, plutôt que des droits politiques, économiques et sociaux des individus. Le problème est aussi qu'une partie de la gauche alter se méprend sur la signification profonde et sur le rôle que jouent les revendications d'ordre identitaire et religieux dans le contexte de la globalisation libérale : ce ne sont pas des facteurs de révolte contre l'ordre dominant mais des facteurs de sa consolidation et demain, de sa victoire. Autant la revendication nationale, l'idée de la Nation citoyenne et de la souveraineté des peuples, sont  susceptibles de battre en brèche le rouleau compresseur de la construction européenne et de la mondialisation libérales, autant la prolifération des revendications différentialistes constitue un écran de fumée qui voit certaines couches de la société particulièrement touchées par les inégalités et le racisme se mobiliser autour de thèmes qui renforcent leur exclusion au lieu de la faire reculer. En d'autres termes, le mouvement alter comme la gauche radicale doivent bien comprendre que le communautarisme qu'elles promeuvent parfois est un mode de régulation, d'étouffement des résistances, particulièrement favorisé par les tenants de la pensée dominante, parce qu'il atomise les revendications et le mouvement social. Ce n'est pas un hasard si les européistes sont en même temps les promoteurs de la Charte des langues régionales et minoritaires, et ceux qui voient en Tariq Ramadan le tenant d'un islam acceptable parce que fondamentalement conservateur sur les questions de société, même s'il accepte l'idée de davantage de justice sociale, ce en quoi il montre bien qu'il n'est qu'une sorte de démocrate chrétien musulman.       <br />
              <br />
       En conclusion, la mouvance altermondialiste et la gauche radicale sont dans une position très ambivalente face au différentialisme, qui consiste à favoriser une idée qui va contre leur combat politique. Et si elles sont dans cette situation, c'est parce qu'elles ont oublié les deux notions clés que sont la citoyenneté et la Nation, cadres naturels dans lesquels peuvent se concilier les appartenances particulières et les idées universalistes. La Nation, c'est en quelque sorte le chaînon manquant qui permet d'être critique vis-à-vis de la mondialisation et de la massification des cultures, qui est une mauvaise chose, sans tomber dans le modèle de la société tribale, lequel ne nous promet qu'un avenir de conflits, de concurrence victimaire et de choc des civilisations. C'est donc la conversion de la gauche radicale alter ou anti-mondialiste au modèle de la République citoyenne et laïque qui est l'urgence d'aujourd'hui.       <br />
              <br />
       ------------       <br />
       <ul class="list"><li>Voir aussi le dossier de l'Observatoire du communautarisme : <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Extreme-gauche-et-altermondialistes-face-aux-mouvements-musulmans_r35.html">Extrême-gauche et altermondialistes face aux mouvements musulmans</a>       
       </li></ul><ul class="list"><li>Voir <a class="link" href="http://www.iris-france.org/pagefr.php3?fichier=fr/cv/cv&nom=camus">les travaux de Jean-Yves Camus sur le site de l'IRIS</a></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <br style="clear:both;"/>
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   <itunes:summary><![CDATA[Altermondialisme et gauche radicale face au différentialisme]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Intervention de Jean-Yves Camus lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.</itunes:subtitle>
   <itunes:author></itunes:author>
   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/Altermondialisme-et-gauche-radicale-face-au-differentialisme_a868.html</link>
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   <title>Contre la révision de la loi de 1905</title>
   <pubDate>Fri, 22 Dec 2006 11:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Colloques]]></dc:subject>
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Intervention d'Henri Pena-Ruiz lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/524888-641454.jpg" alt="Contre la révision de la loi de 1905" title="Contre la révision de la loi de 1905" />
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     <br style="clear:both;"/>
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   <itunes:summary><![CDATA[Contre la révision de la loi de 1905]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Intervention d'Henri Pena-Ruiz lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.</itunes:subtitle>
   <itunes:author></itunes:author>
   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/Contre-la-revision-de-la-loi-de-1905_a871.html</link>
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   <title>La concurrence des victimes et les lois mémorielles</title>
   <pubDate>Fri, 22 Dec 2006 10:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Colloques]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention de Paul Thibaud lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/524892-641469.jpg" alt="La concurrence des victimes et les lois mémorielles" title="La concurrence des victimes et les lois mémorielles" />
     </div>
     <div>
      Julien Landfried m'a demandé d'intervenir ici comme promoteur d'une pétition critiquant les lois mémorielles au nom de la « liberté de débattre ». Cette pétition est parallèle (non pas contradictoire mais complémentaire) à celle des historiens qui a connu un bien plus vaste écho. Pourquoi une autre pétition ? Parce que tout le monde n'est pas historien et surtout parce que les lois en question ne menacent pas seulement une liberté professionnelle, corporative, mais une liberté civique, celle de formuler et de reformuler à travers une libre information, une confrontation de points de vue, une succession de prises de position, la mémoire nationale, laquelle nous concerne évidemment tous. Que la pétition en défense de la liberté de débattre ait été éclipsée par celle des historiens est d'ailleurs symptomatique de l'état d'esprit que l'on dénonce ici : les protestations particularistes sont plus écoutées actuellement que celles qui se réclament de la collectivité civique.       <br />
              <br />
       Je voudrais lier la question des lois mémorielles à celle du communautarisme qui est le thème de notre réunion. Cela, à mon avis, se justifie d'autant plus que la question de la mémoire, les différentes manières de gérer la mémoire, permet de faire des distinctions importantes entre les communautarismes, entre ceux qui sont des comportements naturels, et même nécessaires et ceux qui sont des attitudes dangereuses. Tout le monde voit  que pour des immigrés récents le communautarisme, le fait de se retrouver et de se regrouper entre gens qui partagent la même langue d'origine, les mêmes souvenirs, les mêmes repères culturels est quelque chose de vital. L'histoire américaine a largement illustré cela. Dans les banlieues françaises aussi on sait cela depuis longtemps, puisqu'on y trouve facilement par exemple des « quartiers italiens » avec des cafés ou des églises qui furent naguère italiens. Cela est connu et reconnu, comme il l'est que ce particularisme s'est effacé. Avec ce bémol que des comportements qui furent d'abord de survie ont laissé des traces et que les enfants d'immigrés peuvent encore s'y rattacher, adhérer à une identité secondaire, une mémoire particulière, qui contribue à une vie sociale démocratique.       <br />
              <br />
       On change de registre quand la mémoire en question renvoie non seulement à une particularité, mais que cette mémoire se cristallise autour d'un conflit entre le groupe qui la brandit et la collectivité nationale, et surtout quand ce conflit est, je dirais « non soldé » et que les activistes de la mémoire entretiennent les griefs. Un conflit est soldé quand le cours de l'histoire l'a non pas recouvert, fait oublier, mais intégré dans l'histoire du pays où il a pris un sens qui le « départicularise » peut-on dire. Les protestants français par exemple dans leur rassemblement annuel du « désert » se rappellent la Saint Barthélemy et la Révocation, mais ces événements apparaissent aujourd'hui « soldés » puisque les décisions de Malesherbes et surtout la Révolution ont ensuite rétabli les protestants dans leurs droits et que ceux-ci ont eu par la suite prendre une large part dans la politique et dans la culture de la République. Pour cette raison les souffrances particulières aux protestants sont intégrées à la mémoire nationale. Il en va largement de même de la déplorable guerre de Vendée depuis la réconciliation, lente et difficile mais accomplie, entre l'Eglise catholique et la République, dont le vote et l'application de la loi de 1905, commémorée dans une large unanimité, a été un moment essentiel.        <br />
              <br />
       Le cas de la persécution et de la déportation des Juifs de France, par Vichy ou avec sa participation, est plus « litigieux ». On pourrait dire que depuis le rétablissement de la République en 1945 et depuis l'affirmation d'un droit qui s'est défini en opposition à l'hitlérisme, cette affaire également est soldée. Apparemment ce n'est pas le cas, les demandes qui ont abouti à la repentance de Chirac au Vel d'hiv en 1995 en furent le signe. On peut aussi soutenir que la réponse apportée par le Président était en porte à faux avec le problème. Ce qui était en cause c'est la défaillance nationale en 1940, cause du « lâchage » des Juifs. Ce dont le besoin se faisait sentir (se fait encore sentir) c'est un récit national de cette défaillance et des voies du redressement (sans doute inaccompli) qui a succédé. Souligner les souffrances particulières des Juifs et la part de responsabilité de l'Etat qui gouvernait alors la France, ne répond pas à la question, puisqu'à une nécessité de comprendre le passé commun on a répondu en insistant sur des griefs particuliers.       <br />
              <br />
       Le mémorialisme des ex-colonisés, qui s'inscrit dans la suite de l'épisode précédent, est plus agressif : non seulement il réclame (et obtient) des lois et commémorations analogues à celles qui sanctuarisent la mémoire de la Shoah, mais il greffe directement la mémoire de la colonisation et de l'esclavage sur des conflits et des difficultés actuels « d'intégration ». Il affirme, c'est même son postulat de base, que c'est le passé honteux qui explique les discriminations présentes, qu'en somme « c'est toujours la même chose »., que l'esclavage (superposé assez confusément à la colonisation) dure encore « dans les mentalités ».        <br />
              <br />
       Si ces thèses étaient prises au pied de la lettre, cela conduirait à la sécession. Au XIXème en effet, les sécessions mémorielles  ont été un aspect essentiel du mouvement des nationalités en Europe. En Irlande par exemple ou en Bohême, la reviviscence d'un passé d'oppression ou de massacres a servi à recréer ou réactiver une conscience nationale : Cromwell, les guerres hussites, la Montagne Blanche ont été des repères du nouveau récit irlandais ou tchèque qui a, logiquement, débouché sur une revendication d'indépendance, les peuples en question s'identifiant contre les Etats où ils étaient englobés       <br />
              <br />
       Le mémorialisme post-colonial n'envisage pas d'issue de ce genre. Il tend plutôt en essentialisant les identités (celle des oppresseurs et celle, des opprimés) à une ignorance de l'histoire réelle qui favorise un état d'esprit de victime irresponsable, traversant une histoire avec laquelle on n'a rien à faire. Sur le site de l'Observatoire du communautarisme, j'ai lu une <a class="link" href="index.php?action=article&amp;numero=710&amp;PHPSESSID=c396eb915c3dc386a1ced2e620ae8473">interview</a> d'un responsable du CRAN proférant ce qui était pour lui une évidence : à Paris les balayeurs de rue étaient noirs du temps de la colonisation, ils le sont toujours. Il attribuait cette « remarque » à un historien de la colonisation, Marc Ferro. On n'imagine pas que Ferro ait rien dit de tel, il sait très bien, comme tous les vieux Parisiens, que l'apparition dans les rues de la capitale de balayeurs et de videurs de poubelles noirs est au contraire caractéristique de la période qui a suivi la décolonisation. Que des gens cultivés comme les responsables du CRAN colportent ce genre de contre-vérité est révélateur de ce que le « continuisme » dans la relation euro-africaine est pour eux un dogme. Ce qui est alors oublié c'est ce qui s'est passé depuis le crime de référence. Cela fait pourtant 160 ans que l'esclavage a été aboli aux Antilles, 60 ans que ces territoires ont été  départementalisés,  45 ans que les pays d'Afrique noire sont indépendants. On ne peut se contenter de dire que depuis tout n'est que « séquelle », sauf à vouloir dissimuler la part de responsabilité des dominés dans leur sort actuel. Il y a donc, de la part des par les militants de la mémoire, qui sont en fait des militants du « rien n'a changé », un refus de l'historiographie et de tout ce qu'elle pourrait, en faisant des comparaisons et en distinguant des périodes, apporter de corrections à leur essentialisme.        <br />
              <br />
       Ce refus de l'historiographie (qu'ont révélé les réactions furieuses au livre de Pétré Grenouilleau sur l'esclavage) n'est pas dissociable d'un affirmation d'irresponsabilité de principe des peuples victimes et même d'un refus d'entrer dans l'histoire et de participer à la construction d'un avenir qui délierait « les ex » (colonisateurs et colonisés) d'un passé essentialisé. Des constructions mémorielles comme celle du CRAN devraient conduire à un indépendantisme résolu. Pourtant on voit aux Antilles que l'indépendantisme reste velléitaire, que la position choisie est plutôt de rester participant de l'ensemble français pourvu que ce soit dans une position de créancier à l'égard de à ceux qui sont supposés avoir seuls fait l'histoire, donc l'avoir mal faite Pour une part cette situation est l'effet d'une représentation que nous avons tous partagé et que désigne le mot de décolonisation. Parler de décolonisation c'est présupposer qu'il y a eu dans l'histoire de l'Europe comme dans celle des peuples dominés une parenthèse ouverte disons en 1830 et refermée en 1962, période ainsi séparée de l'histoire puisqu'on a pu croire qu'elle se terminait par l'annulation de ce qui avait été entrepris.  Que cela  ne correspondît nullement à la réalité, les revendications actuelles des ex-colonisés le montrent. Quand <span style="font-style:italic">Indigènes</span> rappelle le rôle des tirailleurs dans la campagne d'Italie ou que les Maliens revendiquent comme un  droit de pouvoir immigrer en France, ils nous rappellent que le passé colonial dure encore. Mais ils le font sur le mode anhistorique du : vous nous devez encore quelque chose, alors que ce serait d'une lecture réaliste de la colonisation comme une étape de la mondialisation que nous aurions besoin.        <br />
              <br />
       Jean-Yves Camus a beaucoup insisté sur le fait que les mémoires nationales sont celles d'une auto-fabrication et non d'une authenticité à rappeller. Ceux qui s'en prennent actuellement aux nations européennes n'ont pas tort de dire que l'histoire a été pour elles un instrument, une manière de s'inventer, ils ont par contre tort d'opposer aux « mémoires officielles » des contre-récits bien plus simplistes et surtout celui de se refuser à la tâche positive de refaire les récits communs avec ceux dont ils n'entendent pas se détacher. Beaucoup réclament une « histoire partagée » entre les diverses mémoires. Mais ce partage n'est pas possible si ceux qui croient en avoir, s'identifient à leurs griefs, sans vouloir entrer dans une attitude de co-responsabilité (aussi inégales que soient les responsabilités des uns et des autres) pour le passé aussi bien que pour l'avenir.        <br />
              <br />
       Sans doute ici bute-t-on sur la différence entre une identité purement héritée (une identité de groupe toujours prête à dire « ô temps suspends ton vol ! ») et une identité nationale,  construite en  reprenant le bilan d'une  participation passée à l'histoire pour envisager une participation à l'avenir. Ce caractère actif des nations (forme caractéristique de l'Europe) est lié au fait que les particularismes qu'elles ont exprimés se concevaient dès le départ comme compris dans un ensemble qui les dépassait par la taille et par la valeur, la chrétienté. L'exigence d'être qu'elles ont exprimée ne pourrait qu'être problématique et dynamique parce qu'elle avait pour références deux foyers, l'un interne, l'autre externe.       <br />
              <br />
       En principe, la mémoire et l'histoire sont dans un rapport d'échange dialectique. La mémoire est la manière dont certains groupes voient actuellement leur passé, s'identifient en se le racontant. Par rapport aux constructions mémorielles, l'histoire a un devoir de complément, de critique et de comparaison. Grâce à elle les mémoires sortent de leur autisme se situent, se corrigent donc, en absorbant de l'historiographie, s'ouvrent à un avenir qu'elles n'auraient pas envisagé, elles deviennent capables de nouveauté. Cette créativité suppose une capacité de « s'ébranler » peut-on dire, une capacité d'assumer une vulnérabilité et une capacité de se mettre en mouvement. A contrario on voit le caractère stérilisant de l'opposition à l'histoire, à ses « relativisations » que les militants des mémoires victimaires construisent et que les lois mémorielles tendent à consacrer.       <br />
              <br />
       La clé de tout est apparemment dans le rapport au mal subi ou commis. L'attitude qui domine actuellement est pénitentielle (pénitentialisme, observons-le, différent de celui des institutions  religieuses puisque sans Dieu pour pardonner) donc obsédée par le mal dont on voudrait se débarrasser et que l'on ressasse, auquel on reste fixé. La parcellisation de la conscience historique qu'exprime le communautarisme mémoriel est liée à cette priorité donnée à la conscience du mal par rapport au bien à faire, d'abord à désirer, à imaginer. Le sentiment de fin de l'histoire, de ne pouvoir jamais échapper au mixte de droit de l'hommisme et de marché qui prévaut, provoque une perversion de la conscience morale, un inespoir débilitant, s'il est vrai que seule la confiance en soi permet d'envisager un bien à venir du remord et du grief qui obsèdent les uns et les autres.       <br />
              <br />
       ----------------       <br />
       <span class="u">Réponse à Julien Landfried </span>       <br />
              <br />
       Le mémorialisme communautairiste, post-colonial en général, n'est pas une réplique à la loi Gayssot et à l'insistance sur la Shoah, c'est plutôt une imitation. Cette imitation est inspirée non pas par une « guerre des mémoires », comme on peut en observer une autour de la guerre d'Algérie par exemple, mais par la concurrence des victimes. Cela veut dire que le tour victimiste pris par la représentation de la Shoah est une clé, une erreur qui a des effets épidémiques. L'événement est exceptionnel  non pas parce que les Juifs ont plus souffert que tout le monde L'affirmer serait établir une hiérarchie dans l'horreur et dans la souffrance, ce qui est obscène. L'exceptionnel c'est l'hitlérisme et le sens qu'il a donné à son génocide, le lien entre celui-ci et la volonté de remplacer les idées classiques de la communauté humaine, celles que le judéo-christianisme et les Lumières ont proposées, par l'idée bestiale d'une lutte des races. De cela il ressort que ce n'est pas en privilégiant ce crime qu'on lui répond adéquatement au défi nazi mais en se donnant une perspective positive, celle d'ailleurs que suggère le livre des Juifs, la fraternité universelle. On a le sentiment que c'est faute de se sentir capable d'un pareil saut moral (dont la mondialisation suggère la nécessité) que nous restons asservis à la mémoire du mal et nous enfonçons dans la concurrence des victimes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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</description>
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   <itunes:explicit>no</itunes:explicit>
   <itunes:summary><![CDATA[La concurrence des victimes et les lois mémorielles]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Intervention de Paul Thibaud lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.</itunes:subtitle>
   <itunes:author></itunes:author>
   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/La-concurrence-des-victimes-et-les-lois-memorielles_a872.html</link>
  </item>
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.communautarisme.net,2008:podcast-524900</guid>
   <title>Les ethno-régionalismes et la Charte des langues régionales et minoritaires</title>
   <pubDate>Fri, 22 Dec 2006 08:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Julien Landfried</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Colloques]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention de Françoise Morvan lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.     <div>
      En 1998 et 1999, la signature puis la non ratification par le gouvernement français de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires a été l'objet de débats qui m'ont amenée à me pencher sur la question, sans avoir la moindre compétence particulière, comme n'importe quel citoyen soucieux d'en avoir le c&#339;ur net aurait pu le faire, et c'est peut-être ce qui rend cette expérience digne d'intérêt...        <br />
              <br />
       Les circonstances qui m'ont conduite à faire cette enquête sont elles-mêmes assez curieuses  : au cours de mes recherches sur la dérive nationaliste en Bretagne , j'avais été amenée à essayer de comprendre comment un certain Jean Adolphe dit Yann Fouéré, et son bras droit Joseph Martray, étaient passés de la collaboration avec les nazis à la reconstitution de réseaux ethnistes après l'Occupation. J'avais constaté que l'une des premières actions de Martray avait été de fonder, en 1949, la FUEV (<span style="font-style:italic">Föderalistische Union Europäischer Volksgruppen</span>) ou, en français, UFCE (Union fédéraliste des communautés ethniques européennes) à peu près dans le même temps que le CELIB, une sorte de lobby patronal breton. Cherchant à en savoir plus long sur l'UFCE, j'étais tombée sur une étude de Lionel Boissou qui expliquait comment et pourquoi cette ONG, émanation des réseaux ethnistes européens qui visent à instaurer une Europe des régions telle que les autonomistes bretons en rêvent depuis les années 20, avait été à l'origine de la rédaction de la Charte des langues régionales ou minoritaires.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Lire la suite ci-dessous au format PDF</span>       <br />
              <br />
       -------       <br />
       <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Minorites-et-regionalismes-en-Europe_r37.html">Voir aussi le dossier Minorités et régionalismes de l'Observatoire du communautarisme</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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</description>
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   <itunes:explicit>no</itunes:explicit>
   <itunes:summary><![CDATA[Les ethno-régionalismes et la Charte des langues régionales et minoritaires]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Intervention de Françoise Morvan lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.</itunes:subtitle>
   <itunes:author>Julien Landfried</itunes:author>
   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/Les-ethno-regionalismes-et-la-Charte-des-langues-regionales-et-minoritaires_a873.html</link>
  </item>
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   <guid isPermaLink="false">tag:www.communautarisme.net,2008:podcast-511853</guid>
   <title>Multiplier les «phobies» pour pénaliser les débats et réduire la liberté d'expression : l'exemple de la «loi anti-homophobie»</title>
   <pubDate>Fri, 22 Dec 2006 07:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Francois Devoucoux</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Colloques]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Intervention de François Devoucoux du Buysson lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.     <div>
      L'exemple de la loi anti-homophobie est particulièrement intéressant du point de vue de l'analyse du communautarisme dans la mesure où il donne à voir comment on passe d'une revendication d'inspiration communautariste à sa ratification sous forme de loi. Cet exemple met aussi en scène de façon éclairante les trois catégories d'acteurs qu'a évoqués Julien Landfried en introduction -les entrepreneurs communautaires, les médias et les responsables politiques- et permet d'observer leur rôle respectif et leur interaction.       <br />
              <br />
       Petite remarque préalable : ce que l'on désigne souvent aujourd'hui comme « la loi anti-homophobie » est en fait un ensemble de dispositions répressives qui ont été intégrées dans la législation française à la faveur du vote de la <a class="link" href="index.php?action=article&amp;numero=332&amp;PHPSESSID=c396eb915c3dc386a1ced2e620ae8473">loi du 30 décembre 2004 portant création d'une Haute Autorité pour l'égalité et contre les discriminations</a> connue aujourd'hui comme la Halde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>1 &#8211; Aux fondements de la loi </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/511853-625581.jpg" alt="Multiplier les «phobies» pour pénaliser les débats et réduire la liberté d'expression : l'exemple de la «loi anti-homophobie»" title="Multiplier les «phobies» pour pénaliser les débats et réduire la liberté d'expression : l'exemple de la «loi anti-homophobie»" />
     </div>
     <div>
      Après avoir consulté une abondante documentation, il me semble que l'on peut situer le point d'origine de la revendication par des associations homosexuelles d'une loi punissant l'homophobie dans les débats sur le pacs de la période 1998-1999, marqués notamment par des débordements parlementaires -qui sont, je crois suffisamment connus, et sur lesquels je ne reviendrai pas (1)- et la grande manifestation anti-pacs du 31 janvier 1999.       <br />
              <br />
       Je ne sais pas si certains d'entre vous ont eu la curiosité d'aller voir cette manifestation. C'est ce que j'ai fait et j'ai en effet pu constater l'existence sur le parcours de cette manifestation d'un nombre réduit d'affiches anonymes, et visiblement étrangères à l'organisation de la manifestation, sur lesquelles figurait le slogan désormais bien connu <span style="font-style:italic">« Les pédés au bûcher »</span>. Et on peut parler pour ce micro-événement -de mon point de vue c'en était un dans la mesure où l'on ne saurait réduire une manifestation aux dérapages qui peuvent intervenir de façon marginale à sa périphérie- d'un mythe fondateur puisque la référence à ce slogan a été permanente dans toutes les tentatives de légitimation d'une loi pénalisant l'homophobie. C'est-à-dire qu'un acte isolé et anonyme (courageusement anonyme&#8230;) a été largement amplifié et déformé. Je vous invite à vous balader sur internet pour voir comment ce slogan peut être présenté : vous y trouverez des choses du genre <span style="font-style:italic">« une manifestation défilant sous des banderoles "Les pédés au bûcher" »</span>, ce qui est faux, ou alors <span style="font-style:italic">« des manifestants scandant le slogan "Les pédés au bûcher" »</span>, ce qui relève de l'amalgame. Je pense qu'on est là dans le domaine du mythe, mais c'est intéressant en tant que tel, et c'est à partir de cet événement que l'on assiste à l'entrée en action des entrepreneurs communautaires. Cette intervention prend la forme assez caractéristique d'un colloque qui s'est tenu quelques mois après la manifestation et qui a donné lieu à une publication de ses actes et à une large diffusion.        <br />
              <br />
       Il s'agissait d'un colloque organisé par l'association Aides et intitulé <span style="font-style:italic">« L'homophobie, comment la définir, comment la combattre ? »</span> qui s'est tenu le 19 juin 1999. On s'étonnera au passage qu'une association de lutte contre le sida -largement financée à ce titre par les pouvoirs publics- organise un colloque sur l'homophobie&#8230; Les contributions à ce colloque ont été publiées par l'association Prochoix dans un ouvrage paru sous la direction de Daniel Borrillo un juriste dont on aura l'occasion de reparler par la suite (2). Parmi les intervenants de ce colloque figurait le philosophe Didier Eribon, considéré comme le principal théoricien français de l'homophobie. Au nombre de ses propositions, on signalera l'affirmation selon laquelle <span style="font-style:italic">« les mots sont des actes »</span>, qui constitue une récupération abusive de la théorie du langage performatif (3) . On retiendra surtout ce que Didier Eribon appelle <span style="font-style:italic">« l'injure potentielle »</span> et dont il donne la définition suivante : <span style="font-style:italic">« ce sont des mots dont je peux redouter le choc, la violence, sans qu'ils aient besoin d'être prononcés puisque je sais qu'ils peuvent l'être et que leur menace est toujours présente ; ainsi l'injure exerce ses effets même quand elle n'est pas proférée »</span> (4). On voit donc que Didier Eribon donne une définition particulièrement large de l'homophobie&#8230;       <br />
              <br />
       Les échanges de ce colloque ont abouti à l'élaboration d'un <span style="font-style:italic">« projet de loi interassociatif »</span> (rédigé conjointement par des militants de Prochoix, Aides, Act Up et le Centre Gai et Lesbien) qui a été ainsi livré au débat public -enfin, si l'on peut vraiment parler de débat- clés en main et qui contenait notamment des modifications du code pénal et de la loi de 1881 sur la liberté de la presse tout en proposant la création d'une Haute Autorité chargée de veiller à leur application. Par contre, ce qui fait singulièrement défaut dans cette production militante et théorique, c'est un travail de définition que l'on ne discerne guère à ce moment-là. Il manque en particulier une justification de la spécificité de l'injure à caractère homophobe. S'il s'agit bien en principe de faire valoir cette spécificité dans la loi, force est de constater que celle-ci n'est pas démontrée.       <br />
              <br />
       En dépit de leurs faiblesses, ces apports du mouvement communautariste homosexuel ont été largement diffusés, non seulement sous forme de livres, mais aussi, à la faveur des rencontres de plus en plus fréquentes des militants avec les médias, animés d'une curiosité croissante -et d'une certaine sympathie- envers les revendications homosexuelles, et d'un intérêt de plus en plus marqué de la part des responsables politiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2 &#8211; Le vote de la loi</b></div>
     <div>
      On en arrive maintenant aux circonstances qui ont conduit à l'adoption d'une loi pénalisant l'homophobie. Incontestablement, celle-ci a été favorisée par un contexte médiatico-compassionnel, qui a joué un rôle d'accélérateur, à travers notamment ce qui est connu comme l'affaire Sébastien Nouchet : en janvier 2004, un homosexuel du nord de la France est grièvement brûlé à son domicile après ce qui semble être une agression particulièrement barbare. C'est alors qu'entre en jeu le deuxième acteur, les médias, puisque cet événement a provoqué une émotion médiatique considérable et une compassion politique quasi-immédiate à travers notamment un coup de téléphone du président de la République, Jacques Chirac, au compagnon de la victime.       <br />
              <br />
       On observe alors une accélération du processus : quelques semaines plus tard, le 17 mars 2004, <span style="font-style:italic">Le Monde</span> publie un <span style="font-style:italic">« Manifeste pour l'égalité des droits »</span> rédigé notamment par Didier Eribon et Daniel Borrillo qui étaient déjà à l'origine du colloque de 1999. Dans ce texte, ils vont encore plus loin dans leur approche maximaliste de l'homophobie et, se positionnant sur le débat qui se développait alors aux Etats-Unis autour du mariage homosexuel, ils affirment qu'il y a un lien entre le refus d'accéder aux revendications du mouvement homosexuel et les agressions les plus violentes. Selon eux, c'est la position d'infériorité dans laquelle la définition de certaines institutions, comme le mariage, place les personnes homosexuelles qui aboutit à ce que certains se croient autorisés à les brûler. Entre <span style="font-style:italic">« Les pédés au bûcher »</span> et l'agression de Sébastien Nouchet, la boucle est bouclée en quelque sorte. Il n'est d'ailleurs pas anodin que les médias aient souvent repris le vocabulaire des communiqués associatifs en répétant que Sébastien Nouchet avait été <span style="font-style:italic">« brûlé vif »</span>, une expression qui renvoie dans l'imaginaire collectif aux bûchers du Moyen-Âge. Les auteurs du <span style="font-style:italic">« Manifeste pour l'égalité des droits »</span> affirment qu'il est particulièrement homophobe et discriminatoire de refuser aux homosexuels des <span style="font-style:italic">« droits »</span> comme le mariage ou l'adoption (5). Cet épisode marque donc une nouvelle étape d'élargissement de la définition de l'homophobie.        <br />
              <br />
       Un nouveau terreau favorable sera apporté peu après par les débordements que l'on relèvera lors du fameux « mariage » de Bègles, en juin 2004. Ces débordements -qui sont largement dus au caractère ouvertement provocateur de l'initiative de Noël Mamère- seront instrumentalisés pour réaffirmer <span style="font-style:italic">« l'urgence »</span> d'une loi contre l'homophobie. Alors que les responsables politiques font à leur tour leur apparition sur la scène, on assiste à une multiplication singulière des propositions de loi visant à réprimer les injures et les propos homophobes. Ces propositions de loi provenaient tout aussi bien du PS et des Verts que des rangs de l'UDF, de l'UMP et du Parti communiste. Au début, l'Observatoire du Communautarisme s'efforçait de les recenser mais, devant le nombre, nous avons assez vite renoncé. A ma connaissance, on est arrivé en quelques mois à peine à un total de 7 ou 8 textes d'initiative parlementaire. Réagissant à l'émotion qui a traversé le pays, ou tout au moins le landernau médiatique, et satisfaisant aux revendications des associations homosexuelles qui ont été reçues à de nombreuses reprises au cours de cette période, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin s'engage alors à faire voter une loi contre l'homophobie.        <br />
              <br />
       Le projet d'une loi pénalisant l'homophobie va alors rencontrer sa première véritable opposition de la part de la part de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) qui a été consultée pour avis sur le texte législatif. Pas de chance pour le gouvernement, la CNCDH a rendu le 18 novembre 2004 un avis négatif sur le projet de loi et demandé son retrait (6). La position de la CNCDH a été beaucoup caricaturée, notamment par les militants homosexuels (7), mais il est intéressant de connaître les arguments avancés à l'appui de cette décision. En l'occurrence, la CNCDH critiquait la tendance à la catégorisation de la population que représentait le texte, le caractère non démontré de la spécificité de l'homophobie et surtout le rétablissement de peines de prison pour des délits de presse alors que celles-ci avaient supprimées par une loi votée en 2000 (8). Cette conséquence de la loi avait d'ailleurs été fermement critiquée par l'association Reporters Sans Frontières (9). Enfin, la Commission des Droits de l'Homme exprimait sa préférence pour l'éducation et le débat plutôt qu'une répression accrue.       <br />
              <br />
       Devant cette décision symbolique forte, le gouvernement a décidé de retirer son projet de loi et d'introduire ses principales dispositions sous la forme d'amendements parlementaires au projet de loi sur la Halde qui passait justement devant le Parlement à ce moment-là. S'ensuivit donc un débat parlementaire avec notamment la tentative quelque peu désespérée de restreindre la capacité d'engager des poursuites aux associations d'utilité publique connue sous le nom d'amendement Garraud -qui aurait d'ailleurs pu s'appeler amendement Observatoire du Communautarisme puisque nous avions proposé cette limitation devant la commission parlementaire qui avait travaillé en amont sur le texte (10). L'adoption de cet amendement a évidemment déplu aux associations homosexuelles qui se sont immédiatement invitées dans les différents cabinets ministériels pour exiger le retrait d'une disposition particulièrement nocive à l'esprit d'une loi dont elles avaient été les principales inspiratrices. L'amendement fut finalement retiré après l'intervention personnelle de Pascal Clément, alors président de la commission des lois.        <br />
              <br />
       La loi du 30 décembre 2004 créant la Halde fut ainsi votée avec des dispositions prévoyant :       <br />
       - une peine de prison de 1 an et/ou 45.000 EUR d'amende pour <span style="font-style:italic">« incitation à la haine d'une personne ou d'un groupe de personnes »</span> (article 24), comme demandé dans le projet de loi interassociatif évoqué précédemment ;       <br />
       - les mêmes peines pour le délit de <span style="font-style:italic">« diffamation envers une personne ou un groupe de personnes »</span> (article 32) ;       <br />
       - une peine de prison de 6 mois et/ou 22.500 EUR d'amende pour <span style="font-style:italic">« injure envers une personne ou un groupe de personnes »</span> (article 33).       <br />
       Elle rétablissait aussi la possibilité de poursuivre en justice ouverte à toute association constituée depuis au moins 5 ans que l'amendement Garraud avait supprimée (article 48).       <br />
       Autant de mesures qui étaient déjà contenues dans le projet de loi interassociatif de 1999. Alors qu'il s'inspirait d'une vision maximaliste, celui-ci se trouvait ainsi transposé à environ 80% dans la loi créant la Halde (11).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>3- Au-delà de la loi </b></div>
     <div>
      Presque deux ans après son adoption par le Parlement, il est temps, me semble-t-il, de questionner la portée de cette loi. En annonçant le vote de la loi, Dominique Perben, alors ministre de la justice, avait parlé d'une <span style="font-style:italic">« Loi Sébastien Nouchet »</span>. Il n'y a plus d'affaire Sébastien Nouchet puisque la justice a rendu une ordonnance de non-lieu (12). Reste la loi&#8230;       <br />
              <br />
       S'agit-il d'une loi dissuasive, sachant que cette fonction était présentée comme l'une des principales raisons avancées pour réclamer son adoption ? Si l'on s'en tient au nombre d'agressions qui, selon les associations continue d'augmenter, il s'agit à mon sens d'une loi inutile. Pour répondre à la question de l'utilité de la loi, il faut regarder le nombre d'applications. A ma connaissance, il n'y en eut qu'une, et pas n'importe laquelle puisqu'il s'agit de la condamnation du député UMP Christian Vanneste pour ses propos controversés sur <span style="font-style:italic">« l'infériorité de l'homosexualité »</span> (13). Il est d'ailleurs ironique pour l'UMP que ce soit un député issu de ses rangs qui ait fait seul les frais de la loi que ce parti a fait voter&#8230; De ce point de vue, il me semble que la loi a surtout manifesté de la part de la République un renoncement au principe de Voltaire qui consistait à dire : <span style="font-style:italic">« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puisiez le dire »</span>. Depuis le vote de cette loi, je pense en effet que ce principe est désormais obsolète.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, je considère que les dispositions répressives de la loi du 30 décembre 2004 constituent un danger pour la qualité du débat démocratique. On a vu en effet que les inspirateurs de la loi ont une conception particulièrement large de l'homophobie qui les amène notamment à taxer d'homophobes les opinions hostiles à des revendications aussi controversées que le mariage homosexuel ou l'adoption par des couples homosexuels. Dès lors, on peut légitiment douter que de tels débats puissent se dérouler sereinement si toutes les opinions ne sont pas autorisées à faire entendre leurs arguments. A quoi bon débattre du mariage ou de l'adoption puisqu'il est de fait suspect de s'opposer à ces réformes ? Le faible nombre de représentants élus acceptant d'aller porter la contradiction sur ces sujets à ceux qui se sont fait les porte-voix du mouvement gay (Noël Mamère, Bertrand Delanoë, Christophe Girard, Jean-Luc Romero&#8230;) s'explique sans doute par les risques induits par la loi du 30 décembre 2004. Si la loi anti-homophobie a un caractère dissuasif, c'est surtout dans le domaine de la libre expression des opinions qu'il agit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion</b></div>
     <div>
      La brièveté du processus qui a permis de passer en quelques années, voire en quelques mois si l'on s'en tient à l'accélération intervenue en 2004, d'une revendication communautariste au vote d'une loi nous interpelle sur le fonctionnement des institutions républicaines. Je pense qu'aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si une revendication d'inspiration communautariste pourra devenir une loi mais plutôt de savoir quand elle deviendra effectivement une loi. Sous l'effet des pressions militantes, renforcées par une certaine forme de complaisance médiatique, on observe en effet que le délai entre l'initiative des entrepreneurs communautaires et la validation par les responsables élus tend à se réduire : on le verra sans doute à l'occasion du vote, qui semble inéluctable en France, d'une loi sur le mariage entre personnes de même sexe. On peut d'ailleurs se demander si le processus législatif n'est pas en train de connaître une mutation avec les lois d'inspiration communautariste dont la loi anti-homophobie est un bon exemple. Dans la mesure où les militants n'acceptent pas l'idée que leurs revendications puissent n'être transposées dans la loi que de façon partielle, ils n'ont de cesse d'obtenir que ce soit leur approche maximaliste qui prime. Une fois la loi votée, la revendication communautariste, qui fonctionne selon un mécanisme de surenchère permanente (14), consistera à « améliorer » la loi, en poussant plus loin la revendication (c'est ce qui se passe par exemple avec le pacs dont la droite, soumise à une intense pression militante, défend aujourd'hui une conception plus poussée que celle arrêtée par le gouvernement Jospin en 1998-99). Soumise aux pressions communautaristes, la loi cesse d'être un compromis.       <br />
              <br />
       Il ne s'agit pas ici de dénoncer tel ou tel lobby. Après tout, les militants militent, c'est dans l'ordre des choses. Et, si l'on peut douter de la pertinence ou du bien-fondé des revendications de type communautaristes, comme celle d'un dispositif spécifique de répression de l'homophobie, il n'est pas anormal que ces revendications existent ni qu'elles s'expriment. Non, ce qui pose problème, ce n'est pas tant la revendication communautariste que l'absence totale de résistance opposée par les institutions de la République à de telles pressions. Bien que ses inspirateurs communautaristes s'en défendent, la revendication d'une loi anti-homophobie s'est opportunément inscrite dans un mouvement de surenchère sécuritaire et répressive s'affirmant au détriment des libertés publiques qui faisait écho à la politique gouvernementale. Mais je crois que ce n'est pas la principale raison de son vote par les parlementaires, de droite comme de gauche.       <br />
              <br />
       Je ne crois pas qu'il faille déduire d'épisodes comme le vote de la loi anti-homophobie que les organisations communautaristes sont puissantes. Elles ne le sont pas : faible représentativité, intenses divisions souvent liées à l'extrême personnalisation des sous-tendances, pauvreté de la production idéologique qui tient souvent plus du marketing que de la philosophie politique, manque d'implantation dans la société civile, volatilité des effets de modes qui les portent, faible sympathie dans l'opinion, ultra-dépendance à l'égard des subventions publiques&#8230; C'est moins la force des mouvements communautaristes qui frappe que la faiblesse criante du pouvoir politique. Dépassé par un type nouveau de militantisme à caractère identitaire, aveuglé par sa méconnaissance des discours et des organisations communautaristes, décontenancé par les postures victimaires des associations, terrifié par la violence des campagnes médiatiques qui se développent sur les thèmes sociétaux et parfois berné par la force politique -à mon avis largement surestimée- des communautés, le pouvoir politique se refuse à faire face aux revendications communautaristes. Et c'est, de mon point de vue, ce qu'il y a de plus inquiétant.       <br />
              <br />
       Le discours communautariste, largement ancré dans une posture de contre-culture, a l'habitude de tirer parti de sa position minoritaire pour dénoncer les dominants, rhétorique particulièrement porteuse dans un pays où la prise de la Bastille est la référence absolue, et qui désigne une majorité oppressive largement fantasmée. Mais je crois que les circonstances qui ont conduit au vote de la loi anti-homophobie par les représentants du peuple malgré un avis défavorable de la Commission des Droits de l'Homme amènent à se poser la question suivante : qui sont aujourd'hui les vrais dominants ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      ------------------------       <br />
       (1) On en trouve par exemple une compilation dans l'ouvrage de Marc Abélès, <span style="font-style:italic">Un ethnologue à l'Assemblée nationale</span>, Odile Jacob, 2001.       <br />
       (2) Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes (sous la direction de), <span style="font-style:italic">L'homophobie, comment la définir, comment la combattre ?</span>, Prochoix Editions, 1999.        <br />
       (3) Enoncée en 1962 par le philosophe John Langshaw Austin dans son ouvrage <span style="font-style:italic">How to do Things with Words</span> (traduit en français sous le titre <span style="font-style:italic">Quand dire c'est faire</span>), la théorie du langage performatif affirme que, sous certaines conditions, le langage peut être en lui-même une action, comme lorsque un maire déclare aux fiancés <span style="font-style:italic">« Je vous déclare mari, et femme »</span> en modifiant leur statut par l'énoncé d'une simple phrase.       <br />
       (4) Didier Eribon, <span style="font-style:italic">"Ce que l'injure me dit"</span>, contribution au colloque du 19 juin 1999, reproduite dans l'ouvrage de Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes (sous la direction de), <span style="font-style:italic">L'homophobie, comment la définir, comment la combattre ?</span>, Prochoix Editions, 1999, page 11.       <br />
       (5) <span style="font-style:italic">« Qu'en est-il aujourd'hui ? Donner une définition restrictive de l'homophobie, en ne dénonçant que la haine à l'encontre des homosexuels, et non pas toute politique discriminatoire à leur égard, reviendrait à permettre à nombre d'homophobes de faire part de leur compassion et de s'auto-décerner des brevets de tolérance et de progressisme tout en refusant, comme auparavant, toute avancée vers l'égalité des droits. Il nous semble en effet homophobe et discriminatoire de refuser l'accès des gays et des lesbiennes au droit au mariage et à l'adoption, de refuser l'accès des lesbiennes ou des femmes célibataires à la procréation médicalement assistée. »</span> (extrait du <span style="font-style:italic">« Manifeste pour l'égalité des droits »</span>, <span style="font-style:italic">Le Monde</span>, 17 mars 2004).       <br />
       (6) <a class="link" href="index.php?action=article&amp;numero=313&amp;PHPSESSID=c396eb915c3dc386a1ced2e620ae8473">Avis sur le projet de loi</a> relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe adopté le 18 novembre 2004.       <br />
       (7) On peut se reporter par exemple au communiqué daté du 1er décembre 2004 de l'association activiste Les Panthères Roses, <span style="font-style:italic">« Les Panthères Roses s'invitent à la CNCDH »</span>, justifiant une action violente au siège de la Commission des Droits de l'Homme (?!) visant à dénoncer son caractère <span style="font-style:italic">« homophobe »</span>.       <br />
       (8) Loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes.       <br />
       (9) Communiqué du 23 décembre 2004 intitulé <span style="font-style:italic">« Adoption de la loi contre l'homophobie : une atteinte à la liberté d'expression »</span>.       <br />
       (10) <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/docs/audition10092004.pdf">Audition de M. François Devoucoux du Buysson</a>, cofondateur de l'Observatoire du communautarisme, par Mme Brigitte Barèges, député, rapporteur du projet de loi relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe, le 10 septembre 2004       <br />
       (11) Loi n° 2004-1486 du 30 décembre 2004 portant création de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité.        <br />
       (12) Ordonnance de non-lieu rendue par le juge d'instruction de Béthune, Sophie Chounavelle, le 26 septembre 2006.       <br />
       (13) Farouche opposant à l'adoption de la loi anti-homophobie, le député UMP du Nord Christian Vanneste avait déclaré le 7 décembre 2004 à l'Assemblée nationale : <span style="font-style:italic">« le comportement homosexuel est une menace pour la survie de l'humanité »</span>. Une opinion qu'il avait à nouveau exprimée dans un entretien au journal <span style="font-style:italic">La Voix du Nord</span> le 26 janvier 2005 : <span style="font-style:italic">« l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité »</span>. C'est cette déclaration qui lui a valu une condamnation à 3.000 euros d'amende et 6.000 euros de dommages et intérêts pour <span style="font-style:italic">« injure envers les homosexuels »</span> dans un arrêt rendu le 24 janvier 2006 par le tribunal correctionnel de Lille.       <br />
       (14) François Devoucoux du Buysson, <a class="link" href="index.php?action=article&amp;numero=342&amp;PHPSESSID=c396eb915c3dc386a1ced2e620ae8473">"Le mariage, nouvel avatar de la surenchère permanente du mouvement homosexuel"</a>, in <span style="font-style:italic">Res Publica</span> n° 39, Presses Universitaires de France, novembre 2004 (texte disponible aussi sur le site de l'Observatoire du communautarisme, <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Mariage-homosexuel-et-homoparentalite_r31.html">dossier Mariage homosexuel et homoparentalité</a>).       <br />
              <br />
       Voir aussi les dossiers de l'Observatoire du communautarisme :       <br />
       <ul class="list"><li><a class="link" href="index.php?action=article&amp;numero=287&amp;PHPSESSID=c396eb915c3dc386a1ced2e620ae8473">Pénalisation des propos homophobes ou sexistes</a>       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Homophobie_r36.html">Dossier homopobie</a></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align=center><iframe src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?t=observatoired-21&o=8&p=8&l=as1&asins=2846280711&fc1=000000&IS2=1<1=_blank&lc1=0000FF&bc1=000000&bg1=FFFFFF&f=ifr" style="width:120px;height:240px;" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" frameborder="0"></iframe>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <itunes:summary><![CDATA[Multiplier les «phobies» pour pénaliser les débats et réduire la liberté d'expression : l'exemple de la «loi anti-homophobie»]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Intervention de François Devoucoux du Buysson lors du colloque « La République face aux communautarismes » organisé au Sénat le 24 novembre 2006.</itunes:subtitle>
   <itunes:author>Francois Devoucoux</itunes:author>
   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/Multiplier-les-phobies-pour-penaliser-les-debats-et-reduire-la-liberte-d-expression-l-exemple-de-la-loi-anti-homophobie-_a864.html</link>
  </item>
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.communautarisme.net,2008:podcast-494435</guid>
   <title>Intégrations comparées : modèles français et anglo-saxons</title>
   <pubDate>Wed, 15 Nov 2006 07:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Audio-vidéo]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Julien Landfried, directeur de l'Observatoire du communautarisme, était l'invité de l'émission Du grain à moudre sur France-Culture mardi 14 novembre. L'émission peut être écoutée en ligne sur le site de l'Observatoire. Julien Landfried publiera au début de l'année 2007 « Contre le communautarisme » (Armand Colin).     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/494435-605029.jpg" alt="Intégrations comparées : modèles français et anglo-saxons" title="Intégrations comparées : modèles français et anglo-saxons" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/fiche.php?diffusion_id=47040">Emission Du grain à moudre</a> du mardi 14 novembre 2006, présentée par Julie Clarini et Brice Couturier       <br />
              <br />
       <span class="u">Présentation sur le site de France-Culture :</span>       <br />
       <b>Intégrations comparées : modèles français et anglo-saxons</b>       <br />
       La France doit-elle changer son modèle d'intégration ?       <br />
              <br />
       Timothy Garton Ash, un grand intellectuel anglais, s'inquiétait cet automne dans le Guardian, de ce que la moitié seulement des musulmans britanniques disent « mon pays » lorsqu'ils parlent de la Grande-Bretagne, et qu'un sur quatre disent carrément « leur pays », comme s'ils se considéraient comme étrangers. Quand on les interroge sur leur identité, 81% se déclarent d'abord musulmans. Garton Ash relevait, avec envie, que cette proportion était tout autre en France, où seuls 46% des musulmans s'identifient d'abord à travers leur appartenance religieuse, et une majorité par leur nationalité. « Comment aider ces gens à mieux s'intégrer dans notre société laïque libérale avancée », concluait l'intellectuel britannique ?       <br />
       Un autre sondage a profondément ébranlé l'opinion britannique en mars dernier : selon l'institut ICM, 40 % des musulmans britanniques souhaitent l'instauration de la charia dans les zones géographiques où ils sont en majorité. Plus grave : 32 % d'entre eux estiment que les musulmans devraient s'engager pour mettre fin à la civilisation occidentale, « décadente et immorale » et 20 % vont jusqu'à proclamer leur « compréhension » envers les auteurs des attentats du 7 juillet 2005. En face, seuls 17 % des non-musulmans britanniques estiment qu'il est « possible de vivre pacifiquement et de manière durable avec des musulmans ». Conclusion tirée par Sir Trevor Phillips, président de la Commission pour l'égalité raciale : « la Grande-Bretagne évolue insidieusement vers une société de ségrégation ».       <br />
       L'échec du modèle britannique d'intégration signe-t-il, pour autant, la déroute de ce qu'on appelle ici le multiculturalisme anglo-saxon ?       <br />
       Ce n'est pas sur, car le modèle américain, qui a été lancé il y a bien plus longtemps, a produit des effets nettement plus positifs. Même s'il est désormais, lui aussi, l'objet d'une « critique de gauche » assez virulente de la part d'essayistes proches du parti démocrate. Ainsi, Michael Tomasky estime que la gauche américaine ne saurait se contenter d'agréger des sous-groupes victimisés, comme elle a eu tendance à le faire dans les années 90 ; et qu'elle doit dorénavant viser à rassembler autour de valeurs partagées. D'autres auteurs mettent en cause des invocations rituelles à la « diversité culturelle » qui ne favorisent en rien la promotion socio-économique des minorités.       <br />
       Alors que la France découvre ces problèmes, il est peut-être utile d'aller y regarder de plus près chez nos voisins d'Outre-Manche et d'Outre-Atlantique. Ne serait-ce que pour voir ce qui n'a pas fonctionné.       <br />
              <br />
       <span class="u">Invités</span>       <br />
       <ul class="list"><li>Lord Bikhu Parekh.  Professeur à l'université de Hull (Grande-Bretagne), membre de la chambre des Lords.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Ernst Hillebrand (au téléphone).  Directeur du bureau londonien de la Friedrich-Ebert-Stiftung (voir son article <a class="link" href="http://www.communautarisme.net/Atmosphere-suffocante-dans-le-Londonistan_a785.html">Atmosphère suffocante dans le Londonistan</a>)       
       </li></ul><ul class="list"><li>Julien Landfried.  Directeur de l'Observatoire du communautarisme.       
       </li></ul><ul class="list"><li>James Cohen.  Professeur université de Paris 8, département de sciences politiques.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Pour écouter l'émission, cliquez sur le bouton "play" ci-dessous</span></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
</description>
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   <itunes:summary><![CDATA[Intégrations comparées : modèles français et anglo-saxons]]></itunes:summary>
   <itunes:subtitle>Julien Landfried, directeur de l'Observatoire du communautarisme, était l'invité de l'émission Du grain à moudre sur France-Culture mardi 14 novembre. L'émission peut être écoutée en ligne sur le site de l'Observatoire. Julien Landfried publiera au...</itunes:subtitle>
   <itunes:author></itunes:author>
   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/Integrations-comparees-modeles-francais-et-anglo-saxons_a837.html</link>
  </item>
  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.communautarisme.net,2008:podcast-396357</guid>
   <title>Comment le Djihad est arrivé en Europe</title>
   <pubDate>Thu, 22 Jun 2006 00:11:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Ouvrages]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Voici un ouvrage d’investigation exemplaire. Prenant à contre-pied la clameur générale, Jürgen Elsässer a patiemment remonté la piste des kamikazes du 11 septembre. Ce qui l’a mené tout droit en Bosnie, véritable tête de pont de l’activisme islamiste en Europe et en Occident. 
Avant de s’attaquer aux populations de l’Occident, les moudjahiddin ont été recrutés, formés, entraînés par les services secrets occidentaux. Sur cette collusion, la « guerre contre le terrorisme » proclamée à grand fracas par Washington au début des années 2000, a jeté un voile de ténèbres et de mutisme. 
Passionnant comme un roman d’espionnage, ce livre éclaire les souterrains de la politique mondiale et fait parler le silence. De New York à Istanbul, de Berlin à Tora-Bora, il nous entraîne à la découverte du plus équivoque des réseaux. Composant, au fil de son récit, le tableau d’une guerre occulte où les distinctions communes — Occident/Islam, amis/ennemis, terrorisme/pacification — perdent leur sens. (4ème de couverture)     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/396357-486758.jpg" alt="Comment le Djihad est arrivé en Europe" title="Comment le Djihad est arrivé en Europe" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Préface de Jean-Pierre Chevènement :</span>       <br />
              <br />
       La traduction française du livre de Jürgen Elsässer <span style="font-style:italic">Comment le Djihad est arrivé en Europe</span> constitue une mine de révélations pour quiconque cherche à comprendre les enjeux géostratégiques mondiaux.        <br />
              <br />
       Que les services spéciaux américains aient prêté la main subrepticement dès 1992 - en violation de l'embargo sur les armes -, puis officiellement à partir de 1994, à l'armement des milices islamistes de Bosnie est un fait bien connu. De même les liens tissés avec Oussama Ben Laden et son organisation en Afghanistan dès les années quatre-vingt mais maintenus longtemps après.        <br />
              <br />
       Ce que montre, en revanche, avec un grand luxe de détails Jürgen Elsässer, c'est le véritable chaudron du terrorisme islamiste qu'ont constitué les guerres yougoslaves tout au long des années quatre-vingt-dix. Les attentats du 11 septembre 2001 à New-York, de Madrid le 11 mars 2003, et du 7 juillet 2005 à Londres font tous émerger des personnages qui, à des titres divers, ont été des vétérans des guerres de Bosnie. Il semble qu'il s'agisse là de connexions si gênantes qu'il faille absolument les taire ou les dissimuler. Certes il faut éviter la vision "bosno-centrée" bien que quelques éclairages a posteriori sur la division SS Hanjar, les "exploits" des djihadistes et les fréquentations douteuses d'Izetbegovic mériteraient à coup sûr d'ébranler la bonne conscience de l'opinion occidentale, tellement manipulée par les Bernard Henri Lévy et consorts : c'est ainsi qu'on voit apparaître El Zawahiri, considéré comme l'actuel numéro deux d'Al Quaïda, dans l'approvisionnement en armes des milices islamistes bosniaques au milieu des années quatre-vingt-dix.        <br />
              <br />
       Pourquoi ce soutien apparemment aveugle de la politique américaine, à travers services spéciaux et entreprises mercenaires, à la création d'un Etat musulman au c&#339;ur de l'ancienne Yougoslavie ?        <br />
              <br />
       Les Etats-Unis étaient-ils poussés par le noble idéal de l'autodétermination des peuples ? Ou bien poursuivaient-ils un but plus obscur dont le monde musulman, en définitive, aurait été le jouet ? Car ce qui intéresse l'Administration américaine c'est quand même avant tout le contrôle des gisements de pétrole et des voies d'acheminement de celui-ci par la voie maritime ou par oléoducs (en Afghanistan et dans le Caucase notamment).        <br />
              <br />
       Zbignew Brezinski, ancien conseiller de Jimmy Carter pour les affaires extérieures, a éclairé d'une lumière crue dans un maître livre paru en 1998, <span style="font-style:italic">Le grand échiquier</span>, les enjeux centraux de la diplomatie américaine : contrôler l'Eurasie et les régions pétrolifères du Golfe et de la Caspienne, réduire l'influence de la Russie et asseoir la domination des Etats-Unis sur le monde musulman. La mise en &#339;uvre ultérieure de ce grand dessein par les néoconservateurs laisse sans doute quelque peu à désirer &#8230; La " grande guerre déclarée au terrorisme " rompt-elle vraiment avec la volonté d'instrumenter le monde musulman à travers le soutien des milices fondamentalistes en Afghanistan dans l'ex-Yougoslavie, voire dans le Caucase ? Elle exacerbe les contradictions qui s'y manifestent et l'entraîne tout entier dans une régression sans précédent.        <br />
              <br />
       Le livre de Jürgen Elsässer est fort instructif sur le rôle des services spéciaux dans la manipulation des conflits (et des opinions publiques droguées aux idéologies identitaires). Il est vrai que les services se prennent souvent les pieds dans leurs propres intrigues. Dans la société hypermédiatique où nous vivons, leurs manigances finissent toujours par être éventées. C'est l'un des grands mérites du livre de Jürgen Elsässer de nous faire voir par leur petit côté (mais les trous de serrure ne font-ils pas découvrir bien des choses ?) les projets mégalomaniaques ourdis par les " maîtres de l'heure " (qui cesseront souvent de l'être dans l'heure qui suit).        <br />
              <br />
       Même si Jürgen Elsässer nous étourdit parfois sous la multiplicité de ses sources et l'abondance de ses références, rendons hommage à son érudition : son livre contribuera utilement à un sain pluralisme et à l'éclosion de vérités pas toujours bonnes à dire. Saluons son immense travail et la contribution salubre que son livre apporte à un débat démocratique débarrassé des a priori trompeurs qui obscurcissent la compréhension des enjeux et retardent l'heure d'une paix juste dans les Balkans et ailleurs. Je souhaite que ce livre fasse réfléchir au-delà des passions souvent instrumentées à des fins pas toujours avouables. Je ne doute pas qu'il sera utile au retour de relations pacifiées entre les Etats-Unis, l'Europe et le monde musulman.        <br />
              <br />
       -------------------       <br />
       <ul class="list"><li><a class="link" href="http://editions-xenia.com/livres/djihad/djihad/bf.html">Lire de bonnes feuilles au format PDF</a>       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.pressclub.ch/audio/audio/podcast-2006-05-02-69829.mp3">Ecouter une conférence de l'auteur</a></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <div align=center><iframe src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?t=observatoired-21&o=8&p=8&l=as1&asins=2888920042&fc1=000000&IS2=1<1=_blank&lc1=0000ff&bc1=000000&bg1=ffffff&f=ifr" style="width:120px;height:240px;" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" frameborder="0"></iframe>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
   <link>http://www.communautarisme.net/Comment-le-Djihad-est-arrive-en-Europe_a780.html</link>
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   <title>Table ronde « les lois de mémoire : contestations, justifications. Arguments pour un débat de fond »</title>
   <pubDate>Tue, 25 Apr 2006 19:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Colloques]]></dc:subject>
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L'Observatoire du communautarisme vous propose les actes et l'enregistrement audio de la table-ronde organisée par notre collaboratrice Sophie Ernst et l'association Pollens sur le thème des « lois de mémoire » samedi 21 janvier de 15h30 à 19h à l'Ecole Normale Supérieure d'Ulm. Un débat qui a invité à une discussion sereine sur les problèmes de fond, par exemple : la place et les formes de la mémoire, les difficultés que nous posent les commémorations négatives, les dispositifs mémoriels, l'efficacité des lois, leurs effets pervers, etc. Avec : Gilles Manceron, Bogumil Jewsiewicki, Patrick Garcia, Pap Ndiaye, Bruno Belhoste, Paul Thibaud, Philippe Raynaud.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.communautarisme.net/photo/283166-353461.jpg" alt="Table ronde « les lois de mémoire : contestations, justifications. Arguments pour un débat de fond »" title="Table ronde « les lois de mémoire : contestations, justifications. Arguments pour un débat de fond »" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Avec :</span>        <br />
       <ul class="list"><li>Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l'Homme        
       </li></ul><ul class="list"><li>Bogumil Jewsiewicki, chaire d'histoire comparée de la Mémoire, Université de Laval, Québec        
       </li></ul><ul class="list"><li>Patrick Garcia, historien, IUFM de Versailles, Institut du temps présent       
       </li></ul><ul class="list"><li>Pap Ndiaye, historien, EHESS, association CRAN        
       </li></ul><ul class="list"><li>Bruno Belhoste, historien, Paris X Nanterre        
       </li></ul><ul class="list"><li>Paul Thibaud, philosophe, initiateur de la pétition "la liberté de débattre"       
       </li></ul><ul class="list"><li>Philippe Raynaud, philosophe du droit, Paris I       <br />
              <br />
       <span class="u">Modérateurs :</span>  Sophie Ernst, Christian Delacroix        <br />
              <br />
       Ce débat aura lieu samedi 21 janvier de 15h30 à 19h, en salle Dussane au 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, métro Luxembourg. Entrée libre.       <br />
              <br />
       <span class="u">Présentation des enjeux :</span>       <br />
       On est passé en quelques années d'une demande de mémoire qui semblait légitime, à un devoir de mémoire quelque peu étouffant, et rapidement aux craintes devant les effets pervers d'une judiciarisation qui priverait de "la liberté de débattre".       <br />
              <br />
       Il y a eu un déclencheur : l'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui a suscité une vive protestation. Certains ont alors dit : pourquoi contester cette loi, sur la colonisation, et non pas la loi Taubira, qui a servi de modèle ? Puis, le débat s'amplifiant, il y a eu des pétitions pour demander l'abrogation de toutes les lois portant sur la mémoire : en remontant  jusqu'à la loi Gayssot.       <br />
       Le problème n'est pas simple et ne saurait se résoudre dans un affrontement binaire ; ses enjeux civiques sont importants. C'est pourquoi il vaut la peine de confronter des arguments, plutôt que des positions tranchées, et nous efforcer de remonter jusqu'aux problèmes de fond. Par exemple : la place et les formes de la mémoire, les difficultés que nous posent les commémorations négatives, les dispositifs mémoriels, l'efficacité des lois, leurs effets pervers...       <br />
       Avec nous, pour pousser cette discussion, des historiens, des membres d'associations, qui ont développé des argumentaires précis. Nous profiterons également du passage à Paris ce jour-là de Bogumil Jewsiewicki, spécialiste canadien des questions de mémoire dans une perspective comparatiste, à qui nous confierons la tâche de nous empêcher de rester enfermés dans "l'exceptionnalisme français".       <br />
              <br />
       <b>Lire les actes en texte intégral au format PDF ci-dessous ou écouter l'enregistrement audio.</b></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
]]>
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   <itunes:keywords>communautarisme, discrimination positive, republique, discriminations, republicain, laicite, laic, homosexualite, communautes, ethnicisme, tribalisme, identite, differentialisme, multi culturalisme, communautarism, nation, tribu, ethnie, heterosexualite,</itunes:keywords>
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